US Open 2026 | S'il n'en reste que deux… Benjamin Bonzi – Arthur Gea, l'improbable doublette

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Certains ont déçu. Pas eux. Ils figureraient plutôt dans la catégorie "divine surprise". Benjamin Bonzi et Arthur Gea sont les deux derniers rescapés français en simple dans cet US Open 2026. Clairement pas ceux que l'on attendait le plus. Samedi, ils vont tenter de se hisser en huitièmes de finale. Et ils ont réellement l'un et l'autre un sacré coup à jouer.

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S'il n'en reste que deux, ce seront donc eux. Si, il y a huit jours, vous avez parié toutes vos économies sur le fait qu'Arthur Gea et Benjamin Bonzi incarneraient les deux dernières chances françaises à l'US Open en se qualifiant ensemble pour le troisième tour quand le reste de la patrie serait déjà dans l'avion, nous vous adressons un grand bravo. Vous êtes visionnaire et sans doute très riche à présent. C'était improbable, mais c'est aujourd'hui une réalité. Samedi, ils affronteront respectivement Michael Zheng et Karen Khachanov pour briguer la seconde semaine, ce qui serait une grande première pour eux.
Au moment du tirage au sort, le tennis tricolore comptait surtout sur Arthur Fils, tout juste auréolé du premier titre d'un Bleu en Masters 1000 depuis 12 ans. L'effondrement dès le premier tour du futur membre du Top 10 a sévèrement douché l'enthousiasme collectif. Comme Ugo Humbert, blessé, a dû renoncer sur blessure avant même que les hostilités ne s'enclenchent, c'est peu dire que la France a été lâchée par ses principaux leaders. Le dernier d'entre eux, Arthur Rinderknech, a lui rendu les armes ce vendredi, s'éclipsant face à un Daniil Medvedev revigoré et trop fort pour lui.
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J'ai vu que Jodar s'était fait défoncer, ça m'arrange
Il aura donc fallu compter sur deux invités pour qui le qualificatif "surprise" n'aura jamais été aussi adéquat. Parce que l'un, Benjamin Bonzi, avait fini par sortir du Top 100 cet été, quand l'autre, Arthur Gea, n'aurait même pas dû jouer cet US Open. Une sacrée histoire, que celle du Vauclusien. Gea aura vraiment tout connu lors de cette tournée estivale sur dur. Son premier titre sur le grand circuit, à Los Cabos, la frustration de ne pas bénéficier de la wild-card française pour l'US Open, offerte à Gaël Monfils pour ses adieux, et enfin un scénario improbable pour se frayer un chemin jusqu'au grand tableau de Flushing, en tant que lucky loser.
Sèchement battu en qualifications par l'Américain Nishesh Basavareddy (163e mondial), Arthur Gea aurait dû s'arrêter là. Mais le forfait de dernière minute de Casper Ruud l'a sauvé des eaux de l'East River. Une semaine plus tard, le voici donc en 16es de finale. Un coup de pouce du destin qu'il a su faire fructifier. Sa baraka new-yorkaise ne s'est pas arrêtée là puisque son tableau s'est ouvert dans des proportions incroyables. "Quand j'ai su que j'allais remplacer Casper, je savais qu'il y avait des joueurs à ma portée dans cette partie de tableau, explique-t-il. J'attendais de jouer (Rafael) Jodar au troisième. J'ai vu qu'il s'était fait défoncer, ça m'arrange".
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Improbable pour improbable, c'est donc quasiment une affiche de qualifs qu'il s'apprête à jouer samedi, contre Michael Zheng, lui aussi classé au-delà du Top 100 et bénéficiaire d'une wild-card. Une sorte de Basavareddy bis. À 21 ans, une opportunité en or pour le Provençal, qui aura été la grande révélation française de la saison. Beaucoup l'avaient découvert en début d'année en Australie où, sorti des qualifications (déjà), il avait franchi un tour à Melbourne avant de coincer physiquement contre Stan Wawrinka dans un match qu'il avait d'abord dominé. "En Australie, j'étais à bout de souffle, j'avais enchaîné sept-huit matches", rappelle-t-il, entre son titre au Challenger de Nouméa, les trois tours de qualification pour l'Open d'Australie et ses deux matches dans le tableau final.

Une chance immense, peut-être unique

Benjamin Bonzi, lui, est une figure connue depuis bien plus longtemps, et pour cause, il vient d'entrer dans la trentaine. Entre hauts et bas, il s'est hissé jusque dans le Top 50 en 2023, avant de faire le yoyo. Ces temps-ci, il était plutôt à marée basse. Mais il aime New York. C'est la troisième fois en quatre ans, après 2023 et 2025, qu'il parvient à se hisser au troisième tour de l'US Open. Un stade de la compétition où il a toujours buté en Grand Chelem. À Flushing Meadows, donc, mais aussi à Melbourne, également à deux reprises, également en 2023 et 2025.
Le Nîmois veut cette fois franchir le cap. Jeudi, il a pris sa revanche sur celui qui l'avait stoppé en demi-finale à Winston Salem quelques jours plus tôt, Ignacio Buse. Le Péruvien, qui avait dans la foulée décroché son premier titre, était rincé. "Il était un peu moins bien, confirme Bonzi. Il avait peut-être moins d'énergie mentale à donner sur le terrain. Il était vite frustré sur le début quand je mettais des coups gagnants. Ça m'a donné confiance." C'est ensuite Félix Auger-Aliassime, numéro 4 mondial, qui aurait dû l'attendre, mais le Canadien s'est complètement éteint physiquement lui aussi. Voici donc Karen Khachanov. Un nom, un costaud, mais un joueur un peu sur le retour.
"Il n'est pas sur sa meilleure saison", veut croire Bonzi. Il n'a pas tort. Le Russe était 50e mondial en arrivant à Flushing Meadows. Son plus mauvais classement depuis le printemps… 2017. "Il sort de deux belles victoires et il rejoue très bien, mais moi, je me sens bien aussi. J'ai comme objectif d'aller plus loin", promet le Gardois. Comme Arthur Gea, il a un vrai bon coup à jouer. Il n'y a rien de facile pour personne dans un 16e de finale de Grand Chelem, mais face à eux, ne se dresse ni Carlos Alcaraz ni un Jannik Sinner qui aurait pété les flammes. C'est une chance immense. Peut-être unique. Et la France compte sur eux.
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Bonzi tient sa revanche contre Buse

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