US Open 2026 | Simple messieurs – Carlos Alcaraz, un come-back "anormalement" magistral : "On ne l'attendait pas aussi bon, aussi vite"
Par Rémi Bourrieres
Publié 07/09/2026 à 23:23 GMT+2
Il est revenu comme s'il n'était jamais parti. Carlos Alcaraz, qui jouera un match pop-corn face au numéro 1 américain Ben Shelton ce mardi en quart de finale de l'US Open, fascine l'ensemble des observateurs par sa faculté à avoir retrouvé son meilleur niveau pour son premier tournoi après plus de quatre mois d'absence. C'est d'ailleurs assez simple à résumer : on n'avait jamais vu ça.
Alcaraz ne veut plus payer l’addition
Video credit: Eurosport
Depuis qu'il a déboulé sur le circuit comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, au début de la présente décennie, Carlos Alcaraz a pris l'habitude de bousculer les croyances établies et les codes de son sport. Mais là, quand même, c'est à se demander s'il n'est pas en train de pousser le bouchon encore plus loin. Après quatre mois et demi d'absence pour soigner une blessure au poignet dont beaucoup se demandaient, il y a encore quelques jours, si elle ne constituait pas une menace pour la suite de sa carrière, l'Espagnol est revenu tel un ouragan pour se hisser en quarts de finale de l'US Open, où l'attend un blockbuster absolu face au numéro 1 américain Ben Shelton, ce mardi.
Pour chipoter, on a pu dire ici ou là, au fil de sa première semaine, que son niveau avait été un tantinet fluctuant. Et encore… Mais dimanche, face à Tommy Paul qui semblait, sur le papier, représenter son premier vrai test du tournoi, il n'y a eu absolument rien à jeter : le tenant du titre, auteur de 33 coups gagnants, a été stratosphérique pour rejoindre les quarts de finale pour la cinquième fois en six participations à New York. Avec, au passage, un nouveau record de pourcentage de victoires dans le Grand Chelem new-yorkais, désormais porté à 93 %.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/06/image-9cfd89b9-e846-4036-baea-5a5e20cbf350-85-2560-1440.jpeg)
Alcaraz a saoulé Paul de coups : le résumé
Video credit: Eurosport
On ne connaît pas encore la fin du film de cet US Open, et on ne peut pas garantir que Carlos Alcaraz ne va pas, à un moment ou à un autre, être rattrapé par son manque de compétition. Mais on a quand même une petite idée : a priori, il semble bien que non. Le Murcien, qui a lui-même lâché avoir l'impression d'être de retour à son meilleur niveau après sa démonstration face à Paul, ébahit tous les observateurs par la vitesse à laquelle il a recouvré l'ensemble de ses facultés après un aussi long tunnel sans jouer.
"Il revient après quatre mois sans jouer et c'est ça, son niveau moyen ? C'est effrayant de voir ça, lâchait, admirative, l'ancienne joueuse britannique Johanna Konta, consultante d'Eurosport, dans l'émission Courtside. Hormis sa vitesse au service qui est un peu moins élevée que d'habitude, pour le reste, on a le sentiment qu'il est revenu en reprenant son tennis exactement là où il l'avait laissé. Il frappe la balle mieux que jamais, il n'a aucune baisse de concentration… La vitesse à laquelle il est capable de retrouver son jeu, pour moi, c'est incroyable."
Ça confirme qu'il a une réserve de talent unique. Il est tout simplement beaucoup plus fort que tout le monde.
« Franchement, je suis impressionné, renchérissait à ses côtés Mats Wilander, qui en a pourtant vu d'autres. Si vous m'aviez dit qu'il allait jouer comme ça après quatre mois d'absence, je vous aurais répondu : 'Non, ce n'est pas possible.' On ne l'attendait pas aussi bon, aussi vite. Ça confirme qu'il a une réserve de talent unique. Il est tout simplement beaucoup plus fort que tout le monde, surtout en l'absence de Jannik Sinner. En fait, il doit se sentir un peu dans la peau de Roger Federer dans ses grandes années face aux Lleyton Hewitt, Marat Safin ou Andy Roddick. Ces gars-là savaient qu'ils ne pouvaient pas le battre, tout simplement parce qu'il était trop bon. Carlos, c'est pareil. Il fait tout mieux et plus vite. Quand il joue son meilleur tennis, on ne peut juste pas le battre. »
D'accord, mais tout de même. Le Murcien tient là un angle assez inédit dans la manière conventionnelle de narrer le tennis. À quel moment, après quatre mois de frigo, est-on capable de jouer aussi bien, voire mieux qu'avant, quand on nous explique depuis toujours que le tennis est une affaire de patience, de repères et de confiance à bâtir pierre après pierre ? Et le voilà qui arrive pour déboulonner ces idées reçues sans le moindre complexe pour nous faire vaciller sur nos certitudes. Si ce n'était lui et cette incomparable façon de transpirer la joie de jouer, c'en serait presque malaisant.
Quelle que soit la suite de son aventure new-yorkaise, il est d'ailleurs possible qu'il y ait un avant et un après "Alcaraz 2026". On saura, désormais, qu'il est possible de s'absenter longuement du circuit et de revenir comme si de rien n'était, comme on prend une interminable pause dej' au bureau et que l'on revient à pas feutrés en reprenant tout de suite par les dossiers brûlants, sans même s'accorder un café. D'accord, l'histoire de ce sport est emplie de come-backs magistraux. Des Roger Federer ou des Rafael Nadal pourraient en parler. Et pourquoi pas aussi un Arthur Fils, dont on a salué plusieurs fois la capacité à recouvrer très vite ses moyens après une blessure. Mais Alcaraz, là, c'est un autre niveau.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2026/09/03/image-2ae2d0fe-ba8e-43ff-a920-86dc0c31ab07-85-2560-1440.jpeg)
"Ils nous obligent à jouer" : Alcaraz tire la sonnette d'alarme sur le calendrier
Video credit: Eurosport
Bien sûr, le désormais numéro 3 mondial, dans son malheur, a eu de la chance : sa blessure, qui concerne la partie supérieure de son corps, lui a autorisé à peaufiner sa préparation physique pendant son absence. Et cela se voit à Flushing Meadows, où il paraît plus rapide que jamais. Bien sûr, il bénéficie aussi de l'atout fraîcheur, indispensable dans le Majeur américain souvent considéré comme le plus éprouvant, tant au niveau des conditions météo que du contexte et du positionnement dans le calendrier. Cela se voit aussi dans sa manière de croquer les matches avec un grand sourire, là où la plupart de ses pairs tirent la langue, quand ils ne sont pas déjà dans l'avion.
Mais bon, quand même. Sa prestation ici demeure assez hors normes et c'est d'ailleurs peut-être Ben Shelton, son futur adversaire, qui résume le mieux sa situation : "Pour moi, il a l'air parfaitement normal. Je veux dire, normal pour lui." Sauf qu'être "normal" dans ce contexte, ça n'est pas normal. C'est même paranormal. Mais c'est finalement le mot qui résume le mieux Carlos Alcaraz.
Sur le même sujet
Plus de détails
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/geo/country/flag/large/2209.png)
/images.sports.gracenote.com/images/lib/basic/geo/country/flag/large/2203.png)
65
6
6
1
710
77
1
3
6
67
Commenté
Publicité
Publicité