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Cinq choses à savoir sur Jessika Ponchet, l'improbable dernière Française rescapée à l'US Open
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Publié 31/08/2024 à 08:39 GMT+2
Alors qu'il n'y a plus le moindre joueur français en lice dans le simple messieurs, Jessika Ponchet (27 ans, 128è mondiale et issue des qualifications), qui a bénéficié du forfait d'Elena Rybakina au 2e tour, défiera Caroline Wozniacki samedi pour une place en deuxième semaine. Découverte d'une joueuse au profil et au parcours atypiques, qui goûte là à une récompense méritée.
Jessika Ponchet Saint-Gaudens 2024
Crédit: Getty Images
On s'attendait à beaucoup de choses dans cet US Open post-olympique, mais franchement pas à ça. Que le tennis français prolonge la sinistrose dans lequel il est plongé depuis des mois, malgré la belle embellie vécue à Wimbledon, ça n'est pas réellement une surprise. Qu'il puisse être sauvé par une joueuse de bientôt 28 ans (elle est née le 26 septembre 1996), qui n'avait jamais gagné un match dans le tableau final d'un Grand Chelem, pas grand-monde ne l'avait vu venir.
Jessika Ponchet, l'heureuse élue de cet étonnant conte de fée, a certes bénéficié d'un gros coup de pouce sur cet US Open puisque, après être sortie des qualifications, elle a hérité au premier tour d'une adversaire (Saisai Zheng) en panne totale de résultats, avant de bénéficier du forfait de la numéro 4 mondiale, Elena Rybakina. Mais c'est aussi la juste récompense d'une persévérance et d'un professionnalisme jamais pris à défaut.
D'ores et déjà assurée de battre son meilleur classement (119e l'an dernier), la Basque bondissante - elle est native de Bayonne, même si elle vit dans les Landes – intègrera le top 100 en cas d'exploit samedi face à l'ancienne numéro 1 mondiale, Caroline Wozniacki. Voici cinq choses à savoir sur une joueuse qui gagne à être connue.
Elle est issue d'une pure famille de tennis
Son père, Yohan, est un ancien -15 et sa mère, Olivia, une ancienne -30 qui a même évolué sur le circuit pro, se hissant jusqu'au 330è rang mondial. Cette dernière a joué un grand rôle dans la carrière de sa fille, qu'elle a coachée depuis ses débuts jusqu'à ce qu'elle prenne un peu de recul cette saison pour se consacrer… à son fils, Matt, âgé de 20 ans et qui se lance à son tour dans une carrière professionnelle.
Jessika, qui est désormais entraînée par son compagnon Vincent Bessière (par ailleurs enseignant de tennis dans son club de Capbreton), s'amuse souvent à raconter qu'elle a hérité son tennis atypique de ses parents, eux aussi adeptes du jeu vers l'avant, du toucher de balle et du revers à une main. Mais on va y revenir…
Elle a toujours évolué en privé et dans le même club
Jessika n'a jamais été dans les petits papiers de la FFT, pour la simple raison qu'elle n'a jamais figuré parmi les meilleures françaises de sa catégorie, sans en être très loin. Elle a donc toujours évolué dans une structure privée, familiale on l'a dit, au sein de son club de toujours : le TC Capbreton-Gaillou, dans les Landes, où elle s'entraîne régulièrement "même si, selon les besoins liés à la surface, on joue aussi souvent dans d'autres clubs de la région, qui nous aident énormément", précise Olivia Ponchet.
Le TC Capbreton-Gaillou a la particularité d'avoir été fondé par le tristement célèbre entraîneur français Régis de Camaret, interpellé en 2007 pour des faits de viols sur mineures qui lui ont valu une peine de dix ans de prison.
Elle est suivie par Nathalie Tauziat
Nathalie Tauziat, qui a elle aussi dirigé le TC Capbreton-Gaillou, connaît pour ainsi dire Jessika depuis le berceau. Elle est non seulement de la même région mais elle a aussi joué à la même époque que sa maman. D'ailleurs, on peut voir là encore une vraie analogie – plus fortuite - entre le tennis de la Landaise et celui que pratiquait l'ancienne finaliste de Wimbledon.
Quoi qu'il en soit, c'est donc tout naturellement que Tauziat, prenant le relais d'Olivia, a commencé à la coacher de manière plus poussée cette année, même si elle collabore toujours avec la Fédération canadienne. Une association "évidente" qui devrait être emmenée à se prolonger dans le futur.
Elle a un jeu complètement atypique
Outre son revers à une main et son tennis offensif et varié, déjà rares en soi, c'est vraiment sa gestuelle qui frappe en premier, avec ses préparations "par en bas", son bras libre très raide et sa prise ouverte en coup droit. "Il n'y a aucune autre joueuse qui joue comme ça, elle a développé un tennis propre à elle. Mais ça marche bien", synthétise Nicolas Boulpiquante, lui aussi entraîneur au TC Capbreton-Gaillou.
"J'ai essayé de la faire changer mais à chaque fois, elle bloquait, raconte sa maman. Alors, j'ai fini par la laisser faire, en essayant simplement de faire en sorte que son tennis soit toujours dans le relâchement et la vitesse, parce que c'est là où elle prend du plaisir, et pour éviter les blessures, même si elle en a eu quand même. C'est vrai que ce n'est pas très académique mais d'un autre côté, l'académique, ce n'est pas toujours ce qui marche. Quand on voit Medvedev…"
Parmi les points forts de "Jessi", on relève notamment sa prise de balle précoce, ses frappes lourdes et surtout sa puissance au service.
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Jessika Ponchet
Crédit: Getty Images
Elle s'est "fait" les croisés des deux genoux
Jessika, comme d'autres joueurs et joueuses professionnels cantonnés au circuit ITF, ne s'en cache pas : l'argent est souvent un vrai problème. Le chèque de 215 000 $ qu'elle est assurée de recevoir pour son troisième tour sera une véritable bouffée d'oxygène dans un parcours qui, on l'a dit, n'a jamais été simple.
Guère aidée financièrement ou structurellement, la Landaise a vu en plus sa carrière sérieusement menacée par une double rupture des ligaments croisés du genou, la première en 2014 et la deuxième en 2020. Opérée les deux fois, elle a pu se soigner au fameux Centre Européen de Rééducation du Sportif, lui aussi situé à Capbreton.
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