US Open 2026 | Simple messieurs | A New York, l'Amérique rêve d'être "great again"
Par Laurent Vergne
Publié 02/09/2026 à 00:26 GMT+2
Vingt-trois ans après la victoire d'Andy Roddick à l'US Open, le tennis américain n'a plus connu la victoire, ni à domicile ni dans un autre tournoi du Grand Chelem. Mais après être revenue en force ces dernières années, il croit à nouveau la victoire possible et compte pour cela sur ses multiples armes et un contexte global potentiellement favorable. Alors, est-ce la fin de la disette ?
Le tennis américain rêve de trouver un successeur à Andy Roddick.
Crédit: Quentin Guichard
Ils se sont prêtés au jeu pour l'ATP dans un format diffusé sur les réseaux sociaux de cette dernière, avec la question suivante : qui va remporter l'US Open chez les hommes ? Deux joueurs ont cité... leur propre nom. Taylor Fritz et Frances Tiafoe. "Il est temps de commencer à y croire, a justifié ce dernier. J'ai flirté avec par le passé (en 2022, surtout, NDLR), donc je crois en moi." Est-ce que cette édition 2026 peut être la bonne ? Celle de la fin d'une historique et inédite traversée du désert pour le tennis masculin aux États-Unis ? Le dernier titre reste celui d'Andy Roddick, ici-même, en 2003. Vingt-trois ans. Mais aujourd'hui, l'Amérique veut y croire.
Sur la ligne de départ, ils sont en force, c'est vrai. Ben Shelton, 9e mondial. Taylor Fritz, 10e. Frances Tiafoe 12. Learner Tien 15. Brandon Nakashima 17. Tommy Paul 21. À un cran près, six Américains figureraient donc dans le Top 20. Aucune autre nation ne fait mieux. Pas même l'Italie et la France, les deux autres pays représentés en abondance chez les hommes dans le Top 100. Le sixième Italien ? Matteo Berrettini, 43e. Le sixième Bleu ? Corentin Moutet, 62e. Les États-Unis affichent une densité au sommet, ou plus précisément à proximité de celui-ci, que personne ne peut leur contester.
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Retard à l'allumage mais qualification assurée pour Shelton face à Griekspoor
Video credit: Eurosport
Mieux vaudrait un seul Alcaraz que six Fritz
"Le tennis américain est sans aucun doute dans la meilleure situation qu'il ait connue depuis très longtemps", juge Brad Stine, l'ancien entraîneur de Jim Courier dans les années 90, dans un entretien accordé à Eurosport. D'autant que la bande des six est encore jeune. Tommy Paul et Taylor Fritz, les ainés, sont de la génération 1997. Frances Tiafoe est de 1998. Quant à Tien, Shelton ou Nakashima, ils sont dans la première partie de leur carrière.
Il en pousse de partout et ce n'est peut-être pas terminé, à en croire Brad Stine, très optimiste : "Il y a aussi Jordan Lee, vainqueur de Wimbledon Juniors qui a remporté son match de qualification du premier tour de l'US, à 16 ans. Pareil pour Michael Antonius, 16 ans également. Dans ce groupe, ils se complètent très bien. Ils se disent tous : 'Je vois ce joueur réussir, je peux réussir moi aussi'. Et c'est très sain. Je pense qu'il règne un esprit de camaraderie et de compétition entre tous les joueurs américains. (…) Ils travaillent sans relâche sur tous les plans : mental, technique, tactique, avec leurs entraîneurs, pour rester compétitifs. Et cela a été extrêmement bénéfique."
Cette force quantitative est porteuse d'espoir, mais ce dont rêve la raquette de l'Oncle Sam, ce n'est pas de chiffres, mais d'un titre. Il lui faut de la grandeur. Tant que les Américains n'auront pas recommencé à gagner des titres du Grand Chelem, le tennis ne redécollera pas pleinement de l'autre côté de l'Atlantique. Le succès est à ce prix. Il leur faut un porte-étendard. Une star. Le pendant masculin de Serena Williams. Pour schématiser, mieux vaudrait un seul Carlos Alcaraz ou un Jannik Sinner que six Taylor Fritz.
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Un mental d'acier : comment Tiafoe a écoeuré Nakashima
Video credit: Eurosport
Roddick : "Je pense qu'il y a une vraie chance, oui"
Mais à défaut de posséder LE crack absolu capable de dominer le monde, les États-Unis sont tout de même convaincus de tenir dès aujourd'hui un possible vainqueur de Grand Chelem. Dès ce mois de septembre 2026 ? Pour certains, le contexte booste leurs chances. Jannik Sinner n'est pas là, Novak Djokovic a disparu d'entrée, Carlos Alcaraz sera (peut-être) un peu plus abordable après quatre mois sans compétition. "Les Américains ont cinq ou six joueurs parmi les possibles candidats au titre, veut ainsi croire John McEnroe. Il y a un niveau d'incertitude dans ce tournoi qui rend la porte ouverte pour beaucoup de joueurs." Dont les meilleurs Yankees.
"Peut-être qu'un Américain peut gagner, oui, s'aventure aussi Mats Wilander. C'est une vraie possibilité cette année. J'adorerais revoir Taylor Fritz en finale. Ben Shelton ? Pourquoi pas. Nous avons besoin d'un vainqueur américain, maintenant que les meilleurs ne sont pas forcément au sommet de leur forme." Et qu'en pense Andy Roddick, l'homme qui guette un successeur depuis maintenant près d'un quart de siècle ? "Je pense qu'il y a une vraie chance, oui", a-t-il déclaré avant le coup d'envoi de ce tournoi.
Toutefois, ce n'est pas à six que les Américains triompheront. Un seul suffit, mais lequel peut sortir du lot et passer du bon au grand ? "Je dirais que Shelton est capable de battre n'importe qui dans un bon jour, Tiafoe possède probablement la plus grande marge de progression, Tien est déjà dans la course, mais Taylor Fritz a cette particularité : même lorsqu'il joue mal, il reste à un niveau très élevé. C'est là qu'il se distingue des autres. Il ne vous offrira pas le match sur un plateau, il se battra jusqu'au bout. Et s'il joue bien, il dispose de tout un arsenal d'armes. Pour moi, c'est donc Taylor Fritz qui se démarque", tranche Mats Wilander.
Le club des six a déjà fait un (tout petit) pas en avant. Chacun de ses membres a passé le premier tour. Mais l'un d'eux va devoir afficher un visage qu'il n'a encore jamais montré. Tommy Paul, s'il survit jusque-là, devrait croiser Carlos Alcaraz en huitièmes de finale. Ben Shelton a rendez-vous avec lui en quarts. Frances Tiafoe et/ou Brandon Nakashima en demie. Taylor Fritz et Learner Tien, eux, sont en haut du tableau. Mais comme le rappelle avec justesse "Big Foe", personne n'est à l'abri contre qui que ce soit : "Si je suis honnête, ces derniers temps, en Grand Chelem, je n'ai pas perdu contre Alcaraz, Sinner ou Zverev. Je ne vois pas plus loin que le prochain gars qui est devant moi." Mais ça ne l'empêche pas d'y croire dur comme fer. Ça ne coûte pas cher et, en prime, c'est indispensable.
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