US Open 2026 - Alex Michelsen, l'Américain que personne n'attendait en quart de finale : "J’ai toujours su que ça viendrait"
Par Vincent Roussel
Publié 07/09/2026 à 23:25 GMT+2
Il fallait être visionnaire pour cocher son nom parmi la liste des huit derniers prétendants au titre dans cet US Open. 46e mondial, apparu seulement une seule fois en 8e de finale d’un Grand Chelem avant ce mois de septembre, Alex Michelsen va disputer le premier quart de sa carrière à ce niveau, face à son compatriote Frances Tiafoe. Peut-il prolonger le conte de fée ? Il croit que oui.
Grande première pour Michelsen qui file en quarts : sa victoire contre Etcheverry en vidéo
Video credit: Eurosport
C’est un garçon de 22 ans qui enchaîne les premières fois. Après son premier huitième de finale à l’US Open, lui qui n’avait jamais fait mieux qu’un deuxième tour à Flushing Meadows en trois apparitions avant cette année, Alex Michelsen s’est offert dimanche son premier quart de finale en Grand Chelem, en battant l’Argentin Tomas Martin Etcheverry (7-6, 6-4, 6-4), le tout en rentrant dans un cercle très fermé.
L’Américain est devenu le troisième joueur non-tête de série à se hisser à ce stade d’un Majeur sans concéder le moindre set, après Juan Martin Del Potro et… celui qu’il a battu dimanche. Après son quatrième succès de suite en trois sets, il a donc été convié, pour la première fois, en salle de presse pour une interview d’après-match. En plein rêve, il n’est pas totalement tombé des nues d’être encore en vie dans cette édition 2026.
Ça fait je ne sais combien d’années que je travaille d’arrache-pied pour faire ce sport
"Je suis surpris parce que ma forme avant ce tournoi (5 victoires et 3 défaites lors de la tournée nord-américaine, NDLR) n’était pas très bonne. Mais je dirais aussi que je ne suis pas surpris parce que ça fait je ne sais combien d’années que je travaille d’arrache-pied pour faire ce sport. J’ai toujours eu le sentiment que ça viendrait", a-t-il réagi devant un parterre de journalistes qui, comme le grand public, apprennent à découvrir ce grand gabarit (1m93) à la frappe surpuissante.
"C’est incroyable qu’il soit en quart de finale à 13 ans", s’est gentiment moqué, un peu après, Frances Tiafoe, son adversaire ce mardi pour une place dans le dernier carré. Avant de redevenir sérieux : "Il joue de la bonne façon. Il est beaucoup plus agressif, son service s’améliore, il va vers l’avant… C’est plutôt remarquable pour son âge”, l’a félicité ”Big Foe”, témoignant du respect qu’il a su inspirer depuis son 8e de finale à l’Open d’Australie début 2025.
Celui qui avait effectivement 13 printemps lorsqu’il se souvient avoir vu pour la première fois, à la télé, Tiafoe pousser Federer au cinquième set à l’US Open 2017, a bien progressé depuis ses débuts en pro, en 2023. ”J’ai bien commencé l’année puis tout d’un coup, j'ai joué sur terre battue et ma confiance est descendue plus bas que jamais dans ma vie”, a-t-il rembobiné.
Personne ne m’a dit que je pourrai devenir professionnel avant mes 16 ans
À cette époque, il avait déjà fait taire pas mal de médisants : "Personne ne m’a dit que je pourrai devenir professionnel avant mes 16 ans. On n’en parlait pas à la maison et aucun coach ne me le disait. Ça n’a rien eu d’évident pour moi. Puis j’ai eu un entraîneur, Jay, avec qui je frappais des coups droits dès 9h du matin. C’est lui qui le premier m’a dit que je pourrais faire partie du top 100. Il a fini par avoir raison". Car il a fini par remonter la pente, guidé par une arme sans corde ou manche : "J'ai toujours eu cette foi en moi-même, car sinon j'aurais pu perdre un match comme celui d'aujourd'hui (dimanche). J'essaye d'avoir le plus confiance possible en moi".
Celui qui va faire son entrée dans le top 30 à l’issue du tournoi remercie son enfance dans le sud de la Californie, qui lui a permis de se frotter dès le plus jeune âge à une concurrence féroce. ”C’est une région propice pour du bon tennis. Si j’étais né dans l’Idaho, ça aurait été plus dur”, a imagé le grand ami de Learner Tien, dont il a souvent été dans l’ombre. "J’adore être hors des radars, ça ne me pose pas de problème", dit Michelsen.
Le protégé de Kristof Vliegen se trouve désormais confronté au plus grand défi de sa carrière : ”Frances, je l’ai déjà dit auparavant, est un joueur du top 5 à l’US Open. Il joue toujours bien ici. Ça va être une tâche difficile pour moi mais je vais tout donner sur le terrain”. Histoire de passer du rôle de figurant à celui de personnage principal.
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