US Open 2026 | Trois finales en onze ans, trois finales en trois mois : Alexander Zverev a changé de braquet

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Alexander Zverev aura été le meilleur joueur du monde en Grand Chelem en 2026. Qui l'eut cru, après deux précédentes campagnes totalement phagocytées par Carlos Alcaraz et Jannik Sinner ? Mais les divers déboires du tandem hispano-italien ont ouvert la voie à l'Allemand. Ce dernier va disputer dimanche sa troisième finale majeure de rang. Soit autant que dans toute sa carrière avant cela.

Trois finales de Grand Chelem de suite : s'est-on trompé sur Zverev ?

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Un changement radical. C'est ce qui s'appelle une sacrée accélération. Comme si, d'un seul coup, Alexander Zverev avait été équipé de la fusée de Mario Kart alors que, jusqu'ici, il avançait au mieux à coup de champignons, tout en glissant de temps à autre sur des peaux de banane. Pardon pour cette métaphore vidéoludique. Si vous préférez, du début de sa carrière au printemps 2026, l'Allemand est passé de 30 à 100 km/h. Mais depuis, une fois lancé, il a tracé directement à plus de 200 en Grand Chelem. Et ça change tout. Cela laisse quasiment tout le monde sur place.
Roland-Garros. Wimbledon. Et maintenant, l'US Open. Les trois derniers tournois majeurs auront donc vu la présence de la grande tige de Hambourg sur le terrain le dernier dimanche, autrement dit en finale. Du 7 juin au 13 septembre en passant par le 12 juillet, il aura été dans tous les gros coups. La performance est remarquable dans l'absolu, mais elle l'est davantage encore si l'on considère que, trois finales en trois mois, c'est autant que ce qu'il avait accumulé jusqu'ici au fil de sa carrière.
Sascha Zverev a joué son tout premier Grand Chelem à Wimbledon, en 2015. Il avait 18 ans. Jusqu'à l'Open d'Australie 2026, il avait pris part à très exactement 40 tournois majeurs. Il avait donc atteint trois fois la finale sur ses 40 premières tentatives, à l'US Open en 2020, à Roland-Garros en 2024 et en Australie en 2025. Il vient de doubler sa mise sur les trois derniers. Il y aura vraiment un avant et un après 2026 pour l'Allemand, qui a totalement changé de dimension, à 29 ans, quand beaucoup lui promettaient qu'il n'y arriverait jamais.
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Pas époustouflant mais diablement réaliste, Zverev s'offre une 3e finale de Grand Chelem consécutive

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Il y croyait, mais il était bien le seul

On peut bien sûr se pencher autant qu'on le souhaite sur les circonstances et ergoter sur le pourquoi et le comment, mais son bilan en Grand Chelem cette saison est tout simplement exceptionnel. Au pire, il finira avec un titre, deux finales et une demie, sachant que dans cette dernière, il avait servi pour la finale (face à Carlos Alcaraz, à Melbourne). Et si tout se goupille bien pour lui dimanche sur le court Arthur-Ashe, il bouclera l'exercice avec deux titres. Qui l'eut cru au début du mois de janvier dernier ?
Lui y croyait. "C'est ce pourquoi je travaille. C'est pour ça que je m'entraîne, pour ça que je vais à la salle tous les jours", a-t-il rappelé au micro d'Eurosport après sa victoire contre Karen Khachanov, vendredi. "Oui, j'y croyais, a-t-il encore insisté lors de sa conférence de presse. Je croyais que c'était possible. Je pense que peu d'entre vous y croyaient (rires). Je crois que la question a toujours été de savoir si Carlos (Alcaraz) et Jannik (Sinner) allaient à nouveau disputer les quatre finales du Grand Chelem l'un contre l'autre."
Il a raison, mais un tel postulat était tout sauf illégitime. L'Espagnol et l'Italien avaient remporté les huit derniers tournois du Grand Chelem et ils avaient composé ensemble l'affiche des trois dernières finales, à Paris, Londres et New York. Pendant ce temps, Zverev, lui, semblait quelque part entre le creux de la vague et le fond du trou. Alors, que lui y ait cru, personne n'a de raison de mettre sa parole en doute, mais qu'il fut un peu seul dans sa conviction relevait de la logique la plus élémentaire, tout autant pour ses propres limites que pour la façon dont Sinner et Alcaraz s'étaient isolés du reste de leurs congénères.
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Le Zverev nouveau est arrivé : "Il peut devenir le 3e homme et concurrencer Sinner et Alcaraz"

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Il prend ce qu'on lui donne et en fait bon usage

Mais la roue tourne parfois bien vite dans le sport de haut niveau. En trois sets gagnants, donc en Grand Chelem, Zverev impose un tel travail de sape physique (il est probablement le joueur le plus "fit" du monde aujourd'hui) que son niveau moyen le met à l'abri contre tout le monde, en dehors de Sinner, Alcaraz, compte tenu du recul notable de Djokovic ces derniers mois. "Il a une vraie marge par rapport à ces joueurs-là, a souligné Nicolas Escudé vendredi à propos de sa demi-finale face à Karen Khachanov. Contre des joueurs de ce calibre, il y a un vrai 'gap'. Puis Zverev a cette capacité à verrouiller le jeu dans les moments importants. Dans les fins de set, dans un tie-break, quand il faut garder la balle dans le court, il ne fait plus la faute."
C'est en cela qu'il a peut-être le plus changé. Il n'est peut-être pas stratosphérique de A à Z dans un match, mais quand cela compte le plus, il peut et sait hausser son niveau de jeu à des hauteurs inatteignables pour presque tout le monde. Oui, il a bénéficié de certaines circonstances. A Roland-Garros et à l'US Open, il aura atteint la finale sans affronte un seul membre du Top 20. La chose est rarissime. Avant cette doublette de 2026, savez-vous à quand et à qui il fallait remonter ? A l'US Open 2020 et un certain… Sascha Zverev. Mais il sait capitaliser sur ces opportunités.
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2 balles de set sauvées, 4 points de suite et Zverev file en finale

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Le tennis n'est pas le golf. Il ne s'agit pas d'être meilleur que tous les autres joueurs inscrits dans un tournoi pour le gagner. Il faut "simplement" battre ceux que le tableau place en face de vous, tour après tour. Zverev ne va pas s'excuser parce que Sinner ou Alcaraz sont blessés. Si l'Italien a explosé physiquement sous le cagnard parisien fin mai, tant pis pour lui. Si l'Espagnol a fini par céder face à Shelton au bout de la nuit, Zverev n'y est pas davantage pour quelque chose. Il prend ce qu'on lui donne et en fait bon usage.
La façon dont, Grand Chelem après Grand Chelem, l'Allemand se met désormais systématiquement en position de pouvoir aller au bout, fait de lui un candidat permanent. Partout, et tout le temps. C'est cela, le nouveau Zverev. Pour l'heure, il a perdu deux matches en 2026 en Grand Chelem. Un contre Carlos Alcaraz en demie à Melbourne et un autre face à Jannik Sinner en finale à Wimbledon. "A l'avenir, relève d'ailleurs Justine Henin, on attendra encore un petit peu plus de lui, qu'il arrive à le faire contre Sinner et Alcaraz." Si vous souhaitez user d'un astérisque, d'un "oui mais", cela peut donc s'entendre. Mais chipoter sur ces trois finales consécutives, non. Aucun contexte n'autorise à minimiser la portée d'une telle constance.
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