US Open 2026 - Rafael Jodar, là où tout a commencé, là où tout peut (encore) s'accélérer
Par Arthur Merle
Publié 01/09/2026 à 00:21 GMT+2
Très convaincant depuis le début de la tournée nord-américaine, Rafael Jodar poursuit son ascension spectaculaire pour sa première saison sur le circuit ATP. Vainqueur de l’US Open Juniors il y a deux ans, le Madrilène va découvrir, cette fois chez les grands, le Majeur new-yorkais face à Thanasi Kokkinakis mardi. Avec en vue, déjà, le top 10 mondial…
"À ce rythme-là, il sera aux Masters !" Le phénomène Jodar est bien en route
Video credit: Eurosport
"En début de saison, si on m’avait dit que je serais dans cette position, j’aurais probablement été très heureux". Ecoutez Rafael Jodar en conférence de presse, et vous reviendrez rarement avec une phrase choc. Mais observez sa progression et vous en aurez, des sensations. Car "cette position", c'est celle d'un gamin de 19 ans qui ne comptait pas un match sur le circuit ATP en début d'année mais qui va découvrir, mardi, le tableau principal du dernier Grand Chelem qui lui est "inconnu", entre gros guillemets. Celui d'un US Open dont il remportait le tournoi juniors il y a deux ans.
"J'ai de très bons souvenirs de cette semaine", expliquait-il sans grande surprise avant le début de la quinzaine. C'est à New York que tout avait commencé à vraiment changer pour lui. Aux Etats-Unis qu'il avait ensuite peaufiné ses aptitudes sur dur en s'imposant comme le deuxième joueur universitaire dès sa première saison. Et donc à Flushing Meadows qu'il arrive lancé comme une balle pour confirmer son ascension fulgurante des sept derniers mois.
Car si le clin d'œil sur deux ans a de l'allure, son année 2026 est tout bonnement phénoménale. Ses débuts dans le grand bain, Jodar les avait faits à l'Open d'Australie, où il avait franchi le 1er tour après être sorti des qualifications. La suite fut d'une densité rare pour un joueur de cet âge, tant en quantité qu'en qualité. Avant cet US Open, le Madrilène était cinquième au nombre de matches disputés sur le circuit ATP en 2026 (50), tout en détenant le cinquième meilleur pourcentage de victoires (72%). Son bilan après ses 50 premiers matches sur le circuit (36 victoires) est par ailleurs le co-record dans l'ère Open, et meilleur que Carlos Alcaraz et Rafael Nadal (31), Jannik Sinner (30), Roger Federer et Novak Djokovic (27), au hasard.
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Très positif d'avoir autant joué
Le quart de finaliste à Roland-Garros, éliminé au 3e tour de Wimbledon, a disputé six des sept premiers Masters 1000 de la saison, avec des quarts de finale à Madrid et Rome, et surtout une demi-finale à Montréal, point d'orgue d'un été très prolifique sur dur. Alors que personne n'a joué plus que lui depuis le début de la tournée nord-américaine, Jodar a enchaîné une finale à Washington, une demie au Canada donc, mais aussi un 3e tour à Cincinnati, où il est passé à deux points du match face à Flavio Cobolli.
"Le fait d’avoir disputé autant de matches et affronté des adversaires très différents m’a beaucoup aidé à trouver du rythme en compétition et à améliorer mon jeu, expliquait-il avant son entrée en lice. Me mettre à l’épreuve en affrontant de grands joueurs presque chaque semaine, tout en restant mentalement dans le rythme des tournois, est très important. Je pense qu’il est très positif, pour un joueur comme moi, d’avoir autant joué. C’est un bon signe et cela me permet d’arriver avec confiance".
De continuer de peaufiner un jeu qui doit évidemment l'être, aussi. Même s'il est en avance sur les temps de passage que l'on pouvait imaginer. "Je trouve que l’ascension de Jodar a été assez incroyable, félicitait Roger Federer devant la presse en fin de semaine. Je n’aurais pas imaginé le voir atteindre ce niveau il y a encore quelques mois, et je pense que personne ne s’y attendait vraiment. La manière dont il parvient à maintenir ce niveau de jeu est impressionnante".
Hors du top 300 en 2025, 13e joueur mondial désormais, Jodar aborde cet US Open gonflé à bloc et peut même ambitionner d'intégrer le top 10 à l'issue du tournoi et de participer aux Masters en fin de saison. Il faudra d'abord battre Thanasi Kokkinakis, mardi, pour ses grands débuts. Avec ambition, oui, mais prudence. "Il faut comprendre que, pour moi, tout cela est nouveau et que les conditions seront différentes", prévenait-il. Son humilité ne l'a pas quitté. Sa faim de compétition non plus. On ne sait pas encore où cela le mènera, et on n'écartera pas l'hypothèse d'une surchauffe physique ou mentale, vu son rythme. Mais on se gardera bien de lui mettre des limites.
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