US Open 2026 | Chez les hommes, un tournoi sans favori ? New York, ville ouverte (plus que jamais)

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Qui est le favori de l'US Open ? Qui, à l'heure du lancement du dernier Majeur de l'année, peut se targuer d'apparaître au-dessus de la mêlée à l'heure des pronostics ? Personne. Et c'est une rareté, à notre époque. Mais sans Jannik Siner, avec un Carlos Alcaraz de retour d'une longue absence et des outsiders nombreux mais bardés de questionnements, Flushing s'ouvre dans le flou. Tant mieux.

Une jeune génération plus fragile que jamais

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Ce sera peut-être une simple parenthèse, mais il y a bien longtemps qu'un tournoi du Grand Chelem ne s'était pas avancé avec tant d'incertitudes autour de sa destinée. Depuis plus de deux ans, chaque Majeur avait débuté avec, sur la ligne de départ, Carlos Alcaraz et/ou Jannik Sinner (et plus souvent "et" que "ou") avec une pancarte de grandissime favori parfaitement identifiée dans le dos. Et avant l'émergence de l'infernal duo, Novak Djokovic tenait ce rôle avec une constance remarquable.
Il ne s'agit pas de dire que cet US Open 2026 accouchera d'un vainqueur improbable ou même oubliable. Le postulat de départ et le dénouement sont deux choses indépendantes. Le dernier Roland-Garros l'illustre plutôt bien. La finale entre Alexandre Zverev et Flavio Cobolli a sans doute constitué l'affiche la plus inattendue depuis belle lurette, mais deux semaines plus tôt, le favori, archi-favori même, était parfaitement identité en la personne de Jannik Sinner.
Mais cette fois, qui sort du lot ? Pas grand-monde. Personne, même, sans doute. Chacun débarque avec au-dessus de sa tête bien plus de points d'interrogation que d'exclamation. Les raisons peuvent diverger, mais tous partagent ce constat commun, à commencer par celui qui avait triomphé ici-même sur le court Arthur-Ashe l'année dernière.
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La troisième a été la bonne : revivez les balles de titre d'Alcaraz face à Sinner

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Alcaraz en mode Federer 2017 à Melbourne ?

Oui, en l'absence de son alter ego Sinner, Carlos Alcaraz aurait dû être l'immense et même unique favori. Parce qu'il est le tenant du titre. Parce qu'il a déjà gagné deux fois à Flushing Meadows. Parce qu'il est Carlos Alcaraz, tout simplement. Ce tournoi lui aurait même été promis, un peu comme semblait l'être Roland-Garros pour Sinner (avec le résultat que l'on sait). Sauf que l'Espagnol n'a pas joué depuis plus de quatre mois et sa défaite en finale à Monte-Carlo, précisément contre Sinner.
Arriver sur un Grand Chelem à ce point à court de compétition n'est pas forcément rédhibitoire. On se souvient de Roger Federer triomphant à Melbourne en janvier 2017 alors qu'il n'avait plus frappé une balle dans un match officiel depuis Wimbledon six mois plus tôt, qui plus est à 35 ans. Mais à défaut d'être impossible, une victoire dans un tel contexte reste rare et ce cas pose forcément une foule de questions. Le Murcien sera-t-il rapidement dans le rythme ? Peut-il être fragilisé dans les premiers tours ? Sera-t-il à 100% de son expression ? 80 % ? Moins ?
Alexander Zverev, lui, est tête de série du numéro un. Une grande première pour lui en Grand Chelem. Et l'Allemand a changé de dimension après son titre à Roland-Garros, enchainé avec une finale à Wimbledon. Le voilà donc, le favori numéro un du tournoi, non ? Oui, mais non. Car depuis son (gros) match contre Sinner sur le Centre Court londonien, il n'a quasiment pas existé sur dur cet été. Une défaite d'entrée à Montréal, et un huitième à Cincinnati. Il n'est pas exclu qu'il soit à nouveau au taquet à New York, puisqu'il semble désormais décidé à carburer quand cela compte le plus, mais lui aussi arrive avec un "mais", quand bien même le sien serait d'une autre nature.
Quant à Novak Djokovic, son contexte, c'est Zverev puissance dix. Lui non plus n'a pas brillé depuis Wimbledon. Il n'a même pas gagné. Une apparition à Cincinnati, et un match en mode zombie, perdu contre Thiago Agustin Tirante, où il a réussi à faire plus que ses 39 ans. Bien sûr, Djokovic reste un candidat. Toujours. Personne ne le prendra de haut et celui qui s'y risquerait le ferait à ses risques et périls. Mais un favori, non. Ce n'est plus de son âge. Un peu moins à chaque tournoi majeur. Ici comme ailleurs.
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Pour tous, c'est un "oui, mais", plus qu'un "grand oui"

Reste les autres. Tous les autres. Sur chacun d'entre eux, il y a des arguments susceptibles de les prendre en considération. Mais tous crachent les points d'interrogations évoqués plus haut. Certains auraient même tendance à les cumuler. Félix Auger-Aliassime ? Officiellement numéro 4 mondial, mais les fragilités de son bras et plus encore de sa tête le placent encore très loin de pouvoir prétendre à quelque chose de grand. Alex de Minaur ? Il part d'encore plus loin. Flavio Cobolli ? Sur dur et sur deux semaines, on demande encore à voir. Daniil Medvedev ? Il est totalement perdu.
Dans ce contexte, qui sait, peut-être sera-ce l'année d'un Américain, 23 ans après le dernier titre en Grand Chelem des Yankees, via Andy Roddick, à New York ? Ils arrivent en force, de Taylor Fritz à Ben Shelton en passant par Frances Tiafoe, Learner Tien, voire Tommy Paul ou l'astre montant Brandon Nakashima. Mais leur inconstance, celle d'un Fritz ou d'un Shelton par exemple, capable de claquer un titre cet été puis de disparaître au tournoi suivant, témoigne de leurs lacunes restantes.
Il y a aussi et enfin les jeunes pousses, à commencer par Rafael Jodar et Arthur Fils, l'un porté par une ascension fulgurante ces derniers mois, l'autre boosté par son premier titre d'envergure, à Cincinnati. Consécration à point nommé pour intégrer légitimement cette caste élargie des prétendants. Mais en Grand Chelem, l'Espagnol et le Français doivent eux aussi franchir encore de multiples caps et soulever des interrogations tout aussi légitimes que leurs ambitions. Bref, on en revient toujours au même point. Pour tous, c'est un "oui, mais", plus qu'un "grand oui".
Il faudra pourtant bien que quelqu'un se dévoue. Qu'il n'y ait pas un favori clairement identifié de façon incontestable sur la ligne de départ n'empêchera pas de dévoiler, in fine, un vainqueur. Tous ceux listés ici semblent à la fois des triomphateurs possibles ET des candidats aux qualités lestées de défauts conjoncturels ou plus structurels. C'est sans doute cela qui rend cet US Open intéressant et même intrigant.
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