C'était un tout petit US Open
Mis à jour 09/09/2024 à 20:36 GMT+2
S'il fallait donner une note à l'édition 2024 de l'US Open, pas sûr que nous lui accorderions la moyenne. En termes de qualité, d'intérêt et d'émotion, ce ne fut pas une immense quinzaine. Surtout chez les hommes. Les victoires de Jannik Sinner et Aryna Sabalenka ont quelque chose de logique et d'incontestable, mais il a manqué du souffle et de la vie dans ce tournoi.
Sinner et Sabalenka, couple d'enfer : les stats marquantes de Flushing Meadows
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Il y a les grandes cuvées. Les incontestables. Les inoubliables. Puis il y a les piquettes. Disons-le simplement, le millésime 2024 de l'US Open, dernière levée du Grand Chelem, ne restera probablement pas dans les annales comme une édition d'exception. De celles dont on se repasse en boucle les meilleurs moments. Même s'il est toujours compliqué à chaud d'analyser avec le recul nécessaire, la première impression que laisse Flushing Meadows sur ces deux dernières semaines est celle d'un ennui assez profond.
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C'est souvent dans sa dernière ligne droite qu'un Grand Chelem prend ou ne prend pas une étoffe qui déterminera sa juste place dans l'Histoire. Sa finale, en premier lieu. Si l'on se penche sur le tournoi masculin, celle-ci ne restera pas dans les mémoires. Entre Jannik Sinner et Taylor Fritz, il n'y a eu ni grand tennis, ni émotion digne de ce nom, ni suspense particulièrement aiguisé. Une finale assez banale et sans grand relief.
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Henin : "En jouant encore plus vers l'avant, Sinner devient presque injouable"
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Sinner-Medvedev, le symbole
Ce n'est pas très grave si l'avant a compensé. Alors, avant cela, que s'est-il passé ? Certains matches se sont étirés sur la distance maximale, notamment le quart et la demi-finale de Taylor Fritz contre Alexander Zverev puis Frances Tiafoe mais, là encore, sans générer un enthousiasme débordant. Quant à l'autre demie, entre Sinner et le novice Jack Draper, en dépit de quelque séquences pimentées, il est peu probable qu'elle se glisse dans le Top 10 ou même Top 20 des matches les plus excitants de l'année en Grand Chelem.
Mais aucun match ne résume mieux le bilan global de ce tournoi que le quart de finale entre Jannik Sinner et Daniil Medvedev. Après les éliminations de Djokovic et Alcaraz en première semaine, le duel italo-russe a constitué le seul véritable blockbuster de la quinzaine. C'était un remake de la première finale majeure de l'année, à Melbourne, qui n'avait d'ailleurs pas déçu, et au vu du contexte new-yorkais, il y avait même un côté finale avant la lettre. C'était sans doute LE match le plus attendu du tournoi.
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Medvedev n'a rien pu faire : Le résumé de la victoire de Sinner en vidéo
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A l'arrivée, quatre sets assez moroses, où les deux joueurs, y compris le vainqueur, ont connu des trous d'air assez impressionnants. Sinner s'est imposé, mais sans jamais offrir un récital. Oui, ce match a déçu et il était peut-être le seul à pouvoir offrir une envergure différente à la seconde semaine dans le tableau masculin. Sinner-Medvedev, ou le symbole terne et triste d'un tournoi au diapason.
Deux vainqueurs incontestables
Si l'US Open 2024 a laissé un goût plus que mitigé, c'est aussi parce que le passé récent avait offert quelques sacrés feux d'artifice. On pense notamment à la campagne 2022, marquée par un des plus grands matches de ces dernières années entre Carlos Alcaraz, futur vainqueur, et Jannik Sinner, dans un quart de finale ébouriffant. La demie, dans la foulée, entre le même Alcaraz et Frances Tiafoe, n'avait pas déçu non plus. Mais clairement, les sorties prématurées de bon nombre de ténors a dépeuplé un tableau qui n'a pu trouver de palliatif suffisamment emballant pour faire oublier les absents de la seconde semaine.
Deux bémols tout de même dans cette relative grisaille. Le tournoi féminin, d'abord, globalement plus attrayant et surtout magnifié par une finale de haute volée entre Aryna Sabalenka et Jessica Pegula. Probablement la plus belle finale de Grand Chelem chez les filles cette année. Et la comparaison avec la finale hommes, le lendemain, a clairement joué en sa faveur.
Puis, à défaut d'avoir assisté à du tennis enthousiasmant en permanence, cette édition jouit d'un crédit certain dans son dénouement, avec la consécration du numéro un mondial chez les hommes, Sinner, et de la numéro deux chez les dames, Sabalenka. Deux vainqueurs assez incontestables, sur le terrain, même si l'affaire du double contrôle positif il y a six mois de Sinner a jeté une certaine ombre sur le tournoi. Les meilleurs ont gagné. Mais en dehors de lignes dans les palmarès, pas sûr que nous en retenions beaucoup plus. Pour eux, c'est l'essentiel. C'est même la seule chose qui importe. Pour nous, c'est autre chose. Mais après tout, on ne peut pas manger du caviar à tous les repas.
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US Open : Top 5 Sinner
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