US Open 2025 - 3e tour - Adrian Mannarino : "Quand on voit là où j'en étais il y a quelques mois…"

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Adrian Mannarino le dit lui-même, la montagne Ben Shelton semblait trop haute pour lui. Mais le Français de 37 ans a sorti un gros match, et la blessure de l'Américain l'a poussé à l'abandon après la perte du 4e set (3-6, 6-3, 4-6, 6-4). Voilà donc le gaucher bleu en huitièmes de finale. Une sacrée performance et une vraie renaissance après une longue période particulièrement compliquée.

La joie d'Adrian Mannarino.

Crédit: Getty Images

Ce n'est pas comme ça qu'il aurait voulu gagner. Personne n'aime ça. Adrian Mannarino le sait, les circonstances l'ont aidé vendredi soir à Flushing Meadows sur le court Louis-Armstrong, bruyant et tout entier derrière un de ses chouchous, Ben Shelton. Mais le chouchou, blessé à l'épaule, a jeté l'éponge, ouvrant la porte de la seconde semaine au vétéran tricolore. "Je ne suis pas un gars qui abandonne, je n'avais jamais abandonné avant", a confié l'Américain, ce qui en dit long sur l'intensité de la douleur.
"Je ne pensais pas pouvoir gagner ce match, c'est un bien meilleur joueur que moi", a confié Mannarino au micro d'Eurosport après la rencontre. Ben Shelton, 6e mondial et fraîchement auréolé de son premier titre en Masters 1000, cet été, à Toronto, est au sommet de sa trajectoire ascendante. Il semblait effectivement constituer un trop gros morceau pour le gaucher tricolore de 37 ans. Mais il a fait son match et a su rivaliser avec Shelton, qui ne menait pas 6-1, 6-1, 3-0 au moment de son abandon. Il y a eu match, "Manna" avait su le faire douter en recollant à un set partout.
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Shelton dominateur avant de finir en larmes, Mannarino accrocheur puis qualifié - Le résumé en vidéo

Video credit: Eurosport

"Un abandon, c'est toujours triste, mais malgré tout, le match était vraiment très intéressant, a soufflé Vincent Millot, son entraîneur. Adrian reprenait le contrôle du jeu, il commençait à mieux servir, mieux retourner. Il avait vraiment une dynamique qui était beaucoup plus positive, Shelton commençait à s'énerver. J'aurais aimé voir le cinquième". "C'est un super joueur, a esquissé Shelton de son côté en guise d'hommage. Parfois, c'est dur de trouver des solutions contre lui. Il donne l'impression de ne pas avoir de vraie faiblesse. Il retourne vraiment bien. Il a un style de jeu différent qui fait que c'est compliqué de le jouer. Super joueur. J'ai eu beaucoup de belles batailles avec lui."
Forcément, j'aurais aimé gagner le match différemment
Celle-ci, la quatrième entre les deux hommes en un peu plus de deux ans (3-1 désormais pour le Français), aura donc malheureusement tourné plus court que prévu. "C'était particulier depuis le début du 4e set, quand il a pris sa pause pour le kiné, je le sentais vraiment en difficulté, a reconnu Francilien. Maintenant, il fallait réussir à gagner. Parce que même s'il jouait à 50%, moi de mon côté, je commençais à beaucoup cogiter. Finalement, j'ai réussi à très bien servir quand il le fallait, j'ai retrouvé ma première balle, ça m'a permis de conclure ce 4e set et pour lui, ensuite, je pense que ça allait être compliqué de repartir sur un 5e set. Il a décidé d'arrêter, tant mieux pour moi."
Si, à chaud, le sentiment est mitigé et la joie forcément sous contrôle, Adrian Mannarino est tout de même content de ce qu'il a produit sur le court face à un adversaire de ce calibre. "Même si j'ai eu des petites failles dans le 1er ou dans le 3e, je pense que le niveau de jeu était bon tout au long du match, estime-t-il. Ça reste un match de tennis, il y a toujours des petites occasions qui se présentent, il faut savoir les saisir. Contre un joueur comme ça, il y en a très peu, il faut être opportuniste. J'ai réussi à le faire parfois aujourd'hui. Forcément, j'aurais aimé gagner le match différemment, mais ça reste un huitième de finale, il faut en profiter."
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Mannarino soulagé après le forfait de Shelton : "Même s'il était à 50%, j'ai commencé à douter"

Video credit: Eurosport

C'est une grande première pour lui à l'US Open, même s'il avait déjà connu les joies de la seconde semaine à trois reprises à Wimbledon et deux autres fois à Melbourne, la dernière en janvier 2024, où il avait croisé un certain Novak Djokovic. Après cela, il avait commencé une longue glissade qui l'avait amené à sortir du Top 100 début 2025 avant de chuter jusqu'à la 145e place. Pendant des mois, l’ex-17e mondial a enquillé les défaites au premier tour. À 37 ans, on ne donnait pas cher de ses chances de retrouver des couleurs.

Et maintenant, un premier quart ?

Puis cet été, le cercle vertueux s'est à nouveau enclenché. Quelques victoires sur gazon, une troisième tour à Wimbledon en sortant des qualifications. Il y a eu cette finale à Newport, en Challenger, et ce huitième de finale à Cincinnati où, là encore, il s'est extirpé des qualifs' avant de battre Tomas Machac et Tommy Paul et d'enquiquiner Jannik Sinner en personne (défaite 6-4, 7-6). Une vraie résurrection, un retour dans le Top 100 et voilà même qu'il va flirter avec le Top 50 avec ce huitième de finale à New York.
"Quand on voit là où j'en étais il y a quelques mois et les résultats que j'arrive à obtenir maintenant, c'est évidemment énormément de positif", admet-il. Une seconde vie et, qui sait peut-être une vraie opportunité d'aller encore plus loin dans cet US Open. Jusqu'ici, en cinq tentatives, jamais Mannarino n'a franchi le cap en Grand Chelem. Pour découvrir son premier quart de finale majeur, il lui faudra écarter Jiri Lehecka. Pas simple, clairement, tant le talentueux Tchèque semble en confiance, mais ce n'est pas non plus Sinner ou Alcaraz, qui attend de son côté Arthur Rinderknech.
Il serait assez fou qu'Adrian Mannarino s'offre ce premier quart ici, où il n'avait jamais percé, et maintenant, à cet âge avancé et après une si longue période de doute et de galère. Fou, aussi, que ce soit lui qui mettre fin à la longue disette française en Grand Chelem, ces messieurs attendant depuis plus de trois ans et demi et Gaël Monfils à l'Open d'Australie 2022 d'avoir un représentant à ce stade de la compétition dans un tournoi majeur. Ce ne serait pas la moins savoureuse des filouteries émanant de la soyeuse patte gauche mannarinesque.
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