US Open 2026 | Alexander Zverev, le retour du boulevard ou l'incroyable baraka
Par Laurent Vergne
Publié 06/09/2026 à 23:19 GMT+2
Alexander Zverev va un peu mieux. Cette fois, il n'a eu besoin que de trois sets (6-2, 7-6, 6-2) face à Alejandro Tabilo, pour se hisser en huitièmes de finale. La tête de série numéro un bénéficie en prime de la chute de tous ses principaux adversaires dans le haut du tableau. Une incroyable hécatombe qui semble dessiner pour lui un chemin tout tracé jusqu'à la finale. A moins que...
Alexander Zverev à l'US Open 2026.
Crédit: Imago
Carnage à Flushing, avions-nous écrit pas plus tard que vendredi. Cela ne s'est pas arrangé depuis, mais c'est surtout vrai de la moitié haute du tableau masculin. Celle d'Alexander Zverev. Quand les huitièmes de finale ont débuté dimanche, sur les seize derniers prétendants au titre, ne figuraient déjà plus que huit membres du Top 20. Mais six d'entre eux étaient dans la partie basse. En haut, seulement deux survivants : Zverev, donc, et Learner Tien. Alors, sans aller jusqu'à parler d'autoroute, l'Allemand dispose devant lui dans cet US Open d'un chemin plutôt dégagé qui s'apparente tout de même à un petit boulevard.
À tel point qu'on peut se demander si la tête de série numéro un du tournoi ne maniait pas l'humour ou le second degré après sa qualification pour les huitièmes de finale, dimanche matin, affirmant que "bien sûr, le tableau ne va pas devenir plus facile maintenant". Techniquement, pour son prochain tour, c'est vrai, puisqu'il affrontera Luciano Darderi, 22e mondial. Son adversaire le mieux classé jusqu'ici. Mais il n'est pas garanti qu'il trouve ensuite face à lui un client plus huppé dans sa moitié de tableau.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/06/image-6a93106d-5c7f-4924-aa7d-21ba99fd2b82-85-2560-1440.jpeg)
Cette fois-ci, Zverev évite un nouveau marathon : Les temps forts face à Tabilo en vidéo
Video credit: Eurosport
Cinq têtes décapitées derrière lui
Celui-ci a été décapité dans des proportions assez phénoménales jusqu'alors. Tous les autres membres du Top 10 présents ont disparu. Déjà. Au-delà, ce n'est guère mieux. Un vrai carnage, oui, dont Sascha Zverev est le principal bénéficiaire. Dressons la liste.
- Félix Auger-Aliassime, tête de série numéro 4 : Demi-finaliste l'an dernier et présent en quart de finale à Roland-Garros comme à Wimbledon, le Canadien était l'adversaire théorique de Zverev en demie. Il a disparu dès le deuxième tour.
- Flavio Cobolli, tête de série numéro 5 : L'adversaire de Zverev en finale de Roland-Garros. L'Italien semblait avoir un bon coup à jouer, mais, fatigué, il s'est éteint samedi au troisième tour contre Alexander Blockx.
- Alex de Minaur, tête de série numéro 6 : Éjecté lui aussi en 32es de finale, sans ménagement, par Botic Van de Zandschulp, en trois sets. Un étét très décevant.
- Taylor Fritz, tête de série numéro 9 : Finaliste il y a deux ans et considéré par beaucoup comme LE client numéro un face à Zverev sur la route de la finale. Sa sortie de route samedi contre Francisco Cerundolo, alors qu'il menait deux sets zéro, a constitué un vrai petit tremblement de terre.
- Rafael Jodar, tête de série numéro 12 : Avec Arthur Fils, l'Espagnol incarnait l'autre jeunesse menaçante. Comme le Français, il a déguerpi dès le premier tour, inscrivant quatre petits jeux contre Bu, le lucky loser chinois.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/02/image-18e06bfe-5fde-47b8-a55e-517aa952d435-85-2560-1440.jpeg)
Méconnaissable, Jodar balayé en trois sets par Yunchaokete Bu
Video credit: Eurosport
Voilà. Le compte est bon. Les cinq têtes de série les plus élevées derrière Alexander Zverev dans le haut tableau ont donc quitté Flushing Meadows avant même que ne s'élance la seconde semaine, celle où l'Allemand aurait théoriquement dû croiser certains de ces joueurs. Si l'autre partie du tableau a connu également quelques découpages en règle, à commencer par les sorties d'entrée de jeu de Novak Djokovic et Arthur Fils, l'ensemble apparaît tout de même sur le papier plus étoffé et relevé. Il reste ainsi encore trois membres du Top 10, et sept des neuf joueurs les mieux classés encore en lice figurent en bas.
Pas malheureux en 2026
Sascha Zverev apparaît donc mieux loti pour l'heure que Carlos Alcaraz à l'autre extrémité du "draw". Le Murcien, tête de série numéro 2, a encore face à lui Daniil Medvedev (N°7), Ben Shelton (N°9) et Frances Tiafoe (N°11), tous trois mieux classés que la plus haute tête de série restant encore dans la zone de l'Allemand, à savoir Learner Tien (N°14). C'est donc peu dire qu'il est immensément favori pour représenter sa partie de tableau en finale dimanche prochain.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/06/image-fb86727f-70df-49ad-a198-d7624f97ad10-85-2560-1440.jpeg)
Tien tient tête à Mensik au bout de la nuit : Les temps forts du match
Video credit: Eurosport
Globalement, cette année, Zverev n'aura d'ailleurs pas eu à se plaindre de son sort en Grand Chelem. Son bilan est absolument remarquable (21 matches gagnés, seulement deux défaites, avec une demie, un titre et une finale pour l'heure). À Melbourne, avant de s'incliner contre Alcaraz en demi-finale, il n'avait pas affronté un seul Top 20. Il a gagné Roland-Garros sans affronter un seul membre du Top 10 et un seul Top 20. Il n'y a qu'à Wimbledon qu'il a joué un des dix meilleurs joueurs du monde, Taylor Fritz, en quarts de finale. Seules trois de ses victoires ont été signées contre des joueurs classés dans les 20 premiers : Cobolli à Paris, Lehecka et Fritz à Londres.
Sur une carrière, tout ceci s'équilibre, mais cette année, les dieux du tableau sont avec Sascha Zverev. Son mérite est de capitaliser parfaitement dessus. Rappelons aussi qu'il n'y est pour rien. Personne ne choisit ses adversaires et, en Grand Chelem, vous devez battre celui qui se trouve face à vous. Les "adversaires théoriques" n'existent que chez les supporters ou les journalistes. Les joueurs, eux, s'en moquent. On peut donc reprocher ce que l'on veut à Zverev, mais pas les problèmes, voire la médiocrité des autres. S'il dispute une troisième finale majuscule d'affilée, il le devra d'abord à lui-même et son mérite sera à souligner.
À Roland-Garros, alors que tout le monde lui intimait presque l'obligation d'aller au bout, il avait tenu bon et, compte tenu de sa virginité que l'on avait fini par croire éternelle en Grand Chelem, relever ce défi-là n'était pas une sinécure. Le contexte est différent maintenant. Zverev a son Majeur en poche, il ne joue plus sa carrière à quitte ou double, avec le danger d'un raté qui eut été perçu comme impardonnable. Mais il n'est pas encore en finale, ici, à New York. Son tennis, très erratique depuis le début du tournoi, ne le préserve de rien. Il avance sur un fil même si sa victoire en trois sets contre Alejandro Tabilo, samedi, a marqué selon lui un vrai pas en avant. "C'était beaucoup mieux, notamment du fond du court", a-t-il jugé. Mais ce n'est pas encore le Zverev de Paris ou de Londres. Celui-là serait déjà en finale. Pour la version new-yorkaise, on demande encore à voir. Même face à ce plateau désertique.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/07/13/image-35c78f52-f2c7-48f3-b20f-fe284c3d95a8-85-2560-1440.jpeg)
Le Zverev nouveau est arrivé : "Il peut devenir le 3e homme et concurrencer Sinner et Alcaraz"
Video credit: Eurosport
Publicité
Publicité