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Entretien avec Brad Stine, ancien coach de Jim Courier et entraîneur de Tommy Paul : "Il règne un esprit de camaraderie entre les joueurs américains"
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Mis à jour 31/08/2026 à 01:24 GMT+2
L'ancien coach de Jim Courier, et désormais entraîneur de Tommy Paul (21e mondial) s'est confié à Eurosport, en marge de l'US Open. Brad Stine nous éclaire sur la réussite du tennis américain (six joueurs dans le Top 21). Stine analyse également les meilleurs joueurs actuels des USA dont Ben Shelton et évidemment, son poulain.
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Video credit: Eurosport
Par Frédéric Verdier
Alors que l’US Open a démarré, nous nous sommes penchés sur la réussite actuelle du tennis américain chez les hommes : 14 joueurs US dans les 100, 6 dans le Top 21, 2 dans le Top 10. Pour tenter d’expliquer cette densité, nous avons demandé son avis à un expert respecté : Brad Stine, coach de Tommy Paul depuis 6 ans, et auparavant entraîneur mythique du numéro 1 mondial Jim Courier, puis de toute une génération de joueurs américains, en passant par Andreï Medvedev, Sébastien Grosjean ou Kevin Anderson.
Toujours entraîneur national à l’USTA, fin connaisseur du système universitaire, Stine nous fait profiter de sa vision à 360.
Brad, est-ce que le tennis américain a un secret pour sortir autant de joueurs si performants, qu’est-ce qui fonctionne actuellement si bien dans le système américain ?
Brad Stine : C'est une question incroyablement intéressante, car comme vous en France, nous sommes un pays du Grand Chelem, nous avons donc cet avantage d'en organiser un. Grâce à cela, nous disposons de nombreuses ressources, notamment via notre fédération, l'USTA. Je ne pense pas qu'aux États-Unis, un joueur atteigne un tel niveau sans l'aide, même partielle, de l'USTA. Bien souvent, je pense que l'aide prend la forme de soutien, qu'il soit financier, sous forme de jokers ou autre. Mais je ne suis pas certain qu'un système, entre guillemets, soit à l'origine de la situation actuelle. Il y a, bien sûr, Fritz, Tommy (Paul), Frances (Tiafoe) et Reilly Opelka, blessé, qui ne joue pas en ce moment. Mais ces quatre-là ont en quelque sorte progressé ensemble. Et je pense qu'ils ont eu une influence très positive sur le développement de la prochaine génération de joueurs.
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Brad Stine dans les tribunes de l'US Open.
Crédit: Getty Images
C'est à dire ?
B.S. : Taylor s'entraîne d'ailleurs beaucoup plus sur la côte Ouest, au centre d'entraînement de l'USTA à Carson (Californie). Tommy, Frances et Reilly s'entraînent beaucoup plus dans la région de Floride. Le flux constant d'autres joueurs qui ont fréquenté ces installations, de jeunes joueurs qui ont eu l'occasion de les observer ou de s'entraîner avec eux, et l'accueil extrêmement chaleureux de ces joueurs envers les plus jeunes, ont, je pense, été une source de motivation importante. Mais je pense que la grande majorité des joueurs, comme Learner Tien actuellement, Alex Michelsen et Ethan Quinn, ont été formés davantage par le secteur privé que par le système de l'USTA, si tant est qu'on puisse parler de système.
La fédération a-t-elle tout de même joué un rôle ?
B.S. : Ils ont assurément bénéficié de l'aide de l'USTA. Ils ont reçu des conseils d'entraîneurs et un soutien pour les tournois. Mais je ne dirais pas qu'ils ont vraiment été formés par le biais de l'USTA. Et je pense que cela se poursuit avec la nouvelle génération que nous avons vue à l'US Open. Je crois d'ailleurs que cette nouvelle génération a bénéficié d'un soutien plus important de la part de l'USTA. On pourrait donc dire que c'est un peu plus systématique. J'ai eu la chance de voir le match d'Andrew Johnson, qui vient de fêter ses 17 ans, contre Taro Daniel. Il avait deux breaks de retard, 4-1 dans le troisième set. C'était un match complètement fou ! Taro a enchaîné cinq jeux d'affilée, puis Johnson six, avant que Taro ne reprenne les cinq jeux. En tout cas, j'ai été très impressionné par le jeu de Johnson et sa victoire. Je sais qu'il travaille avec son entraîneur personnel, un entraîneur privé, et que l'USTA lui apporte également son soutien.
Ben Shelton à mon avis, a un réel potentiel pour défier les meilleurs du monde
Le tennis américain ne manque pas de ressources...
B.S. : Il y a aussi Jordan Lee, vainqueur de Wimbledon Juniors qui a remporté son match de qualification du premier tour, à 16 ans. Pareil pour Michael Antonius, 16 ans également. Il a perdu contre Nishikori. Ça aurait pu être son père. Ce groupe, encore une fois, je pense qu'ils se complètent très bien. Ils se disent tous : "Je vois ce joueur réussir, je peux réussir moi aussi". Et c'est très sain. Je pense qu'il règne un esprit de camaraderie et de compétition très sain entre tous les joueurs américains. Évidemment, chacun aspire à surpasser ses concurrents et s'efforce donc de suivre leur rythme, inspiré par la réussite de leurs pairs. Ils travaillent sans relâche sur tous les plans : mental, technique, tactique, avec leurs entraîneurs, etc., pour rester compétitifs. Et cela a été extrêmement bénéfique pour le tennis américain.
Chez les joueurs confirmés, certains peuvent-il viser encore plus haut ?
B.S. : Comme vous l'avez dit, nous avons maintenant six joueurs américains parmi les 21 premiers. Je pense que nous avons une réelle possibilité d'avoir trois ou quatre joueurs dans le top 10. Il faudra donc voir comment les choses évoluent. Mais c'est formidable de voir Frances Tiafoe revenir au sommet et être désormais aux portes du top 10. Tommy (Paul), blessé l'an dernier, progresse et se rapproche du top 15, avec l'ambition de réintégrer le top 10. Fritz, quant à lui, a toujours été un pilier du top 10. Ben Shelton, à mon avis, est un autre joueur qui, grâce à son jeu tellement dangereux, a un réel potentiel pour défier les meilleurs joueurs du monde. Je pense qu'il peut, n'importe quel jour, battre les meilleurs joueurs mondiaux grâce à son service et à la puissance de son jeu. Fritz, quant à lui, a déjà atteint une finale de Grand Chelem. Tommy a atteint les demi-finales, Frances aussi. Donc, oui, tous ces gars au sommet commencent à prendre de l'âge. Mais il y a aussi Learner Tien qui pousse aux portes du top 10.
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Learner Tien.
Crédit: Getty Images
La balle jaune aux US connaît-elle un âge d'or ?
B.S. : Le tennis américain est donc sans aucun doute dans la meilleure situation qu'il ait connue depuis très longtemps. Et ce qui est formidable, c'est que nous le disons depuis plusieurs années déjà. Et en réalité, le niveau ne cesse de se renforcer. C'est comme si, année après année, on s'entraînait sans relâche pour devenir un peu plus forts et un peu plus musclés, avec l'arrivée de nouveaux joueurs dans le top 100.
Vous bénéficiez d'un encadrement de qualité, de préparateurs physiques, de kinésithérapeutes, tout est à votre disposition au sein du système universitaire
Quel rôle joue le tennis universitaire, que vous connaissez très bien pour y avoir entraîné, dans la formation de certains joueurs, notamment américains ?
B.S. : Eh bien, je pense que si l'on regarde actuellement, on constate que plusieurs joueurs issus du système universitaire reviennent sur ce marché du travail qu’est le tennis pro. Le système universitaire a subi une profonde réforme. Peut-être, certains de vos lecteurs connaissent désormais le système des droits à l'image et au nom (NIL). Ainsi, les athlètes universitaires, y compris les joueurs de tennis, peuvent être rémunérés pour la simple pratique de leur sport. Cela a créé une situation très différente : de nombreux joueurs qui auraient pu devenir professionnels font désormais des études universitaires pendant au moins un ou deux ans, car ils peuvent ainsi bénéficier d'un soutien financier conséquent. Cela leur permettra, une fois professionnels, notamment pour les joueurs moins bien classés qui ne reçoivent pas autant de soutien de leur fédération ou, pour les joueurs étrangers originaires de petits pays, de bénéficier d'un soutien financier plus important. En revanche, même des joueurs classés parmi les 400 meilleurs font une année universitaire d'un ou deux ans, car ils perçoivent des revenus substantiels pour venir jouer au tennis universitaire. Après deux ans, ils disposent généralement de suffisamment d'argent pour subvenir à leurs besoins pendant leurs deux ou trois premières années en tant que professionnels. Et c'est une belle opportunité pour eux.
Avez-vous des exemples précis ?
Rafael Jodar, Brandon Nakashima : tous deux sont issus du système universitaire. Vous savez, ils n'ont pas joué en pro pendant quatre ans, mais ils sont passés par le système universitaire. Je connais Jodar, un parfait exemple : entre Montréal et Cincinnati, puis entre Cincinnati et ici, il est retourné à l'Université de Virginie pour s'entraîner et se préparer pour ces compétitions. Il a donc ce lien avec le système universitaire. Ethan Quinn a joué à l'Université de Géorgie. Vous connaissez probablement d'autres joueurs qui ont fait des études supérieures. Donc oui, je pense que le système universitaire est actuellement une voie très intéressante pour les joueurs du monde entier. Les installations sont exceptionnelles. Vous bénéficiez d'un encadrement de qualité, de préparateurs physiques, de kinésithérapeutes, tout est à votre disposition au sein du système universitaire. Vous jouez donc énormément de matches et vous avez des entraînements organisés tous les jours. C'est une excellente opportunité et un système formidable pour permettre aux joueurs de se développer et d'intégrer ensuite le circuit professionnel.
Maintenant, je vais vous citer quelques noms de joueurs américains et vous demander votre avis sur leur potentiel, leurs atouts et peut-être leurs limites actuelles. Commençons par Taylor Fritz.
B.S. : Comme je l'ai dit, Taylor est depuis longtemps le porte-étendard du tennis américain. Je sais qu'il est très fier d'être le numéro un américain et qu'il souhaite le rester jusqu'à la fin de sa carrière. Maintenant, Ben le pousse à fond. Il a atteint la finale d'un tournoi du Grand Chelem. C'est quelqu'un d'extrêmement sûr de lui. Il est convaincu d'avoir les capacités pour remporter un Grand Chelem. De mon point de vue, après avoir suivi Taylor pendant un certain temps, je pense que s'il pouvait développer davantage certains aspects de son jeu, notamment les transitions et le jeu au filet, et progresser dans ces domaines, il en aurait assurément le potentiel. Je pense que lors de la finale de l'US Open contre Sinner, s'il avait été capable de monter davantage au filet et de mettre un peu plus de pression sur Jannik par moments, il aurait eu une bien meilleure chance de gagner ce match.
Pensez-vous qu'il puisse le faire maintenant ?
B.S. : Je n'ai aucun doute là-dessus. Il suffit qu'il s'y mette sérieusement. Il est entouré d'une excellente équipe, composée de personnes très compétentes. Je suis convaincu qu'il peut continuer à progresser. Ses problèmes de genou sont-ils définitivement résolus ? Je n'en suis pas certain. Je pense que c'est encore une petite blessure qui le gêne.
Et Ben Shelton ?
B.S. : Il a un potentiel illimité. Avec toutes les qualités qu'il possède, c'est ce qu'on appelle en anglais un joueur "first strike". Autrement dit, il a un potentiel offensif exceptionnel. Son service est incontestablement l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, du tennis actuellement. Son principal axe d'amélioration réside, à mon avis, dans la régularité de son retour. S'il parvient à mettre plus de balles en jeu et à se créer davantage d'occasions de breaker, il deviendra quasiment imbattable, notamment grâce à son excellent taux de réussite au service. Il a déjà réalisé de beaux parcours dans les tournois du Grand Chelem. Je pense qu'il s'épanouit dans ce contexte. En prime, Il est fort comme un taureau ! Donc, oui, je suis très optimiste concernant Ben.
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Quand Shelton cogne dur et bien : le résumé de sa victoire en finale
Video credit: Eurosport
Tiafoe prend à nouveau du plaisir et ça se voit sur le court
Et Frances Tiafoe ?
B.S. : Frances, vous savez, en dehors du tennis, c'est quelqu'un qui, à chaque fois que je le vois, me donne le sourire. Dès qu'il vous voit, il affiche toujours un grand sourire. Frances est un type formidable. Et puis il est extrêmement compétitif. Il a traversé une période difficile il y a environ un an, où sa motivation a quelque peu faibli. Je pense que l'arrivée de Mark Kovacs dans son équipe a été extrêmement bénéfique pour Frances. Je pense que nous tous, sur le circuit, et ceux qui connaissent bien Frances, avons été un peu surpris lorsqu'il a complètement remanié son équipe. Mais cela s'est avéré payant et lui a fait beaucoup de bien. Il prend à nouveau plaisir à la compétition, et ça se voit sur le court. Il a besoin de pouvoir être créatif. Et je crois que son équipe actuelle, menée par Mark Kovacs, l'a compris et a structuré son jeu. Mais on ne lui a pas enlevé sa capacité à être créatif et à jouer comme il l'entend. Et je pense que Francis a prouvé qu'il était capable de battre quasiment tout le monde, sauf peut-être les tout, tout meilleurs joueurs du monde.
Un autre joueur qui a opéré un changement spectaculaire dans son équipe, Brandon Nakashima avec l'arrivée de Wayne Ferreira en juin...
B.S. : Dans notre équipe, on appelle ça l'effet Wayne Ferreira. Wayne semble avoir fait la même chose, je crois, à ses débuts avec Frances Tiafoe qui avait commencé à très bien jouer. Et puis, vous savez, ça s'est un peu essoufflé à la fin. Et je ne suis pas sûr que ce soit la faute de Wayne. Je pense que Frances a perdu sa motivation et s'est énervé. Et maintenant, on le voit avec Brandon qui a fait d'énormes progrès et a démontré un potentiel considérable. Quand on observe une telle transformation suite à l'arrivée d'un nouvel entraîneur, il est évident qu'il faut lui en attribuer une partie du mérite. Il a su exploiter les ressources que Brandon possédait déjà. Mais il lui manquait un peu de régularité d'un tournoi à l'autre. Il pouvait remporter une victoire éclatante contre un joueur de haut niveau, mais il était ensuite incapable de reproduire ce niveau de jeu pendant un ou deux matches. Maintenant, j'imagine qu'il apparaît comme l'un des joueurs les plus redoutables à affronter. Son jeu est... je ne dirais pas qu'il possède des atouts extraordinaires, mais il n'a pas de véritables faiblesses. Il est vraiment solide dans tous les aspects de son jeu.
Diriez-vous la même chose de Learner Tien ?
B.S. : Learner est un cauchemar. C'est un cauchemar de jouer contre lui. Il se déplace incroyablement bien. Évidemment, être gaucher le rend un peu plus difficile à appréhender au départ. Je pense qu'il a beaucoup amélioré son service au cours de la dernière année. Il faut dire qu'il a un mentor exceptionnel en la personne de Michael Chang, qui l'aide beaucoup. Et ils travaillent ensemble depuis un bon moment. Et encore une fois, Learner est un joueur discret et efficace. Quand on regarde son jeu, on se dit : "Il ne frappe pas son coup droit comme Arthur Fils. Il ne sert pas comme Shelton." Mais au final, son jeu est incroyablement solide.
Un autre joueur, peut-être pas avec le même potentiel, mais très intéressant. Il s'agit de Jenson Brooksby (éliminé par Jaime Faria au 1er tour ce dimanche, 6-3, 7-6, 4-6, 1-6, 6-2).
B.S. : Oui, Jenson, j'ai l'impression qu'il a eu un peu de mal, évidemment, depuis son retour de blessure. Je pense qu'avant sa blessure et lors de ses débuts sur le circuit, tout le monde disait de Jenson : "Ce type est une véritable machine. C'est un robot. Il ne rate jamais une balle, jamais un retour." Son service a toujours été un point faible et il n'a pas encore développé la capacité de faire des ravages avec ce service. Mais à ses débuts sur le circuit, nous avons tous été impressionnés par sa force mentale, par sa détermination à ne jamais baisser les bras. Depuis son retour de blessure, il a eu un peu plus de mal à retrouver cette même intensité. Ses résultats sont donc un peu plus irréguliers, moins constants et moins impressionnants qu'à ses débuts.
Tommy a prouvé cette année qu'il joue à nouveau un tennis de très haut niveau
Nous terminerons avec quelqu'un que vous connaissez parfaitement, car il s'agit de l'incontournable Tommy Paul.
B.S. : Tommy Paul est le numéro un mondial du coup droit boisé ! (Rires) Il sait que je le dis tout le temps, donc ce n'est pas sournois. Tommy a fait une excellente saison jusqu'à présent. On en a déjà parlé. Avec cette excellente saison, il est dans la meilleure position qu'il ait jamais eue à ce stade de la Race. Néanmoins, L'année a été un peu frustrante. Certaines défaites de Tommy ont été extrêmement difficiles à encaisser, notamment celle contre Arthur Fils à Miami, où il avait perdu malgré quatre balles de match. Avec en jeu les demi-finales d'un Masters 1000 ! Il avait là une occasion en or. Ensuite cette année, il a disputé quatre finales, mais en a perdu trois. Il mène d'un set et d'un break au Queens où il tentait de défendre ses titres. Aussi une Finale à Hambourg. La défaite en cinq sets face à Casper Ruud à Roland-Garros lui avait procuré une sensation très similaire à celle du match contre Arthur à Miami. Et encore une fois, une occasion en or s'est présentée avec l'élimination de Carlos et Jannik du tournoi. C'était un moment difficile. Très difficile. Je pense donc que Tommy a prouvé cette année qu'il joue à nouveau un tennis de très haut niveau. Il produit un tennis exceptionnel et s'est remis en position de rivaliser avec les meilleurs.
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Arthur Fils vainqueur d'un duel épique : le résumé de sa victoire face à Tommy Paul
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Que lui manque-t-il pour faire partie de ces "meilleurs" ?
B.S. : Il lui faut juste, je pense, un peu de chance pour que ses intentions se concrétisent sur certains points... Quand on regarde la balle de match à Miami contre Arthur Fils, je trouve qu'il a fait un très bon coup. Malheureusement, je me souviens très bien de ce point. Il a très bien avancé et a mis la pression sur Arthur qui a réussi un coup incroyable. Ça aurait tout aussi bien pu être une balle qu'il aurait ratée sur un passing-shot, une balle sortie, ou n'importe quoi d'autre. Et Tommy remporte ce match. Situation similaire à Paris, à Roland-Garros, avec Casper. Cela le qualifie pour les huitièmes de finale et tout est possible. Je pense que Tommy joue très bien au tennis actuellement. Il a fait une bonne semaine à Cincinnati et ses entraînements se sont bien passés ici.
Et sur son jeu ?
Nous sommes plutôt confiants quant à sa capacité à être compétitif et à développer son jeu ici. Je pense que tous ces éléments... J’aimerais croire que la plupart ont été réunis. Je pense que pour aller loin dans les plus grands tournois, je ne sais pas si c’est indispensable, mais un peu de chance, ça aide. C’est certain. Comme je l'ai dit, ce n'est pas la chance qui a fait la différence à Miami, mais je pense que Tommy, sur la balle de match qu'il a obtenue, a joué son jeu habituel. Il a très bien joué le point décisif, il est monté au filet, a mis la pression sur son adversaire et ce dernier a réussi un très bon coup. À Paris contre Casper, au Queens contre Francisco Cerundolo, il a produit le tennis que nous voulons le voir jouer. Tommy est devenu, à mon avis, un excellent joueur de tennis complet. Je dirais même qu'il est offensif. Comme nous l'avons évoqué précédemment, il ne possède pas les mêmes atouts que certains de ses adversaires. Il n'est pas aussi puissant en fond de court qu'Arthur, ni que Taylor Fritz, et son service n'est pas exceptionnel. Tommy doit donc être un véritable joueur de tennis, et pas seulement un frappeur de balles. Il doit varier son jeu, son rythme et son jeu offensif pour mettre la pression sur ses adversaires. C'est en quelque sorte son identité, et c'est l'identité que nous avons développée. J'aimerais croire que cela a plutôt bien fonctionné. Nous aurions souhaité que ce soit encore mieux. Peut-être très bientôt !
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Un grand défi tennistique et physique : Fils face à lui-même
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