US Open 2025 - Finale - Rafael Nadal : "Carlos est plus magique, il peut jouer à un niveau que même Jannik ne peut pas atteindre"

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Tout le monde est impatient de vivre le nouveau duel final entre Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, ce dimanche soir, sur le court Arthur-Ashe. Rafael Nadal attend ce moment, lui aussi. L'Espagnol, quadruple vainqueur de l'US Open, évoque dans un entretien à The Athletic la rivalité entre ces deux jeunes champions qui ont pris le relais de sa génération au sommet du tennis mondial.

A l'US Open 2022, une bataille épique et le début d'une rivalité iconique entre Sinner et Alcaraz

Video credit: Eurosport

Si Roland-Garros a bien évidemment été son tournoi, son territoire, sa maison, Rafael Nadal a tout de même remporté à quatre reprises l'US Open, soit autant que Novak Djokovic, et à une marche des recordmen de l'ère Open que son Jimmy Connors, Pete Sampras et Roger Federer. Pas mal, pour un joueur qui a grandi sur terre battue et qui, de son propre aveu, a mis du temps à apprécier le Grand Chelem new-yorkais.
"Nous avons toujours des endroits où nous nous sentons plus ou moins bien, a confié l'ancien numéro un mondial dans une interview accordée à The Athletic. Au début, je n'étais pas à l'aise à New York. J'ai travaillé dur pour réussir à changer cette impression et, au fil des ans, je me sentais toujours super bien en arrivant ici. J'étais un joueur très émotif, intense, passionné. J'ai fini par me sentir proche de cette énergie incroyable que dégage New York, particulièrement lors des night sessions".
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Alcaraz vs Sinner : la finale la plus importante de la saison ?

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Retraité depuis peu, le Majorquin aux 22 titres du Grand Chelem porte aujourd'hui un regard qui émane à la fois de l'ancien pro, de l'ex-champion et du fan de tennis de base. Alors, comme tout un chacun, il attend cette finale de l'US Open entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner avec une impatience certaine. Il a bien sûr été marqué par leur récente finale à Roland-Garros, sur ce court Philippe-Chatrier où il a si souvent triomphé et soulevé la coupe des Mousquetaires.
J'ai accepté à 100% ma nouvelle vie
Pourtant, à ses yeux, cette finale n'a pas toujours atteint les sommets tennistiques les plus faramineux. "Pour moi, les trois premiers sets n'étaient pas d'un niveau exceptionnel, dit-il. C'était une finale normale. Ensuite, les quatrième et cinquième sets ont été un combat de haut niveau. Avec plein d'émotions." Sévère, Rafa ? Ou le simple œil de l'expert, de celui qui a tout vu et tout vécu. Mais il a fini par se laisser emporter. Pas question pour lui de jouer les pisse-froid et encore moins les aigris sur le retour : "Dans l'ensemble, c'est une finale inoubliable. C'était incroyable. La fin du match a été l'une des plus émouvantes que j'ai pu voir."
Au passage, il n'éprouve jamais l'envie de bondir sur le court. Quand il est spectateur, il est spectateur. La transition a été simple. "Je ne suis plus là. J'ai accepté à 100% ma nouvelle vie, assure-t-il. Bien sûr, en tant que joueur de tennis, je ne regarde pas le match de façon passive, j'essaie toujours d'analyser les choses. Je ne peux pas m'empêcher de faire ça, mais ça ne signifie pas que j'aimerais être acteur et jouer ce match."
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Carlos Alcaraz et Rafael Nadal lors du gala Laureus.

Crédit: Getty Images

Pour lui, Jannik Sinner a eu le tort ce jour-là de s'éloigner au pire moment de ce qui avait fait sa force, face à un Carlos Alcaraz que Nadal jugeait assez loin de son meilleur niveau. "Pour moi, Carlos ne jouait pas son meilleur tennis, poursuit-il. Je crois que tactiquement, il s'était un peu trompé. Oui, Jannik a été un peu malchanceux à 0-40, mais il n'a pas tout à fait joué ses balles de match avec la détermination nécessaire. Il a arrêté de faire ce qu'il faisait si bien : prendre sa chance, jouer chaque coup avec cette vitesse supplémentaire dès qu'il voyait la moindre opportunité. Il a cessé d'être aussi agressif." Et il a fini par le payer.
De façon plus globale, Rafael Nadal se dit impressionné par les progrès du numéro un mondial au service. "Puis il impose un tel rythme côté coup droit que c'est difficile de le suivre, ajoute-t-il. Il a aussi cette capacité à passer de la défense à l'attaque en un rien de temps." Dans un échange, l'Italien n'est jamais très longtemps dans la position de celui qui subit. Ses axes de progression ? Le petit jeu, le toucher de balle, "deux des grandes qualités de Carlos", pointe le champion de Manacor.
Ils sont déjà tellement bons, et ils ont encore tellement de place pour faire mieux
Il nourrit sans doute vis-à-vis de Carlos Alcaraz un regard un brin plus sentimental, parce qu'il est Espagnol comme lui et que même en dépit de leurs différences en tant que joueurs, le lien de filiation a été inévitable. Mais il n'en conserve pas moins son regard extérieur d'observateur. "De mon point de vue, Carlos peut encore progresser tactiquement pour aborder certains matches, relève-t-il. Parfois, on a l'impression qu'il joue toujours pour chercher le coup gagnant, alors qu'il n'en a pas toujours besoin."
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Rinderknech : "J'ai la sensation qu'Alcaraz et Sinner ont souvent un coup d'avance sur nous"

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Mais il voit chez lui tout ce qui ne s'apprend pas, ce qui relève de l'instinct, de la patte supérieure de ce qui touche peut-être à une forme de talent pur, voire de génie. Une sorte de supplément d'âme qui le distingue de Jannik Sinner : "Carlos est plus magique, plus imprévisible, il peut jouer à un niveau que même Jannik ne peut pas atteindre". Mais, tempère-t-il aussitôt, "il commet aussi plus de fautes. Il peut aller plus haut que Jannik, mais aussi descendre plus bas."
Rafael Nadal ne manie pas la métaphore, pas plus qu'il ne veut jouer au jeu des comparaisons avec sa génération, mais, en poussant un peu le bouchon, à ses yeux, sans doute Sinner se rapproche-t-il davantage de Djokovic et Alcaraz de Federer. "Carlos a tous les coups, il fait parfois des erreurs, mais il les joue à fond et c'est encore plus impressionnant à voir, car c'est plus inattendu et imprévisible, résume-t-il. J'aime ça, c'est très sympa de voir jouer Carlos parce qu'il est capable de faire des choses incroyables et, en même temps, il peut commettre des erreurs. C'est humain."
À 22 et 24 ans, l'un et l'autre sont déjà des géants du jeu et ce n'est sans doute pas fini, car, comme souligné par l'ancien numéro un mondial, ils possèdent l'un et l'autre une marge de progression, aussi sidérant cela puisse-t-il paraître. "C'est pour ça que je suis intrigué de voir comment ils vont évoluer. Ils sont déjà tellement bons, et ils ont encore tellement de place pour faire mieux", conclut Nadal qui, évidemment, n'en perdra pas une miette dimanche soir.

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