US Open 2024 - Novak Djokovic, dans la joie et la grinta
Par Laurent Vergne
Mis à jour 26/08/2024 à 11:15 GMT+2
Apaisé par sa consécration olympique, Novak Djokovic aborde l'US Open avec un esprit totalement libre. Mais l'homme aux 24 titres du Grand Chelem prévient la concurrence : même après sa médaille d'or, il garde un appétit toujours aussi aiguisé. Moins de pression, oui, mais toujours la même passion et la même ambition avant d'en découdre.
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Video credit: Eurosport
Quel changement, tout de même, pour Novak Djokovic. Il y a trois ans, quand le Serbe était arrivé à New York, il sortait d'un douloureux échec aux Jeux de Tokyo. Une défaite en demi-finale contre Alexander Zverev et une autre dans le match pour le bronze. Lui qui rêvait de "Gold Slam" après ses victoires à Melbourne, Paris et Londres, avait reçu une claque d'autant plus énorme que personne ne l'avait vue venir. Mais il lui restait l'US Open avec la quête d'un possible Grand Chelem. Chacun sait comment l'histoire s'est terminée : une finale, à un "petit" match de l'Histoire, mais in fine une défaite contre Daniil Medvedev. Fait rarissime, Djokovic avait été submergé par le poids de l'enjeu.
De l'été 2021 à l'été 2024, d'un rendez-vous olympique à l'autre, tout est différent. Sevré de grand titre depuis un an, "Nole" ne joue pas le Grand Chelem à Flushing et il s'en faut de beaucoup. Cette année, dans les trois premiers Majeurs, il a été battu par ses deux grands rivaux du moment (Jannik Sinner en Australie et Carlos Alcaraz à Wimbledon) ou trahi par son propre corps (à Roland-Garros). Mais le jackpot olympique, cette médaille d'or qui glorifie encore davantage sa propre légende, change absolument tout. Jusqu'à à la tranquillité de son esprit à l'heure de débarquer à Flushing Meadows.
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Djokovic, Alcaraz, Sinner : place au doute ?
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J'ai toujours l'esprit de compétition
Au pire, que peut-il lui arriver ? De finir fanny en Grand Chelem cette année ? Et alors ? Le nouveau champion olympique a fait l'essentiel. "J'ai été extrêmement impressionné par le fait qu'il soit capable de supporter la pression énorme qui était la sienne", relève notre consultant Mats Wilander, rappelant que l'enjeu était colossal pour lui. A Roland-Garros version JO, Djoko jouait presque à quitte ou double, à 37 ans, face à un événement qui ne reviendrait qu'une fois la quarantaine bien entamée.
"C'était sa dernière chance aux Jeux et la pression était incomparable par rapport au fait de remporter un Wimbledon de plus, ajoute Wilander. Malgré tout, il a répondu présent, sur la surface qui est la plus difficile pour lui désormais. Mais il l'a fait. Ce serait une manière extraordinaire de finir une carrière, mais il n’en a pas fini. Et je l’ai déjà dit à Wimbledon : je pense qu’il va gagner un, deux ou même trois tournois majeurs supplémentaires. Et son titre olympique lui donnera cette énergie pour continuer et continuer à se battre parce qu'il aime le défi que les jeunes joueurs lui posent."
Y a-t-il un tout de même un risque de voir Novak Djokovic touché par une forme de décompression excessive après avoir rempli son dernier gros contrat ? L'intéressé a coupé court à cette hypothèse samedi soir lors de sa conférence de presse d'avant tournoi. "Vous savez, les gens pourraient me demander 'maintenant que vous avez pratiquement tout gagné avec la médaille d'or, qu'y a-t-il d'autre à gagner ?'", interroge-t-il, avant de prévenir : "Mais je ressens toujours le même dynamisme. J'ai toujours l'esprit de compétition. Je veux toujours écrire plus l’histoire et m’amuser."
Attention à la première semaine
Après avoir vécu ce qu'il considère comme sa "plus grosse émotion sur un court de tennis" en ayant entendu l'hymne serbe avec la médaille d'or autour du cou, Djokovic se retrouve dans une situation presque paradoxale. Il vient effectivement de vivre quelque chose d'immense de nature à le placer dans une forme d'euphorie à New York, mais il est ici à Flushing sans aucun titre du Grand Chelem sous le bras depuis le début de l'année ce qui est du jamais vu pour lui depuis 2010 (il était absent à l'US Open en 2017).
Autre rareté, son absence de préparation sur dur en compétition avant le dernier Majeur du calendrier. Après son aventure olympique sur terre, le champion de Belgrade n'a pas souhaité s'infliger un Masters 1000 ou tout autre tournoi préparatoire. "Je ne crois pas que ce soit un gros problème pour lui, estime encore Mats Wilander. S'il est en seconde semaine il sera performant. Mais il va devoir être vigilant. Il sera peut-être un peu plus fragile dans les premiers tours. A lui de faire attention."
Même la possibilité d'une 25e couronne majeure ne semble pas de nature à lui imposer un surcroît de pression. Il était plus important pour lui de passer de 0 à 1 sur l'échelle du palmarès olympique que de 24 à 25 en Grand Chelem, où il est déjà au-dessus de tout le monde chez les hommes et à hauteur de Margaret Court chez les femmes. Novak Djokovic est à coup sûr libéré, et lui-même assure qu'au rayon détermination, il n'a pas varié d'un iota. Cela fait deux bonnes raisons de penser que, pour la première fois depuis 16 ans, un tenant du titre va peut-être s'imposer à Flushing...
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