US Open 2025 - Huitièmes de finale - Tombeur de Rune et Tiafoe, il défie Djokovic : La renaissance du grand Struff
Par Laurent Vergne
Mis à jour 05/09/2025 à 08:47 GMT+2
Il était porté disparu. Jan-Lennard Struff s'était épanoui en entrant dans la trentaine, flirtant avec le Top 20 et raflant au printemps 2024 son premier titre. Puis ce fut la dégringolade. Mais dans cet US Open, après avoir survécu à l'enfer des qualifications, il flambe. Holger Rune et Frances Tiafoe ont fait les frais de son tonitruant réveil. Maintenant, il s'attaque à Novak Djokovic.
Jan-Lennard Struff.
Crédit: Getty Images
Pour certains, avec les huitièmes de finale, tout ne fait que commencer. C'est le cas d'un Carlos Alcaraz, d'un Jannik Sinner. D'un Novak Djokovic, plus encore, puisque ce sera dimanche le 69e opus du genre pour le Serbe. Pour son adversaire, en revanche, difficile de parler d'un début quand cela fait deux semaines et six matches qu'il ferraille pour essayer de survivre. Jan-Lennard Struff est en effet sorti des qualifications dans cet US Open, avant de se frayer un chemin jusqu'à l'aube de cette seconde semaine.
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Sacré parcours que celui de l'Allemand de 35 ans, retombé aux alentours de la 150e place mondiale cet été après avoir oscillé entre le 20e et le 30e rang du printemps 2023 au printemps 2024, quand il avait décroché (enfin !) le premier titre de sa carrière. Il est de retour, et il déménage, à Flushing. Il a d'abord remporté ses trois matches de qualifications, face à Clément Chidekh, Taro Daniel puis Arthur Cazaux. Ensuite, on ne peut pas dire qu'il ait ralenti dans le grand tableau, avec trois nouveaux succès face à Mackenzie Macdonald (en quatre sets), et surtout deux têtes de série, Holger Rune (7-5 au 5e set) et un des chouchous de Flushing, Frances Tiafoe (en trois manches, cette fois).
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Tiafoe sans solution face à Struff
Video credit: Eurosport
A part 10 minutes, il a joué un super tennis
"Clairement, c'est un super joueur, a jugé sa dernière victime en date. Il a été classé très haut. Il a très bien joué aujourd'hui (vendredi). Il a bien servi. Son pourcentage n'était pas super élevé, mais il a bien servi, surtout dans les débuts de jeu." Jan-Lennard Struff est le prototype du joueur dangereux, de ceux que l'on n'aime guère se coltiner dans les premiers tours de Grand Chelem. Quand bien même il prend de l'âge et a chuté dans la hiérarchie, il demeure un pénible, avec ses armes destructrices, certes pas très originales (énorme première balle, gros coup droit) mais potentiellement redoutables quand ça tombe dru. Et à New York, ça tombe.
Après sa victoire contre Tiafoe, il a souhaité, via la télévision, un bon anniversaire à son père, Dieter, resté en Allemagne. Puis, il a repris sa routine. Celle à laquelle il refuse de déroger depuis son arrivée dans le Queens. On ne change pas une méthode qui gagne, surtout pas en Grand Chelem et encore moins six matches de suite. C'est vrai sur le court comme en dehors. "Ça lui permet de ne pas me laisser envahir par ses émotions", explique son entraîneur, Markus Wislsperger.
Contre Tiafoe, il y aurait pourtant eu de quoi. Alors qu'il menait 6-4, 6-3, 5-3, Struff, en route pour le match parfait, a connu un énorme trou d'air au moment de conclure : trois doubles fautes et un débreak offert sur un plateau à "Big Foe". Mais il est resté impavide, avant de s'en sortir au tie-break, 9-7, malgré un Grandstand prêt à entrer en ébullition pour relancer Tiafoe. "À part 10 minutes, il a joué un super tennis", s'est satisfait Wislsperger.
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Struff fait tomber un Rune décevant
Video credit: Eurosport
J'avais dit 'si je sors des qualifications, je change de chambre'
C'est donc cette routine qui lui aurait permis de ne pas sombrer. Samedi, à la veille de son grand rendez-vous contre Novak Djokovic, il a donc repris toutes ses petites habitudes. Y compris alimentaires. "Ici, je mange toujours la même chose avant chaque match : du riz et du saumon avec un filet d'huile", a-t-il dit sur Sporteurope.tv. Rien ne doit le perturber. Pas le moindre changement. Seule entorse, il s'est autorisé à changer de chambre, parce qu'il était gêné par le bruit de l'ascenseur à proximité de sa porte. "J'avais dit 'si je sors des qualifications, je change de chambre'".
S'il signe l'exploit d'une vie contre Novak Djokovic dimanche, il pourra même se payer un 5 étoiles avec vue sur Central Park. Sa qualification pour les huitièmes de finale lui garantit déjà un chèque de 400 000 dollars. En quarts, il passerait à 660 000. Pour l'heure, il est en territoire non pas inconnu, mais extrêmement rare. Ce n'est que la troisième fois qu'il se hisse en seconde semaine d'un tournoi majeur. Les deux premières, c'était à Roland-Garros, en 2019 et 2021. Il y a six ans, il y avait, déjà, croisé Novak Djokovic. Il avait perdu. Il a toujours perdu contre lui en sept confrontations.
Mais il est plus admiratif que rancunier, quand il s'agit du Serbe de 38 ans : "C'est tout simplement incroyable, fantastique, de voir comment il joue. Il nous montre tous que l'on peut encore très bien jouer au tennis même à son âge". Toutes proportions gardées, à 35 printemps, Struff n'est pas mal non plus.
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Un passing pleine ligne pour dégoûter Tiafoe : le splendide coup de Struff en vidéo
Video credit: Eurosport
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