US Open 2024 - McEnroe sur Lendl : "On n'a pas prévu d'aller au restaurant ensemble, mais il y a du respect"

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Ils ont marqué l'histoire du tennis et notamment la glorieuse décennie des années 80. En 1984, il y a 40 ans, John McEnroe prenait une éclatante revanche contre Ivan Lendl en finale de l'US Open, même si cela n'avait pas suffi à effacer la gigantesque frustration de sa défaite contre ce même Lendl en finale de Roland-Garros. Depuis, le temps a apaisé les rancœurs.

Ivan Lendl et John McEnroe lors de la finale de Roland Garros 1984

Crédit: Eurosport

Il y a 40 ans, John McEnroe vivait une saison hallucinante, peut-être la plus brillante de tous les temps. 82 victoires pour seulement 3 défaites, soit 96,5% de succès, un record. Une campagne largement marquée par sa rivalité avec Ivan Lendl. Sept confrontations entre les deux hommes ont eu lieu cette année-là. Sept fois en finale, dont deux en Grand Chelem, à Roland-Garros puis à l'US Open.
Comme chacun sait, McEnroe a perdu la première à Roland-Garros malgré un avantage de deux sets (3-6, 2-6, 6-4, 7-5, 7-5), avant de prendre une éclatante revanche à l'US Open trois mois plus tard. A Flushing Meadows, l'Américain avait balayé le Tchécoslovaque (6-3, 6-4, 6-1). Le Sommet de sa domination sur le tennis mondial. Son dernier grand titre, aussi, ce qui, à l'époque, semblait inconcevable.
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Video credit: Eurosport

Ces deux-là ne se sont jamais beaucoup aimés, et c'est peu de le dire. Ils étaient rivaux et ne se comprenaient pas mutuellement. Tout les séparait, au moins en apparence. Mais comme l'avait expliqué le réalisateur Benjamin Rassat dans le documentaire Le Crépuscule des Dieux, axé autour d'un autre de leurs duels à Roland-Garros, en 1988 :
"Ils ont des choses en commun. Aujourd’hui, ils ont tous les deux cinq ou six enfants. Lendl est un admirateur fou de la peinture d’Alfons Mucha, un immense affichiste tchèque et fer de lance de l’art nouveau, dont il possède 90 % des œuvres. Alors que McEnroe est un fou d’art contemporain et possédait des Picasso. Certes, ils se détestaient, mais pour faire des rivalités de ce genre, il faut autre chose."
Je crois qu'on a fait du bien à notre sport
40 ans plus tard, l'eau a coulé sous les ponts et la détestation s'est estompée. Les deux sexagénaires ne sont certes pas devenus amis, mais l'animosité a vécu. A l'aube de cet US 2024, John McEnroe a accepté d'évoquer pour nous ce rival qui, comme Björn Borg ou Jimmy Connors, mais d'une manière différente et pour des raisons distinctes, a marqué sa carrière.
"Vous savez, nous dit-il, nos premiers duels remontent carrément à l'époque des juniors, donc on a une longue histoire commune. Il est à l'évidence un des plus grands champions de tous les temps. J'aime croire que nous avons fait l'un de l'autre un joueur meilleur et je crois qu'on a fait du bien à notre sport." Rien que cet hommage-là aurait sans doute était inimaginable dans les années 90 ou 2000. Même à la retraite, la proximité de leurs joutes était encore trop fraîche.
Il ne réécrit pas l'histoire des décennies plus tard. Mais McEnroe ne nourrit aucune détestation envers celui avec lequel il a bataillé à 36 reprises (21-15 en faveur de Lendl). "Nous étions des personnalités totalement différentes et nos jeux étaient eux aussi radicalement différents, rappelle le gaucher. Mais en dehors du court, surtout maintenant, on peut se montrer un certain respect et même rigoler un peu ensemble. On n'a pas prévu d'aller au restaurant ensemble prochainement, mais je pense qu'il y a un respect mutuel, notamment pour tout ce qu'on a vécu quand nous étions joueurs."
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