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Pour talonner Federer, l'habitué Nadal n'a plus qu'à franchir le mur Medvedev

Pour talonner Federer, l'habitué Nadal n'a plus qu'à franchir le mur Medvedev

Le 08/09/2019 à 01:28Mis à jour Le 08/09/2019 à 20:54

US OPEN – Rafael Nadal est en lice ce dimanche pour un 4e titre à Flushing Meadows, et surtout un 19e en Grand Chelem, ce qui le rapprocherait à une longueur du record de Roger Federer. Face à l’Espagnol ultra-favori, Daniil Medvedev essaiera de conclure en beauté un été de rêve pour la première finale en Majeur de sa carrière.

Le contexte

La "Next Gen" est-elle prête à prendre le pouvoir ? En tout cas, l’un de ses membres est pour la première fois en position de remporter un titre du Grand Chelem. Demi-finaliste à Melbourne, Stéfanos Tsitsipas avait bien lancé la saison, Daniil Medvedev la conclut encore plus fort : il jouera la finale de l’US Open. Et c’est peu dire que le Russe l’a méritée. Parti sur les chapeaux de roue avec une finale à Brisbane puis un huitième accroché contre Novak Djokovic à l’Open d’Australie, il a enchaîné avec un titre à Sofia et une demie à Rotterdam.

Puis, Medvedev s’est découvert des qualités de terrien, s’offrant une première fois le numéro 1 mondial à Monte-Carlo où il a atteint le dernier carré, avant d’échouer en finale à Barcelone. Stakhanoviste des courts, il a clairement calé sur la fin du printemps sur ocre et n’a pas fait d’étincelles sur gazon. Mais le retour sur dur, sa surface de prédilection, l’a plus que relancé. Infatigable, le Russe a été au rendez-vous des quatre derniers dimanches de la tournée estivale nord-américaine avec un titre à Cincinnati à la clé et trois finales (au pire) à Washington, Montréal et l’US Open, sortant vainqueur de 20 de ses 22 derniers matchs. Dans l’Ohio, il s’est notamment offert le scalp de Novak Djokovic pour la deuxième fois de la saison.

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Arrivé marqué physiquement à New York, le natif de Moscou a surmonté les crampes et les douleurs pour se frayer un chemin jusqu’à la finale, bénéficiant il est vrai des blessures de Novak Djokovic et Roger Federer dans sa partie de tableau. Entre-temps, il s’est aussi fait un nom auprès du public américain qui a adoré le détester quand, au 3e tour contre Feliciano Lopez, il s’en est pris à un ramasseur de balles, avant de provoquer la foule après sa victoire. Maître dans l’art de faire déjouer ses adversaires, il a gagné parfois au mental et semble bien décidé à ne pas s’arrêter en si bon chemin. Mais de l’autre côté du filet, une "bête", selon l’expression même de Medvedev, lui fera face. Rafael Nadal affiche un niveau de confiance au moins aussi élevé, avec trois titres (Rome, Roland-Garros, Montréal) lors de ses quatre derniers tournois (demi-finale à Wimbledon).

Le Majorquin a connu un tournoi plutôt tranquille : il n’a ainsi laissé qu’un petit set en route en huitième de finale contre Marin Cilic. Une partie au cours de laquelle sa réaction fut plus qu’impressionnante avec un cinglant 6-1, 6-2 infligé au Croate dans les deux dernières manches. Débarrassé de ses deux vieux rivaux sans avoir eu à les jouer, le numéro 2 mondial aborde sa 27e finale en Grand Chelem dans des conditions idéales et au top de sa forme puisqu’il a aussi pu économiser ses forces en jouant cinq fois au lieu de six (forfait de Thanasi Kokkinakis au 2e tour). Face à un novice à ce stade ultime de la compétition, son 19e titre en Majeur lui tend les bras avec la marque de référence de Roger Federer plus que jamais dans le viseur.

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Leur parcours

Rafael Nadal

1er tour : bat John Millman (6-3, 6-2, 6-2)
2e tour : bat Thanasi Kokkinakis sur forfait
3e tour : bat Hyeon Chung (6-3, 6-4, 6-2)
1/8e de finale : bat Marin Cilic [22] (6-3, 3-6, 6-1, 6-2)
1/4 de finale : bat Diego Schwartzman [20] (6-4, 7-5, 6-2)
1/2 finale : bat Matteo Berrettini [24] (7-6(6), 6-4, 6-1)

Daniil Medvedev

1er tour : bat Prajnesh Gunneswaran (6-4, 6-1, 6-2)
2e tour : bat Hugo Dellien (6-3, 7-5, 5-7, 6-3)
3e tour : bat Feliciano Lopez (7-6(1), 4-6, 7-6(7), 6-4)
1/8e de finale : bat Dominik Koepfer (3-6, 6-3, 6-2, 7-6(2))
1/4 de finale : bat Stan Wawrinka [23] (7-6(6), 6-3, 3-6, 6-1)
1/2 finale : bat Grigor Dimitrov (7-6(5), 6-4, 6-3)

Trois stats à avoir en tête

0. Ni Daniil Medvedev, ni Rafael Nadal n’ont affronté le moindre membre du top 20 avant leur duel en finale de cet US Open. L’Argentin Diego Schwartzman, actuel 21e joueur mondial, est le joueur le mieux classé affronté par l’Espagnol. Pour le Russe, il s’agit de Stan Wawrinka, 24e cette semaine.

88,8. C’est le pourcentage de réussite de Rafael Nadal lorsqu’il n’affronte ni Roger Federer ni Novak Djokovic en finale de Grand Chelem. Le Majorquin en a remporté 8 sur 9 jouées. Seul Stan Wawrinka a réussi à le battre dans ce cas de figure, c’était à l’Open d’Australie en 2014.

2. Daniil Medvedev est le deuxième Russe à atteindre la finale de l’US Open après Marat Safin en 2000. A l’époque, celui-ci l’avait emporté face à Pete Sampras en finale (6-4, 6-3, 6-3).

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Ils ont dit

Rafael Nadal : "A Montréal, il y avait beaucoup de vent, ici, il n’y en a pas. Je pense que Medvedev progresse de jour en jour, il est très, très solide. En Australie, il a perdu contre Novak, le futur champion, mais c’était une bataille très dure. Ensuite, son été a été incroyable, presque parfait. Je vais affronter le joueur qui a le plus gagné cette année sur le circuit."

Daniil Medvedev : "Nadal m’a, pour ainsi dire, dévoré tout cru sur le court au Canada. J’ai concédé un break puis le premier set. Ensuite, il frappait de plus en plus fort et allait de plus en plus vite, alors que je sombrais. C’est super de l’avoir joué en finale de Masters 1000, je sais à quoi m’attendre et comment m’y préparer."

Le facteur X : Le service de Medvedev

Si Daniil Medvedev sait comment faire déjouer ses adversaires du fond du court, à l’instar d’un Gilles Simon, il dispose d’une arme fondamentale qui a toujours manqué au Français : son service. Même dominé à l'échange, il peut s’appuyer sur la qualité de son engagement pour tenir la dragée haute à ses adversaires. Novak Djokovic peut en témoigner. Le Serbe, qui semblait maîtriser son sujet face au Russe dans la première partie de la demi-finale de Cincinnati il y a trois semaines, avait été déboussolé par le changement de tactique de Medvedev. Ce dernier s’était mis à servir à 200 km/h en seconde balle pour renverser la dynamique.

Du haut de son quasi-double mètre (1 mètre 98 précisément), il peut trouver des angles courts slicés et extérieurs intouchables pour le relanceur. Il a su les utiliser à merveille pour écarter des balles de break contre un Grigor Dimitrov, il est vrai, plutôt mal inspiré dans ces moments chauds. Rafael Nadal aime se placer loin derrière sa ligne de fond quand il retourne et cette stratégie pourrait s’avérer payante. Medvedev peut aussi bien frapper fort que privilégier les zones pour éviter de donner du rythme à l’Espagnol, mais il devra veiller à soigner son pourcentage de premières balles. Encore faudra-t-il avoir assez de jus pour pousser sur les jambes, car le Russe a peiné dans ce domaine en demi-finale avec 47 % seulement de premières. S’il ne fait pas mieux dimanche, l’addition pourrait être salée.

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Notre avis

La célébration contenue de Daniil Medvedev à l’issue de sa demi-finale victorieuse est peut-être un bon signe. Si elle est intimement liée à son caractère, elle peut aussi traduire le fait que, dans la tête du Russe, ce tournoi n’est pas terminé et qu’il croit vraiment à l’exploit ultime. Seul un tel état d’esprit pourrait lui permettre de tenir tête, au moins pendant un moment, à un "Taureau de Manacor" vraisemblablement déchaîné à l’idée de garnir encore un peu plus son pléthorique palmarès.

Mais dans quel état physique abordera-t-il l’événement ? De son propre aveu, il a joué sous anti-inflammatoires son huitième de finale, il a frôlé l’abandon à plusieurs reprises (du moins l’a-t-il affirmé), et il souffre de la jambe et de l’épaule après avoir accumulé les longues semaines de compétition. Depuis le début du tournoi, Medvedev a passé 15h11 sur le court, soit près de trois heures de plus que Rafael Nadal (12h18) qui a joué un match de moins. S’il n’est pas à 100 % physiquement, la finale pourrait tourner court. L’Espagnol exige de son adversaire un engagement et une intensité de tous les instants, punissant le moindre relâchement, à l’image de son troisième set express contre un Matteo Berrettini qui lui avait pourtant donné une belle réplique en demi-finale.

Contre Dimitrov, Medvedev a évolué à un niveau sinusoïdal avec quelques hauts mais aussi beaucoup de bas. S’il reproduit une telle performance, ses espoirs seront rapidement douchés. Tennistiquement, la puissance de Nadal à l’échange devrait faire des ravages comme cela avait été le cas au Canada. Jamais aussi gêné que lorsqu’on l’agresse, le Majorquin ne devrait pas être dérangé par la balle sans vie du Russe. Même si ce dernier apprend vite, la marche semble trop haute. Quand Nadal a une occasion de ce genre, il ne la laisse généralement pas passer : il l’avait montré sur la même scène il y a deux ans contre Kevin Anderson dont c’était aussi la grande première en finale.

  • Notre pronostic : Nadal en trois sets.
Rafael Nadal - US Open 2019

Rafael Nadal - US Open 2019Getty Images

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