US Open 2024 - Jannik Sinner : "J'ai l'impression d'avoir grandi"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 09/09/2024 à 10:16 GMT+2
Vainqueur "tranquille" de Taylor Fritz en finale dimanche (6-3, 6-4, 7-5), Jannik Sinner a conquis son deuxième titre du Grand Chelem de la saison. Une performance remarquable, d'autant que le numéro un mondial était sous pression. Parce qu'il a désormais un rang à tenir. Et parce que la polémique autour de son contrôle positif lui a compliqué la vie. Il est heureux d'avoir tout assumé.
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Jannik Sinner a donc fini cette campagne 2024 en Grand Chelem comme il l'avait commencée : par un titre. De Melbourne à New York, du dur au dur, il aura été au sommet. Mais comparaison n'est pas raison. En dehors de ce dénouement heureux, tout sépare ces deux triomphes. C'est en tout cas comme ça que l'intéressé interprète les choses. "Je ne crois pas que l'on puisse comparer ces deux titres, ce n'est pas le même moment de la saison et ce ne sont surtout pas les mêmes circonstances", a-t-il estimé dimanche soir après avoir pris la mesure de Taylor Fritz en finale (6-3, 6-4, 7-5).
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Il y a deux différences majeures : l'une sportive, l'autre extra-sportive. En huit mois, tout a changé pour lui. Justement parce qu'il est entré dans la catégorie des vainqueurs majeurs en Australie. Et, accessoirement, parce qu'il est numéro un mondial, un statut qui impose certaines obligations. "La grande différence, c'est que j'avais un peu plus de pression cette fois qu'en Australie", rappelle le nouveau patron du classement ATP.
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Mes proches, mon équipe, tous savent ce par quoi je suis passé ces derniers mois
En arrivant aux Antipodes, il était un outsider parmi d'autres. Tous les regards convergeaient à l'époque vers Novak Djokovic, l'incontestable taulier, plus encore en Australie. Auréolé de son nouveau petit Chelem, le Serbe était l'homme à battre. Sinner, comme d'autres, pouvait encore avancer en silence. "Je pense qu'à Melbourne, résume-t-il, c'était une sorte de délivrance, parce que j'avais beaucoup travaillé pour ça et vous n'avez jamais la garantie que vous pourrez gagner un Grand Chelem."
Mais si le poids sur ses épaules était à l'évidence bien différent à Flushing Meadows, ce n'était pas qu'une question de standing sportif. Le Transalpin a aussi dû gérer la polémique née de la révélation en août de ses deux contrôles positifs à un stéroïde anabolisant au mois... de mars. Blanchi le 21 août, soit quelques jours seulement avant le coup d'envoi de l'US Open, après avoir convaincu un tribunal indépendant de sa contamination accidentelle, Sinner a échappé à toute forme de sanction, mais pas aux questionnements.
C'est dans ce contexte pesant qu'il a entamé la quinzaine new-yorkaise. "Mes proches, mon équipe, tous savent ce par quoi je suis passé ces derniers mois, résume le désormais double vainqueur en Grand Chelem. Les autres ne peuvent pas comprendre. Ce n'était pas seulement l'affaire de la dernière semaine avant le tournoi. Ça a duré des mois." Car si nous ne savions pas, lui a composé avec cet élément et l'incertitude de son issue depuis le printemps dernier. Quoi que l'on pense du fond de cette affaire, une chose est sûre : mentalement, Sinner a dû se blinder. Particulièrement ici, à New York.
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Je suis plutôt heureux de la façon dont j'ai géré la situation
Si, au fil des tours, il assure être rentré psychologiquement dans son tournoi, la chose n'a pas été simple à gérer. "C'était et c'est toujours un peu dans ma tête", avoue le protégé de Simone Vagnozzi et Darren Cahill. "Donc, non, ça n'a pas été simple, poursuit-il. J'ai été bien entouré, j'ai beaucoup échangé avec l'équipe et j'ai essayé de gérer tout cela du mieux possible. J'ai essayé de rester concentré sur ce qui se passait sur le court, d'être mentalement impliqué sur chaque point."
Le plus fort, c'est que Jannik Sinner n'a même pas eu à offrir la meilleure version de lui-même pour soulever le trophée à l'arrivée. Mais a-t-il au moins pris du plaisir ? "A certains moments, c'était difficile, concède l'Italien. Je n'étais pas le même que d'habitude. Ceux qui me connaissent bien savaient que quelque chose clochait. Mais au fur et à mesure du tournoi, petit à petit, j'ai commencé à me retrouver tel que je suis en tant que personne. Quand il faut faire le boulot, j'essaie de profiter. J'ai essayé de prendre à nouveau du plaisir. Le résultat n'était pas le plus important. Mais me mettre dans le tournoi m'a aidé à penser à autre chose, c'est certain."
In fine, cet US Open 2024, pour ces circonstances spéciales et pour son dénouement positif marquera une date importante pour Sinner. "J'ai l'impression d'avoir grandi, dit-il. Je suis plutôt heureux de la façon dont j'ai géré la situation." Et la pression. Sous toutes ses formes.
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