US Open 2026 | "Je ne me suis jamais senti aussi prêt" : Arthur Fils face au vrai révélateur à Flushing Meadows
Par Laurent Vergne
Publié 31/08/2026 à 00:46 GMT+2
On parle beaucoup d'Arthur Fils à New York. Il faut dire que le jeune Français vient de frapper fort en enlevant l'ultime Masters 1000 préparatoire, à Cincinnati. Suffisant pour en faire un prétendant à la couronne américaine ? Peut-être, sauf qu'il n'a encore jamais brillé ni même existé dans un tournoi du Grand Chelem. Il se sent de taille pour cet US Open. Mais est-ce déjà l'heure pour lui ?
"Quand tu gagnes un Masters 1000, on ne te regarde plus de la même manière"
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Tout le monde le désigne comme un des joueurs susceptibles de remporter le titre, ici, à l'US Open. Y compris des grands noms, comme John McEnroe ou Mats Wilander. Personne ne le désigne comme l'homme à battre, le grand favori ou le futur vainqueur à coup sûr, mais il est là, sur la liste, celle des joueurs capables d'aller au bout. Voilà ce qu'est déjà devenu Arthur Fils. Le fruit d'une saison extrêmement solide, qui fait de lui un virtuel qualifié pour le Masters de fin d'année puisqu'il occupe la 5e place à la Race. Puis il y a ce titre à Cincinnati, son premier Masters 1000. À point nommé pour marquer les esprits avant la bataille de New York.
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Un tel statut relève à la fois de l'évidence et de l'anormalité. Il est perçu comme un client au vu de ses résultats récents, de l'impression laissée et des armes qui peuplent son jeu et ce n'est pas illégitime. "Arthur Fils évolue à un niveau exceptionnel, juge Mats Wilander, très élogieux. Le jeu évolue constamment, et à mes yeux, Arthur Fils fait indéniablement partie de ces joueurs qui propulsent la discipline vers un niveau supérieur. Il me rappelle les joueurs des années 80 : il interagit avec le public, s'engage totalement dans chaque frappe... Je ne crois pas que Sinner et Alcaraz aient déjà affronté un joueur qui aime autant la victoire qu'Arthur Fils."
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Un grand défi tennistique et physique : Fils face à lui-même
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Je dois donc trouver mes marques, trouver mon rythme en Grand Chelem
Plus que cette statistique sympathique, mais presque trop grande pour lui, à savoir que les trois derniers lauréats de Cincinnati (Djokovic en 2023, Sinner en 2024 et Alcaraz en 2025) ont conquis l'US Open dans la foulée, c'est cette forme de force tranquille qui se dégage du Français qui incite à le considérer comme un joueur d'ores et déjà capable de briguer un rôle majeur en Grand Chelem. Parce qu'il allie un potentiel effarant à un niveau plancher désormais très élevé.
C'est d'ailleurs sur ce dernier point sur le principal intéressé souhaite insister. Aussi incroyable que cela puisse sembler, à Cincinnati, Fils n'a pas toujours produit un tennis d'exception. "C'était juste... comment dire... un niveau moyen, pointe-t-il. Même si je ne n'ai pas joué pas de façon incroyable, je suis tout de même parvenu à me créer des occasions et à les concrétiser quand il fallait. C'est ça qui a été le plus important à Cincinnati." À l'image de sa finale contre Frances Tiafoe. Il n'a pas nécessairement besoin de marcher sur l'eau pour gagner.
Dans le même temps, n'est-il pas exagéré, voire absurde, d'envisager Arthur Fils sur une "short list" de prétendants au titre à Flushing Meadows, alors que son bilan en Grand Chelem est encore proche du néant, avec une petite apparition en huitièmes de finale (pour une défaite), à Wimbledon, il y a deux ans ? Il y a des raisons à la faiblesse de son CV majuscule. Sa jeunesse, d'abord. Après tout, il n'a encore que 22 ans. Puis son corps l'a beaucoup freiné depuis ses débuts sur le circuit. "Je n'ai joué que deux tournois du Grand Chelem ces deux dernières années, a-t-il rappelé samedi. Je dois donc trouver mes marques, trouver mon rythme en Grand Chelem. Il me reste encore dix ans de tennis devant moi, donc je pense que je finirai par y arriver."
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Fils n'a pas tremblé même quand il a tangué : Le résumé
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Le Grand Chelem, ce sport différent
Il n'y a objectivement aucune raison pour qu'Arthur Fils ne devienne pas aussi performant en Grand Chelem qu'ailleurs. Il a raison, il finira par y arriver. Mais dans les faits, il doit encore passer ce cap-là. Or rien de ce qu'il a pu montrer jusqu'ici sur le circuit n'est comparable à ce qui l'attend sur deux semaines et en trois sets gagnants. Lui-même en convient. "C'est sûr que c'est la première fois que j'arrive sur un tournoi du Grand Chelem avec un titre, dans une dynamique aussi positive, mais le Grand Chelem, c'est complètement différent. C'est un sport différent", dit-il, reprenant la formule souvent utilisée par un Novak Djokovic.
La question n'est pas tant de savoir s'il pourra s'exprimer dans ce contexte au cours de sa carrière, sauf à imaginer que son corps l'en empêche constamment, mais s'il peut le faire dès maintenant, lors de cet US Open. "Je ne me suis jamais senti aussi prêt", assène-t-il, confiant. En quoi New York pourrait-il être différent de Londres, où il avait calé dès le deuxième tour alors que, déjà, il se voulait confiant ? "Bien sûr, j'avais beaucoup travaillé avant Wimbledon, mais c'était dur. Je n'ai pas réussi à trouver de rythme. Là, j'arrive ici avec la dynamique de Cincinnati et avec tout le travail qu'on a fait cette semaine, donc maintenant c'est juste le moment de profiter et de prendre du plaisir".
Le voilà en tout cas face au vrai révélateur et, quand on nourrit les ambitions de grandeur qui sont les siennes, le seul. Dans ce tennis moderne où le format en trois sets gagnants a disparu de partout sauf des quatre plus importants tournois du calendrier, ceux-ci se sont encore plus isolés du reste. Il y a le Grand Chelem et, loin derrière, tous les autres. C'est là, désormais, et nulle part ailleurs, qu'Arthur Fils sera attendu. Il n'a évidemment aucune obligation de victoire, mais au moins celle de faire un pas en avant. De décoller.
Or, il fait tout de même face à un tableau carabiné, avec la perspective d'un enchaînement Jiri Lehecka – Ben Shelton – Carlos Alcaraz à partir du troisième tour. Même Stefanos Tsitsipas, son premier adversaire, n'est pas un cadeau pour une entrée en matière. Le Grec est loin de ce qu'il fut, mais son pedigree reste là. Mais en Grand Chelem, on ne choisit pas. On prend ce qu'on trouve sur son chemin et on assume. C'est aussi cela, le propre des ambitieux.
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