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Demi-finale : Sam Querrey, quand le rêve américain reprend vie

Querrey, quand le rêve américain reprend vie

Le 13/07/2017 à 23:18

WIMBLEDON - Cela fait près de 14 ans que les Etats-Unis n’ont pas vu un joueur américain du tableau masculin remporter un titre du Grand Chelem. Alors qu’il n’était pas le plus attendu, Sam Querrey est toujours en lice pour mettre fin à la plus longue disette de l’histoire US en Grand Chelem. Une surprise ? Pas tellement.

Revoir un joueur américain en demi-finale d’un tournoi du Grand Chelem commençait à ressembler à un rêve lointain. Il est redevenu une réalité tangible avec Sam Querrey. Ce n’est pas celui qui était le plus attendu, mais c’est bien lui le suppléant d’Andy Roddick, digne représentant de la dernière percée US dans un tournoi majeur… masculin (n’est-ce pas Andy Murray). C’était en 2009 à Wimbledon, l’année de sa cruelle défaite face à Roger Federer 16-14 dans le cinquième set.

Cette année, Sam Querrey aimerait bien également affronter le Suisse dimanche. Cela voudrait dire qu’il jouerait sa première finale majeure pour pousser le parallèle jusqu’au bout avec le Texan. Ce serait une récompense énorme pour lui, qui a attendu 42 participations en Grand Chelem pour atteindre le dernier carré. Et qui pourrait attendre encore longtemps pour y remettre les pieds. 42 essais, c’est le nombre de tentatives qu’il a fallu à David Ferrer pour jouer sa première finale majeure à Roland-Garros. C’était son unique coup d’essai et sans doute le dernier.

Trois membres du "Big Four" à son tableau de chasse en l'espace d'un an

A 29 ans, Querrey n’est pas encore à se demander si c’est sa dernière chance d’aller si loin dans un tournoi du Grand Chelem. Pour arriver jusque-là, il a remporté trois matches de suite en cinq sets. Là aussi, c’est une grande première dans son parcours. C’est même le premier à le faire à Wimbledon depuis 2007. C’est dire l’effort qu’il a dû produire pour faire son trou. "J'avais beau me sentir de plus en plus en confiance au fur et à mesure que le match avançait, raconte Querrey, j’étais quand même sous le choc lorsque j’ai gagné."

Pourtant, les coups d’éclat, il connaît. C’est la deuxième année consécutive qu’il élimine le numéro un mondial et tenant du titre de Wimbledon après Djokovic l'an passé. Et cette année, il a remporté le tournoi d'Acapulco en battant successivement Goffin, Thiem, Kyrgios et enfin un fringant Rafael Nadal en finale. Avec Murray à Wimbly, ça fait trois membres du "Big Four" à son tableau de chasse en l'espace d'un an, tout le monde ne peut pas en dire autant.

Murray : "Il a besoin de croire qu’il peut gagner"

Avant de penser à la finale, il ne mettra pas la charrue avant les bœufs. Marin Cilic ne sera pas une partie de plaisir pour l’Américain : Querrey ne l’a jamais battu sur le circuit ATP. Il a même perdu trois fois sur quatre sur gazon, dont deux à Wimbledon. Deux matches perdus en cinq sets, le dernier 17-15 dans le deuxième match le plus long jamais disputé à Wimbledon, derrière l’inclassable Isner-Mahut de 2010. Après tout ça, le temps de la révolte a sonné. "J’ai eu de dures défaites contre lui ici, je suis sûr que mon coach Craig Boynton va me donner un truc ou deux…"

"Il a besoin de croire qu’il peut gagner, a insisté Andy Murray après sa défaite de mercredi. Ce n’est pas toujours le cas tant que vous ne l’avez pas fait avant. C’est un long, long chemin. Mais il faut absolument croire en vous." Les Etats-Unis croient-ils en lui ? Ce n’est pas spécialement le grand Sam qui incarne le renouveau des joueurs américains pour reprendre le flambeau des Agassi, Sampras et Roddick, pour ne prendre qu’eux. Les Jared Donaldson (58e mondial), Frances Tiafoe (61e) ou encore Taylor Fritz (119e), qui ont entre 19 et 20 ans, peut-être davantage. En tout cas, c’est bien Querrey qui est en lice pour mettre fin à la plus longue disette du tennis américain en Grand Chelem.

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