Roger Federer n'a pas oublié le 6 septembre 2014. Ce jour-là, le Suisse a probablement laissé filer sa plus belle chance de remporter son 18e titre du Grand Chelem. C'était à New York, en demi-finale de l'US Open, et son bourreau ne s'appelait ni Rafael Nadal, ni Novak Djokovic, mais Marin Cilic. Ce jour-là, le Croate a littéralement écrasé l'Helvète en trois sets pour se hisser vers sa première finale majeure... dans la stupeur générale. Trois sets pliés en moins de deux heures de jeu (6-3, 6-4, 6-4). Un match resté comme l'une des plus grosses surprises de ces dernières années.
C'était même, pour tout dire, la seconde nouvelle choc du jour. Lors de la demi-finale précédente, quelques heures plus tôt, Kei Nishikori avait réalisé une première énorme secousse en sortant le numéro un mondial Novak Djokovic, qui restait sur quatre finales jouées d'affilée à l'US Open. Mais ce jour-là, il n'y avait plus de références, plus de Big Four, mais la révolution : c'était la première fois depuis l'Open d'Australie 2005 que ni Federer, ni Nadal, ni Murray, ni Djokovic n'étaient en finale de Grand Chelem.
Je pensais vraiment que j'allais gagner ce tournoi
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Ce jour-là, le public du court central new-yorkais n'en croyait pas ses yeux. Roger Federer non plus. En état de grâce, son adversaire a été injouable, tant sur ses mises en jeu qu'à l'échange où les coups gagnants ont plu. En état de choc, l'Helvète avait été coupable d'un attentisme certain après avoir assisté à la défaite de Novak Djokovic. "Je pensais vraiment que j'allais gagner ce tournoi", déclarait le Suisse après sa défaite face à Cilic. "Ce 18e titre majeur, je n'en ai pas besoin pour être plus heureux. Il est clair qu'il aurait une énorme valeur au moment où je le gagnerais. Mais je travaille dur pour gagner d'autres titres, pas spécialement pour lui". N'empêche qu'il court toujours après.

Roger Federer face à Marin Cilic.

Crédit: Eurosport

En jouant à Londres, Roger Federer sait que ses meilleures chances de retrouver le goût de la victoire, perdu depuis 2012, c'est ici, sur le gazon londonien. Et pourquoi pas cette année ? Ce serait une sacrée surprise tout de même pour lui qui a davantage passé sa saison à panser ses plaies plutôt qu'à jouer au tennis. Pour la première fois depuis bien longtemps, il n'a pas remporté un titre avant de venir à Londres, et joué si peu de matches. Sauf que...
Sauf que Novak Djokovic n'est plus là. L'ogre qui avale tous les titres sur son passage s'est pris les pieds dans le tapis au troisième tour face à Sam Querrey. Celui qui l'a privé de deux nouveaux trophées à Londres en finale 2014 et 2015 ne sera pas un adversaire à battre pour remporter cette édition 2016. L'occasion est sans doute là, au bout de cette semaine. Sauf que... Marin Cilic est de nouveau sur sa route. Coïncidence ou fatalité ?

Londres, lieu idéal pour frapper de nouveau

Ce jour de 6 septembre 2014, Marin Cilic s'en souvient très bien. C'est précisément grâce à cette rencontre qu'il a pris conscience qu'il pouvait marquer l'histoire à sa manière. Il ne s'est pas privé d'exposer tout son potentiel en battant Kei Nishikori en finale deux jours plus tard. Lui, le protégé de Goran Ivanisevic, désormais porté au rang de vainqueur de Grand Chelem, est vu différemment par les autres joueurs. Tout le monde s'en méfie, même s'il n'est jamais parvenu à confirmer sa victoire américaine, comme a su le faire Stan Wawrinka entre l'Open d'Australie et Roland-Garros. La faute aussi à deux blessures qui l'ont freiné entre 2015 et 2016. Et si Londres était le théâtre idéal ?
Sur gazon, le 13e mondial a conquis un titre (le Queen's en 2012) et a déjà atteint deux fois les quarts de finale de Wimbledon. Cette année, ce sera donc la troisième fois qu'il tente sa chance de rejoindre le dernier carré de ce prestigieux tournoi. Depuis le début de la quinzaine, il a su faire son trou et a même bénéficié de l'abandon de Kei Nishikori en huitième de finale sans trop s'employer. De son côté, Federer retrouve peu à peu son tennis et ses jambes. Lui n'a pas concédé un set depuis le début de la quinzaine. Le Suisse a sans doute là une occasion d'oublier le 6 septembre 2014. Marin Cilic de le raviver.
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