US Open 2026 - Stefanos Tsitsipas, nostalgique après son élimination : "Le tennis s’est réduit à un seul style de jeu"
Par Vincent Roussel
Mis à jour 07/09/2026 à 10:50 GMT+2
La route s'est arrêtée brutalement pour Stefanos Tsitsipas à l'US Open. Balayé par Ben Shelton (6-2, 6-3, 6-4), le Grec n'a pas réussi à réaliser son objectif de dernier carré, brisant une série longue de 149 ans en Grand Chelem. Posé et songeur en conférence de presse après la défaite en huitième de finale, il en a profité pour donner sa vision du tennis et regretter son uniformisation.
Un triomphe à sens unique pour Shelton face à Tsitispas - les temps forts en vidéo
Video credit: Eurosport
Qu’a pensé Matthew McConaughey de l’élimination de Stefanos Tsitsipas à l'US Open ? S’est-il réjoui de la victoire de son compatriote Ben Shelton ou a-t-il accueilli avec tristesse la sortie du dernier porte-étendard du revers à une main ? Car l’acteur américain aux mille vies et aux choix de carrière peu communs, présent ce dimanche dans les tribunes du court Arthur-Ashe, est un petit peu au cinéma ce que le Grec est devenu sur le circuit ATP : un anti-conformiste.
Plus que sa renaissance, le finaliste de l’édition 2021 de Roland-Garros a fini par endosser, au fil de cette quinzaine, le rôle de symbole, celui de la disparition du revers à une main, en témoigne la statistique qu’il ne voulait surtout pas voir prendre fin, en vain. Depuis 1877 et l’apparition de Wimbledon, un joueur au revers à une main avait toujours atteint le dernier carré d’un des quatre tournois du Grand Chelem. 2026 sera à jamais la première sans.
Je ne suis pas sentimental, c’est un fait. La tendance s’est inversée.
Le débat revient régulièrement ces dernières années et a repris un peu plus de place lors de cet US Open, puisque même Roger Federer s'est exprimé dessus avant ce tournoi où Stan Wawrinka, l'un des revers à une main les plus dévastateurs de l'histoire et trois Majeurs au compteur, a disputé son dernier match en Grand Chelem.
Interrogé à ce sujet en conférence de presse d’après-match, le Grec s’est défendu, chiffres à l’appui : "Je ne suis pas sentimental, c’est un fait. Si on regarde attentivement les joueurs des années 1950, 97% ou 98% d'entre eux utilisaient le revers à une main. Maintenant, c’est littéralement 2 ou 3%. La tendance s’est inversée", a répondu l’ex-numéro 3 mondial. Les chiffres sont approximatifs, mais on a compris l'idée.
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Mouratoglou sur le renouveau de Tsitsipas : "Stefanos se parle différemment"
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Tsitsipas n’a pas non plus fait ronfler le pathos : "Le tennis sera toujours le tennis. Qu’il n’y ait que des revers à deux ou une main, ça importe peu. C’est juste que le revers à une main est, pour moi, un coup si iconique que c’est dommage de voir qu’il se perd. Est-ce qu’on peut faire quelques chose contre ça ? Oui. Est-ce que c’est la fin du monde si ça n’existe plus ? Non", a dit celui qui n’a pas réussi à exister en huitième de finale face à la tête de série numéro 8, qui retrouvera Alcaraz en quart.
J'ai l'impression que le tennis se jouait avec tellement de variations et de style, et que ces variations se sont réduites à un style très particulier.
Alors qu’il n’a eu aucune balle de break et n’a pris que 14 points sur le service adverse sur l’ensemble du match, il n’est pas apparu sonné après la correction reçue. Certes déçu, mais capable d’élargir le débat sur le revers à une main plus largement au monde du tennis actuel. "J’ai l’impression que le tennis se jouait avec tellement de variations de style, et que ces variations se sont réduites à un style très particulier", a exposé le protégé de Patrick Mouratoglou.
"Vous ne voyez pas beaucoup de personnalités sur les courts, contrairement aux joueurs estampillés service-volée à l’époque. Il y avait ceux qui jouaient vraiment différemment, les contre-attaquants, les défenseurs... Maintenant, le tennis s’est réduit à un seul style de jeu", a développé le Grec avec une pointe de nostalgie.
"C’est ce qui rendait le tennis si intéressant, parce que vous aviez ceux qui jouaient d’une façon et ceux qui jouaient d’une autre. Maintenant, les courts sont plus lents et tout le monde tourne autour d'un seul style de jeu”, n’a-t-il pu que constater, impuissant. À lui de confirmer son regain de forme new-yorkais lors des semaines à venir, pour remettre le revers à une main au sommet. Et peut-être inspirer les générations à venir afin d'éviter sa disparition.
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