US Open 2024 : Stefanos Tsitsipas enfin libéré ? "Ce divorce avec mon père m'apportera de la paix"

Eurosport sur Google

Stefanos Tsitsipas aborde cet US Open 2024 dans une situation inédite pour lui : pour la première fois depuis qu'il est arrivé sur le circuit, il n'a pas de coach attitré. A 26 ans, le Grec a décidé de prendre ses distances avec son père Apostolos et leur relation aussi volcanique que fusionnelle. Le Grec a peut-être posé les jalons d'un nouveau départ.

Stefanos Tsitsipas à Cincinnati en 2024

Crédit: Getty Images

Et si cette fois, c'était la bonne ? Et si Stefanos Tsitsipas prenait enfin pour de bon son envol ? Depuis quelques semaines, le Grec a en tout cas formellement décidé de prendre ses distances tennistiques avec son envahissant père Apostolos, son coach de toujours. Certes, l'intéressé a déjà connu des périodes d'autonomie de ce point de vue, notamment quand il avait engagé Mark Philipoussis seul pendant un mois il y a un an jour pour jour, avant de reprendre très vite le paternel à ses côtés. Mais avant cet US Open, quelque chose semble vraiment avoir changé.
Pourquoi ? Déjà parce que la relation professionnelle aussi passionnelle qu'explosive entre Stefanos et Apostolos a franchi un point de non-retour début août lors du Masters 1000 de Montréal. Lors de son entrée en lice face à Kei Nishikori, le double finaliste en Grand Chelem est entré dans une colère noire, les insultes ont fusé au point que le père a dû quitter le box du fils en tribune. Et les choses ne se sont pas arrêtées là, puisque Tsitsipas en a remis une couche en conférence de presse après sa défaite, doutant de "l'intelligence" de son coach de père. Avant d'officialiser la fin de leur collaboration sur les réseaux sociaux quelques jours plus tard.
picture

Tsitsipas n'a pas conclu, Draper l'a puni : le résumé

Video credit: Eurosport

Le capitaine grec de Coupe Davis et Badosa pour l'épauler dans sa quête

Et à la veille de son entrée en lice à l'US Open face au dangereux Thanasi Kokkinakis, le discours n'a pas varié d'un iota. "Le changement est bon et positif, je pense qu'il m'apportera de la paix et de la tranquillité. Je pense que ça va m'aider dans tous les aspects de ma vie. Et ça va me permettre de développer certains aspects qui n'ont pas tellement évolué ces derniers temps. Je suis heureux de prendre la direction des opérations", a-t-il expliqué avant le tournoi au micro d'Eurosport.
A 26 ans, Stefanos Tsitsipas serait-il en train d'opérer sa mue ? En tout cas, il a pris conscience qu'il était à la croisée des chemins et que sa carrière de tennisman avait besoin d'un second souffle. Son choix de persister avec son père il y a un an après déjà quelques tergiversations n'a sportivement pas payé. Le Grec est suffisamment lucide pour constater qu'il stagne voire régresse. Sa compagne tenniswoman Paula Badosa, dont il s'est séparé quelques semaines avant de renouer, l'a peut-être aidé d'ailleurs dans ce chemin difficile. L'Espagnole, qui reprend des couleurs sportivement avec une demi-finale à Cincinnati, montre en plus l'exemple sur le court.
Reste que l'actuel 11e joueur mondial est clairement dans une période de transition, à la recherche de stabilité. Sans coach attitré, il a reçu l'aide ces dernières semaines de son capitaine en Coupe Davis, Dimitris Chatzinikolaou. "Evidemment, certains défis et attentes accompagnent ce changement et ils n'étaient pas attendus parce que ça fait 12 ans que je travaille avec mon père. Et quand un divorce, appelons-le comme ça, arrive de nulle part, ça ne peut pas être facile. Mais je me suis adapté à ça assez vite et j'ai hâte de voir ce que le futur me réserve", a-t-il encore estimé.
picture

Tsitsipas

Crédit: Getty Images

La fraîcheur de l'inconnu, un atout peut-être inattendu à Flushing

En six apparitions précédentes dans le grand tableau de l'US Open, Tsitsipas n'a jamais atteint la seconde semaine. En préparation sur le dur américain, il ne compte d'ailleurs qu'une victoire sur Jan-Lennard Struff à Cincinnati. Le Grec semble donc bien fragile, vulnérable et en déficit de confiance pour espérer faire une percée dans le Grand Chelem qui lui réussit le moins. Mais on peut voir aussi le verre à moitié plein : il n'aura absolument rien à perdre lors de la prochaine quinzaine et ce saut dans l'inconnu peut l'aider à retrouver une certaine fraîcheur dans l'approche de son métier.
"Je qualifierais ce changement de spirituel et holistique, a encore philosophé l'intéressé dans son style si particulier. Ça ne signifie pas forcément que la raison soit technique ou tactique. Pas du tout même. Les gens ont tendance à penser que le coach est là pour obtenir des résultats. Mais en fin de compte, c'est moi qui vais obtenir ces résultats et jouer le tennis que je mérite de jouer en tant que je joueur. C'est juste aussi se défaire de ce bruit pour me permettre d'être vraiment entièrement immergé dans mon monde quand j'essaie de frapper la balle le mieux possible. C'est une procédure que j'appellerais sacrée et qui requiert de la patience et de la paix."
Enfin à distance du bruit et de la fureur d'Apostolos, Tsitsipas a-t-il fait le premier pas vers une résurgence qu'on n'osait espérer ? Cette quinzaine ne le dévoilera peut-être pas, il n'y a que le moyen et le long termes pour apporter de telles réponses. Mais il semble avoir assumé son choix, ce qui est en soi une nouveauté. On ne peut que lui souhaiter qu'il soit effectivement payant.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité