US Open 2024 - Daniil Medvedev, ou l'éternel dilemme du renouvellement

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Daniil Medvedev est un redoutable client sur dur, et particulièrement ici, à l'US Open, le tournoi qui, en 2021, lui a permis d'intégrer le cercle fermé des champions en Grand Chelem. Sur cette surface, le Russe a de telles certitudes qu'il lui est parfois difficile de trouver de bonnes raisons d'envisager de nouvelles orientations tactiques ou techniques. Il l'admet sans mal.

Le "calma" de Medvedev, toujours taquin avec le public de Flushing

Video credit: Eurosport

Une victoire en Grand Chelem. Six finales au total. Un Masters. Des masters 1000. Un passage à la place de numéro un mondial. Une installation quasi permanente dans le 5. Daniil Medvedev possède une CV remarquablement fourni. Enviable pour la quasi-totalité des autres membres du circuit professionnel. Ces cinq dernières années, il a joué un rôle majeur sur le circuit. Avec des armes qui lui sont propres, et un style assez inimitable.
Malgré tout, il lui a parfois manqué un petit quelque chose en plus pour aller encore plus haut. Quand on accède six fois à la finale d'un tournoi majeur, à chaque fois sur dur, c'est qu'on est fort. Très fort. Mais quand on bute à cinq reprises sur la dernière marche, c'est qu'il manque un tout petit quelque chose. A 28 ans, Medvedev cherche donc à changer ce qui peut l'être, pour transformer ces frustrations terminales en triomphe total.

Théorie et pratique

Voilà, en tout cas, pour la théorie. "Pour être honnête, dernièrement, à l'entrainement, et quand je dis dernièrement, je parle de la dernière année, voire des deux dernières années, j'ai essayé de travailler de nouvelles choses", a-t-il expliqué jeudi à New York. "D'ajouter de nouvelles armes dans mon jeu, d'être parfois plus agressif. De temps en temps, j'essaie de nouvelles combinaisons, des nouveaux coups", ajoute le Russe.
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Pas toujours brillant, jamais vraiment inquiété, Medvedev a maîtrisé Marozsan

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Mais il se heurte toujours au même dilemme : changer, c'est aussi prendre le risque d'effriter les fondations qui sont les siennes et qui, si elles n'ont pas toujours suffi pour battre un Nadal, un Djokovic ou un Sinner en finale à Melbourne ou à Flushing Meadows, lui ont permis de remporter l'immense majorité des matches sur cette surface où il se sent si à l'aise. C'est là que la théorie se heurte souvent à la pratique.
"Quand arrive les matches, je sais que j'ai mon propre style de jeu et que c'est lui qui m'a permis de gagner énormément de rencontres sur dur, et m'a aidé à obtenir de grands résultats, glisse le vainqueur de l'US Open 2021. Alors vous êtes toujours un peu hésitant de mettre en place en compétition ce que vous avez essayé à l'entraînement. Parce que c'est une prise de risque. Si vous perdez en faisant ça, est-ce que vous serez capable de dire 'C'était quand même la bonne décision ?'".
Je crois quand même que j'ai une épine dorsale dans mon jeu
Pas plus tard que dans son match du deuxième tour face à Fabian Maroszan (victoire en trois sets, 6-3, 6-2, 7-6), la question s'est posée. Pourtant, il maitrisait le score et les débats mais quand la partie s'est équilibrée dans le troisième acte, Danil Medvedev s'est interrogé : faut-il changer quelque chose ? On parle là évidemment d'ajustements et pas de révolutionner le tennis, d'abord parce que cela ne fonctionne pas comme ça, et ensuite parce que tout allait bien.
"Aujourd'hui (jeudi) par exemple, dans le troisième set, je pense qu'un moment donné j'aurais pu essayer de retourner un peu plus près de la ligne de fond." Mais il n'a pas eu le temps de franchir le pas : "Je me suis dit (si je perds le troisième set, je le fais, je changerai dans le quatrième." Cela n'a pas été nécessaire. Medvedev pensait pouvoir s'en tirer comme ça et ce fut le cas puisqu'il s'est imposé au jeu décisif. Mais dans un autre match, face à une adversité supérieure, aurait-il regretté cette forme de procrastination, de ne pas passer de la parole intérieure, cette petite voix qui lui parle, aux actes concrets sur le terrain ?
"Je crois quand même que j'ai une épine dorsale dans mon jeu, dit-il. Je sais où je vais avec. Je sais dans quoi je suis bon et j'essaie de m'en servir au maximum. Puis parfois je vais essayer de surprendre mon adversaire." Mais on le sent dans son propos, comme tout joueur, Medvedev aime se reposer non sur ses lauriers, mais sur ses certitudes. Difficile de lui en vouloir, encore moins ici, à l'US Open où, depuis 2019, il compte un titre, deux autres finales et une demie.
Contre 90% des adversaires, c'est largement suffisant, ici, sur le dur du Queens. Comme jeudi soir. Reste que quand il faut trouver quelque chose de nouveau, face à ceux qui le connaissent tellement, tout peut parfois se compliquer.
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