US Open 2026 | À l'heure du bilan, ce n'est pas brillant : les Bleus, ces figurants
Par Laurent Vergne
Publié 08/09/2026 à 08:00 GMT+2
Encore une année pour rien, ou pour pas grand-chose. Grâce à Arthur Gea, le tennis masculin français a certes évité de vivre une troisième saison en peu de temps sans la moindre présence en seconde semaine de Grand Chelem. Mais difficile de se contenter de si peu. Cela se confirme, les années 2020 sont les pires de l'ère Open pour les Tricolores.
Comment Fils est tombé dans le piège Tsitsipas dès son entrée en lice
Video credit: Eurosport
Un point. Voilà donc tout ce qu'il aura manqué à Arthur Gea pour atteindre les quarts de finale de cet US Open 2026. Cela aurait été formidable pour lui, et une excellente nouvelle pour le tennis français, pour qui un tel résultat est devenu une denrée rarissime. Il faudra donc attendre. Alors que Gaël Monfils vient de jouer le dernier tournoi du Grand Chelem de sa carrière, le désormais quadragénaire reste le dernier quart de finaliste tricolore chez les hommes dans un des quatre tournois majeurs du circuit. Et cela commence à dater. C'était à l'Open d'Australie en 2022. En janvier prochain, cela fera déjà cinq ans.
Si la belle aventure d'Arthur Gea a pimenté quelque peu l'US Open des Bleus, et si son bilan personnel reste formidablement prometteur, le bilan d'ensemble reste tout de même maigrichon, que ce soit sur cette quinzaine new-yorkaise ou, plus encore, sur l'ensemble de cette année 2026, qui n'aura rien fait d'autre que confirmer la traversée du désert actuelle du tennis français. Le huitième de finale de Gea aura été l'unique présence en seconde semaine et il aura donc été l'œuvre d'un joueur passé par les qualifications au statut de lucky loser.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/01/image-a15f2b40-4313-445f-b9bf-513767e8afab-85-2560-1440.jpeg)
"Fils ressort flingué, ça ne pourra que le faire grandir"
Video credit: Eurosport
Le problème, c'est que ce huitième de finale, qui aurait jadis constitué un minimum syndical semble faire aujourd'hui office de formidable nouvelle. Alors, oui, 2026, c'est un peu mieux qu'en 2021 et 2023, où les Bleus avaient été totalement absents au-delà du troisième tour. On se console comme on peut. Une année blanche de la sorte, la France n'en avait plus connu chez les hommes depuis 1978. C'est dire. Notre tennis paie durement le retrait, puis la disparition progressive et désormais complète de la génération Tsonga – Monfils – Gasquet – Simon. Ceux-là n'ont pas été remplacés.
Les années 2000, avec deux finales en Grand Chelem, et les années 2010 dans la foulée, avaient constitué une sorte d'âge d'or. Mais les années 90 et 80 également. Même les seventies, longtemps considérées comme le creux de la vague bleue, ont presque de quoi nous rendre nostalgique. Alors que 70% des années 2020 sont désormais tennistiquement derrière nous, le quart de Monfils en 2022 à Melbourne reste donc bien seul. Nous vivons tout simplement et plus que jamais la pire décennie de l'histoire du tennis français depuis le début de l'ère Open.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/06/image-524d27be-3425-4e05-a849-b23acd241fe6-85-2560-1440.jpeg)
Gea : "Aujourd'hui, je gagne grâce à mes coaches"
Video credit: Eurosport
Pour l'heure, entre 2020 et 2030, ces messieurs ont compilé un quart de finale et 14 huitièmes. Des temps de passage rachitiques. Comparons ce bilan, certes encore provisoire, avec les deux décennies précédentes.
Années 2020
Titre : 0
Finale : 0
Demi-finale : 0
Quart de finale : 1
Huitième de finale : 14
Finale : 0
Demi-finale : 0
Quart de finale : 1
Huitième de finale : 14
Années 2010
Titre : 0
Finale : 0
Demi-finale : 9
Quart de finale : 19
Huitième de finale : 49
Finale : 0
Demi-finale : 9
Quart de finale : 19
Huitième de finale : 49
Années 2000
Titre : 0
Finale : 2
Demi-finale : 6
Quart de finale : 13
Huitième de finale : 37
Finale : 2
Demi-finale : 6
Quart de finale : 13
Huitième de finale : 37
C'est dire l'ampleur du recul du tennis français chez les hommes. On peut toutefois imaginer, ou au moins l'espérer, que dans un avenir relativement proche, une embellie se produise, dans le sillage d'un garçon comme Arthur Fils, désormais tout près du Top 10. Mais en Grand Chelem, jusqu'ici, il n'existe pas plus que les autres. Certes, il a connu beaucoup de problèmes physiques qui explique ce (relatif) retard à l'allumage, mais ses deux dernières sorties à Wimbledon et surtout à l'US Open ont tout de même déçu. Malgré tout, il serait bien extravagant qu'on ne le voie pas, au strict minimum, en seconde semaine dès l'année prochaine.
Mais Fils aura aussi besoin de soutien. Alors, qui ? Ugo Humbert ? Arthur Rinderknech ? Le premier approche doucement de la trentaine, le second a déjà les deux pieds dedans et, avec trois huitièmes de finale majeurs à eux deux, on ne peut pas dire qu'ils aient porté la maison bleue ces dernières années. Arthur Gea, à seulement 21 ans, est une jolie promesse. Moïse Kouame en est une autre, mais il a 17 ans. Il reste donc encore plus d'interrogations que de solutions. Pendant ce temps, les années passent, et le tennis français regarde de loin la bataille des sommets. Nous ne sommes même plus des seconds rôles. Au mieux, des figurants.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/08/image-aa804ab8-a887-4b87-b6d6-c3dade9a1c1f-85-2560-1440.jpeg)
Gea sort par la grande porte mais avec des regrets
Video credit: Eurosport
Publicité
Publicité