US Open 2024 - Frances Tiafoe, l'homme de New York : "Sur le Ashe, je suis quelqu'un de différent"

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Partout ailleurs qu'à l'US Open, Frances Tiafoe ne pèse pas bien lourd en Grand Chelem. Il brille rarement. Mais à New York, dans l'antre de Flushing Meadows, tout est différent. Ici, il est constant, dangereux et constamment dangereux. Vendredi, il va retrouver les demi-finales, avec l'espoir d'avancer d'une case pour se rapprocher du titre.

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Il existe deux Frances Tiafoe. L'un, presque inoffensif, est un joueur comme un autre. Presque tout au long de l'année. Selon les semaines, les tournois, les surfaces, il peut briller plus ou moins, mais souvent moins que plus. Puis il y a l'autre Tiafoe. Celui qui surgit dans le dernier tiers de l'été. A New York, surtout. L'US Open, c'est son truc. Son dada.
Il suffit de jeter un œil à son bilan en Grand Chelem. C'est en Australie qu'il s'était révélé avec un quart de finale en 2019. Un trompe-l'œil. Au cumul de l'Open d'Australie, de Roland-Garros et de Wimbledon, c'est en réalité la seule fois où l'Américain a dépassé le troisième tour. Une seule fois à Melbourne donc, et jamais sur la terre parisienne ou le gazon londonien.
A l'inverse, à Flushing Meadows, changement de décor et de ton. Cette année, c'est la cinquième année consécutive que Tiafoe est présent au moins en huitièmes de finale. Depuis l'édition 2020, celle à huis clos en raison du Covid-19, il a pris ses habitudes :
2020 : Huitième de finale (battu par Medvedev)
2021 : Huitième de finale (battu par Auger-Aliassime)
2022 : Demi-finale (battu par Alcaraz)
2023 : Quart de finale (battu par Shelton)
2024 : Demi-finale (au moins)
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Pour résumer un peu grossièrement, l'ami Frances a davantage l'âme d'un Kyrgios que celle d'un Djokovic. Il brille en fonction des circonstances. Quand on lui demande pourquoi et comment il parvient à montrer son meilleur visage à ce moment de la saison, il s'en amuse, toujours avec un fond de sérieux derrière : "Je garde probablement ça pour le mois d'août. C'est dur de dupliquer ça toute l'année. C'est trop dur."

Comme son idole Del Potro ?

Tiafoe aime jouer aux Etats-Unis et, par-dessus tout, à New York. Il est un homme de la côte Est, né dans le Maryland, dans la grande banlieue de Washington, mais il a toujours été aimanté par Big Apple. "Ici, c'est différent. Une énergie, une ambiance, une atmosphère. Il faut apprendre à jouer avec le public mais quand vous savez comment ça fonctionne, ça peut devenir extraordinaire", expliquait-il en début de tournoi.
Mardi soir, l'Américain a confirmé qu'ici, c'était autre chose. Le seul endroit où il s'imagine aussi motivé et déterminé qu'à l'US Open, c'est, éventuellement Wimbledon. Le gazon anglaise, au sens large. Le All England Club, mais le Queen's, aussi. Du Queen's au Queens, il n'y a qu'un pas.
Après sa victoire contre Alexei Popoyrin dimanche, et sachant que Novak Djokovic et Carlos Alcaraz n'était plus dans les parages, un confrère avançait que Tiafoe était désormais un des favoris du tournoi. "Merci de me considérer de cette manière", avait-il accueilli le compliment potentiellement empoisonné, avant de juger que, dans ce tableau, tout le monde pouvait battre tout le monde, ce qui n'est sans doute pas loin d'être vrai.
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