US Open 2024 - Finale dames - L'antisèche : Aryna Sabalenka est une vraie dure
Par Laurent Vergne
Mis à jour 08/09/2024 à 01:35 GMT+2
Longtemps frustrée à New York, Aryna Sabalenka est devenue pour la première fois la reine de Flushing Meadows en battant Jessica Pegula samedi soir au terme d'une finale d'excellente facture (7-5, 7-5). C'est son troisième titre du Grand Chelem, le troisième en deux ans, le deuxième cette saison, et surtout le troisième sur dur, cette surface où elle exprime tout son potentiel.
La libération après un énorme combat : la balle de sacre de Sabalenka
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Le pourquoi du comment
Une vraie belle et bonne finale. De l'intensité d'un bout à l'autre, des retournements de situation, une ambiance parfois électrique, deux joueuses alliant crispation, audace et courage, et, à l'arrivée, un duel emballant et une issue logique. Aryna Sabalenka et Jessica Pegula ont transcendé ce dénouement de l'US Open pour offrir la finale la plus excitante et la plus intéressante de l'année chez les femmes en Grand Chelem. Avec, au bout, la même lauréate qu'à Melbourne, Aryna Sabalenka.
La Biélorusse aurait pu gagner beaucoup plus facilement en deux sets. Elle aurait aussi pu perdre chacune de ces deux manches. Mais même si Jessica Pegula peut légitimement nourrir quelques regrets, la meilleure a gagné. Le vécu de Sabalenka a été son meilleur allié ce samedi soir. Elle a payé cher ces dernières années à New York ses errements dans certains passages de certains matches importants.
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Un coup d'accélérateur au meilleur moment : Comment Sabalenka a pris le 1er set avec autorité
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Elle n'est pas parfaite, mais quelle évolution à tous les niveaux chez cette joueuse. Elle n'est plus que cette cogneuse exclusive qui n'avait pas toujours de plan B dans ses intentions. Oui, Sabalenka est extraordinairement puissante, mais elle a les moyens d'utiliser d'autres armes, son slice par exemple, une certaine adresse au filet à l'occasion et dans cette finale, elle a su s'appuyer sur cette palette élargie, y compris dans des moments de grande tension.
Non, elle n'est pas parfaite et ce match l'a encore montré. Des (très) hauts, des bas. Elle a vacillé quand Pegula l'a agressée, au retour notamment, ou quand ses propres nerfs sont venus la titiller. Mais si elle plie parfois, elle rompt de plus en plus rarement, surtout sur dur. Lors des deux dernières saisons, Sabalenka a remporté deux Open d'Australie et un US Open, avec une autre finale à New York. Elle est la reine du circuit sur cette surface, très clairement. Et ce sacre-là, son troisième en Grand Chelem, est peut-être son plus beau.
LE MOMENT CLE
Ce fut un match de séries. A partir de 2-1 Pegula dans le premier set, nous avons eu consécutivement les enchainements suivants :
Un 4-0 Sabalenka (5-2)
Un 3-0 Pegula (5-5)
Un 5-0 Sabalenka (7-5, 3-0)
Un 5-0 Pegula (7-5, 3-5)
Un 4-0 Sabalenka (7-5, 7-5)
Un 3-0 Pegula (5-5)
Un 5-0 Sabalenka (7-5, 3-0)
Un 5-0 Pegula (7-5, 3-5)
Un 4-0 Sabalenka (7-5, 7-5)
De tournants, cette finale n'en a donc pas manqué. Si Pegula avait fini par s'imposer en trois sets, le 4e jeu du deuxième set, quand l'Américaine a sauvé une balle de double break qui aurait permis à son adversaire de mener 4-0, aurait été le plus clé de tous. Mais on lui préfèrera donc la fin du premier set.
Le bateau Sabalenka a tangué quand, après avoir mené 5-2, elle a vu Pegula recoller. Cette dernière a même été sur le point de breaker pour mener 6-5. C'est là que la double gagnante de l'Open d'Australie a été forte, et dans le bras et dans la tête, pour braver la tempête et s'en sortir. Quelques minutes après, le premier set était dans sa poche. Et malgré le formidable combat qui a rythmé le second acte, elle avait sans doute déjà fait le plus dur.
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Du suspense et un énorme combat : les images du sacre de Sabalenka
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La stat : 21%
Apocalyptique. Le pourcentage de réussite de Jessica Pegula sur sa seconde balle a tout de même pesé lourd sur l'issue de cette finale. L'Américaine de 30 ans n'a gagné que 21% des points joués sur son deuxième service (6 sur 28). Sabalenka n'a pas été très en verve dans ce secteur du jeu si important, mais elle a tout de même fait deux fois mieux : 42% (14 sur 33).
La décla
Aryna Sabalenka, s'adressant à Jessica Pegula : "Je voudrais dire à Jessica, je sais ce que c'est de perdre en finale, mais je suis sûre d'une chose : tu en gagneras une un jour, et même plus d'une".
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Sabalenka : "Je suis sans voix de me voir vainqueur ici"
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La question : Sabalenka, la vraie patronne du circuit ?
Il y a ce que nous disent les ordinateurs de la WTA. Pour eux, Iga Swiatek est la numéro un mondiale, et assez largement. Même après cet US Open, la Polonaise compte encore plus de 2000 points d'avance sur Aryna Sabalenka. Le classement n'a pas d'avis. Il totalise les points, semaine après semaine, tournoi après tournoi. Il n'y a donc rien à contester. Swiatek est la plus régulière sur l'ensemble d'une saison.
Mais à défaut d'être la première mondiale ces derniers mois, Sabalenka s'impose avec ce troisième sacre en Grand Chelem, le deuxième cette année, comme la numéro un des grands rendez-vous. C'est donc tout particulièrement vrai sur dur. Un peu à l'instar d'une Naomi Osaka du temps de sa splendeur, la Biélorusse domine son sujet sur surface rapide.
La donne est finalement assez limpide ces deux dernières années : Iga Swiatek est la patronne sur terre battue, Aryna Sabalenka l'est sur dur et le gazon de Wimbledon se veut plus ouvert. A chacune sa surface sa vérité. Personne ne peut se revendiquer comme l'incontournable maitresse de la globalité du circuit. Mais en étendant son territoire de Melbourne à New York, Sabalenka s'en approche. Peut-être que ce sacre-là va contribuer à la libérer encore davantage et lui permettre d'aller chasser d'autres territoires. Elle en a les moyens.
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Henin : "On est loin du temps où Sabalenka ne savait que frapper dans la balle"
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