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Kevin Anderson remet en question le règlement, John Isner propose "un tie-break à 12-12" au 5e set

Isner propose "un tie-break à 12-12" au 5e set

Le 13/07/2018 à 23:40Mis à jour Le 14/07/2018 à 10:56

WIMBLEDON - Kevin Anderson a battu John Isner, vendredi en demi-finale, à l'issue d'une rencontre de 6h36 (7-6, 6-7, 6-7, 6-4, 26-24). Historique. Le Sud-Africain a rendu hommage à son adversaire, avant de jeter un pavé dans la mare : est-il temps d'instaurer le tie-break dans le 5e set dans tous les tournois du Grand Chelem, comme à l'US Open ? John Isner y est allé de sa proposition.

Kevin Anderson a gagné un match homérique, vendredi à Wimbledon. Le plus long de l'histoire sur le Centre Court, en 6h36, face à John Isner (7-6, 6-7, 6-7, 6-4, 26-24). Le tout pour rejoindre la finale du tournoi, excusez du peu. Le Sud-Africain a rendu hommage à son adversaire du jour, avec qui il partage beaucoup de points communs. Le gabarit (2,03m pour le Sud-Africain, 2,08m pour l'Américain), un service canon et une réussite tardive – Anderson est allé en finale de Grand Chelem pour la première fois l'an passé, à 31 ans, à l'US Open, Isner a découvert ce vendredi le dernier carré d'un tournoi de cette envergure, à 33 ans. "John (Isner) est un type bien. Il m'a poussé, tout au long de ma carrière. Et il a une très belle carrière ! De voir ses succès, cela m'a aidé à aller toujours plus loin. J'espère qu'il reviendra encore plus fort" a déclaré le 8e du classement ATP à la sortie du court.

" C'est le moment de réfléchir à changer de format…"

Mais Anderson a surtout été interrogé sur son état physique, lui qui vient d'enchaîner deux matches en cinq sets, et non des moindres, après avoir sorti Roger Federer en 4h14, mercredi. "Je ne sais pas comment je me sentirai dans moins de 48h (pour la finale). Je vais tenter de garder les mêmes protocoles de récupération" a-t-il répondu, avant de soulever la grande question que suggère ce match marathon. "C'est le moment de réfléchir à changer de format, le moment d'envisager un tie-break dans la cinquième manche, a estimé le Sud-Africain. J'espère que l'on va se pencher là-dessus, pour que le joueur qui se qualifie soit en pleine possession de ses moyens pour la finale (en l'occurrence)".

Kevin Anderson (Wimbledon 2018)

Kevin Anderson (Wimbledon 2018)Getty Images

" C'est juste une peine cruelle et inutile infligée à ces deux mecs"

Depuis 1970, les cinquièmes sets s'achèvent par un tie-break à l'US Open, mais aucune des trois autres levées du Grand Chelem n'a emboîté le pas du tournoi américain… pour l'instant. Le match de 11h05 entre Nicolas Mahut et… John Isner, lors de Wimbledon 2010 (70-68 au 5e) pouvait faire office de plaidoyer pour une évolution. Mais cette demi-finale au long cours pourrait avoir un impact plus important. Dans le dernier carré, l'incongruité est d'autant plus frappante.

"C'est juste une peine cruelle et inutile infligée à ces deux mecs", a estimé l'ancien champion américain John McEnroe, trois fois lauréat de The Championships (1981, 1984, 1985) en commentant le match pour la BBC. John Isner, vaincu du jour qui se sentait "horriblement mal" en conférence de presse, a lui aussi évoqué une éventuelle modification des règles, sans prêcher pour l'adoption du format de l'US Open. "Je suis d'accord avec Kevin (Anderson)", a-t-il déclaré quant à la remise en question du fonctionnement actuel, avant d'ajouter : "Je pense qu'il faudrait considérer l'option du tie-break à 12-12 (dans le cinquième set)."

Cela reviendrait à fixer le seuil du jeu décisif à l'issue d'un sixième set virtuel. Que ce soit en maniant ainsi l'art du compromis ou de manière plus directe, les deux protagonistes de ce match s'accordent ainsi sur la nécessité de faire bouger les choses. Seront-ils entendus ?

John Isner et Kevin Anderson quittent le Centre Court - Wimbledon 2018

John Isner et Kevin Anderson quittent le Centre Court - Wimbledon 2018Getty Images

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