US Open 2026 | Puisque la malédiction du tenant du titre continue, à qui le tour maintenant ?
Par Laurent Vergne
Publié 10/09/2026 à 10:43 GMT+2
Nous connaissons désormais le plateau des demi-finales de l'US Open. Alexander Zverev, Karen Khachanov, Frances Tiafoe et Ben Shelton sont les derniers prétendants au titre. Nous aurons donc un nouveau vainqueur, ce qui est tout sauf un tremblement de terre, pas plus que l'incapacité de Carlos Alcaraz, le tenant du titre, à conserver son bien. C'est presque devenu impossible ici.
Parole à la défense : le Top 5 points de mercredi
Video credit: Eurosport
C'est peut-être la statistique la plus incroyable du tennis masculin. Elle vous donne envie de croire à la force des malédictions, même si vous êtes réfractaires à ce type de croyance. Clairement, à l'US Open, il ne fait pas bon être tenant du titre. Si on ne peut savoir jusqu'à la finale qui soulèvera le trophée, on peut déjà être certain de qui ne le ramènera pas à la maison et ce… un an avant. Le meilleur moyen de ne pas s'imposer à Flushing Meadows, c'est encore d'y avoir triomphé l'année précédente.
2026 va marquer la 18e année consécutive de la malédiction new-yorkaise. Roger Federer reste donc le dernier joueur à avoir conservé son titre ici. Il avait même signé un fantastique quintuplé historique, de 2004 à 2008. En 2009, le Suisse était ensuite passé à deux points d'un sixième sacre, mais avait buté sur Juan Martin Del Potro. Plus personne n'a donc réussi à doubler la mise depuis. Certains, comme Novak Djokovic, Rafael Nadal ou… Carlos Alcaraz, ont bien multiplié les victoires, mais jamais deux années de suite. Voici cette incroyable liste :
2008 : Roger Federer
2009 : Juan Martin del Potro
2010 : Rafael Nadal
2011 : Novak Djokovic
2012 : Andy Murray
2013 : Rafael Nadal
2014 : Marin Cilic
2015 : Novak Djokovic
2016 : Stan Wawrinka
2017 : Rafael Nadal
2018 : Novak Djokovic
2019 : Rafael Nadal
2020 : Dominic Thiem
2021 : Daniil Medvedev
2022 : Carlos Alcaraz
2023 : Novak Djokovic
2024 : Jannik Sinner
2025 : Carlos Alcaraz
2026 : ?
2009 : Juan Martin del Potro
2010 : Rafael Nadal
2011 : Novak Djokovic
2012 : Andy Murray
2013 : Rafael Nadal
2014 : Marin Cilic
2015 : Novak Djokovic
2016 : Stan Wawrinka
2017 : Rafael Nadal
2018 : Novak Djokovic
2019 : Rafael Nadal
2020 : Dominic Thiem
2021 : Daniil Medvedev
2022 : Carlos Alcaraz
2023 : Novak Djokovic
2024 : Jannik Sinner
2025 : Carlos Alcaraz
2026 : ?
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/09/image-b9d3cf62-8dea-4a82-96a8-ea98d40abecc-85-2560-1440.jpeg)
Des coups de dingue jusqu'au bout de la nuit, le top 5 de mardi en vidéo
Video credit: Eurosport
Ironiquement, dans les années 80 et 90, aucun autre tournoi du Grand Chelem n'était pourtant plus généreux envers son vainqueur sortant. Pendant 20 ans, le tenant était souvent celui qui l'emportait l'année suivante à New York. John McEnroe (de 1979 à 1981) et Ivan Lendl (de 1985 à 1987) avaient même signé des triplés, Jimmy Connors (1982-83), Stefan Edberg (1991-92), Pete Sampras (1995-96) et Patrick Rafter (1997-98) des doublés. Mais depuis le début du XXIe siècle, Roger Federer aura été une exception. Presque une anomalie.
Trois cercles très fermés et un tournoi en mode "Open bar"
Sur la même période, les trois autres Majeurs se sont avérés hermétiques à toute malédiction de ce genre. Jannik Sinner, rappelons-le, vient même de remporter deux fois coup sur coup Wimbledon, en 2025 et 2026. Carlos Alcaraz en avait fait de même juste avant lui (2023 et 2024) et Novak Djokovic avait aligné quatre victoires avant cela. Le même Djokovic a bien évidemment multiplié les succès consécutifs en Australie, et il n'a pas été le seul, Roger Federer en a fait de même à plusieurs reprises dans les années 2000 et 2010 et Sinner l'a également accompli tout récemment. Quant à Roland-Garros, inutile de faire un dessin et de rappeler l'historique mainmise terrienne de Rafael Nadal.
Alors, pourquoi cette exception new-yorkaise et pourquoi dure-t-elle depuis si longtemps ? Quand une série s'étire sur quasiment deux décennies, impossible de plaider le hasard. Écartons donc cet "argument". Le positionnement dans le calendrier joue à coup sûr un rôle important, en fin de saison, à l'issue d'une période estivale éprouvante, alors que certains joueurs sont aux prises avec des blessures. Même les plus dominants du circuit débarquent parfois ici avec des soucis plus ou moins prononcés.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/10/image-0882b787-57f5-48c3-93e7-499960989a62-85-2560-1440.jpeg)
Zverev garde le rythme des trois sets face à Van de Zandschulp : les temps forts de son quart
Video credit: Eurosport
"C'est assez surréaliste d'avoir réussi cet enchaînement, car j'ai toujours su à quel point il est difficile de gagner ici, témoignait d'ailleurs Roger Federer voici deux semaines à propos de son quintuplé américain. C'est le dernier tournoi du Grand Chelem de la saison, tout le monde le convoite, tout le monde est à l'aise sur dur... et avec l'humidité, le vent, et sans doute aussi les évolutions du site au fil des ans, c'est une épreuve vraiment difficile. Avec le recul, je trouve ça incroyable d'avoir réussi ça." L'anomalie se nichait peut-être là, dans ce quinquennat d'exception, plus que dans ce qui se produit depuis.
Pour toutes les raisons avancées par l'ancien maestro de Bâle, l'US Open est devenu tout à la fois le Grand Chelem le plus étonnant, le moins lisible, et le plus ouvert. Dimanche, il accouchera d'un 12e vainqueur différent depuis 2008. La comparaison avec les autres Majeurs est sidérante. Dans le même temps, Roland-Garros et Wimbledon n'ont sacré que six joueurs différents, et l'Open d'Australie seulement cinq. Bilan, trois cercles très fermés et un tournoi en mode "Open bar". Il reste donc à découvrir l'identité du nouveau venu au palmarès. Dans la bande des quatre des demi-finales, Alexander Zverev est non seulement le seul ancien vainqueur en Grand Chelem, mais aussi le seul à avoir goûté à une finale. C'est dire s'il fait office de favori. Mais chacun aura compris la fragilité d'un tel statut ici...
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/09/image-70cb0cc2-c8ec-423e-a53c-db869018d3f5-85-2560-1440.jpeg)
L'exploit au bout de la nuit ! La balle de match de Shelton en vidéo
Video credit: Eurosport
Publicité
Publicité