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Monfils, la main enfin verte

Monfils, la main enfin verte

Le 08/07/2018 à 18:28Mis à jour Le 09/07/2018 à 10:20

WIMBLEDON – Qualifié pour la première fois de sa carrière pour les huitièmes de finale à Londres en ayant sorti deux anciens demi-finalistes, Gaël Monfils en a enfin terminé avec son aversion pour le jeu sur gazon. Face à Kevin Anderson, lundi, il va tenter de confirmer ses progrès sur herbe.

"Je suis toujours frustré quand je joue sur gazon. Pour moi, c'est une surface sur laquelle je ne peux pas me sentir à l'aise. Je ne prends aucun plaisir. C'est très frustrant." C'est Gaël Monfils qui parle. Ou plutôt parlait, car le Français, sur le tard, a changé d'avis. Ces mots, il les a tenus en 2014, après une nouvelle sortie précoce à Wimbledon. Battu en cinq sets au troisième tour par Jan Vesely, Monfils évoquait encore sa rancœur envers ce terrain de jeu auquel il restait si hermétique.

Quatre ans plus tard, le Parisien s'apprête à disputer les huitièmes de finale pour la première fois de sa carrière. A 31 ans, il semble avoir enfin apprivoisé le jeu sur herbe. Son accession à la deuxième semaine est la conséquence logique de ses progrès sur la surface ces derniers temps. L'an dernier, s'il avait calé au troisième tour, encore, il avait signé une bonne victoire contre Kyle Edmund. Il y avait eu aussi sa finale à Eastbourne, juste avant Wimbledon. Les premiers signes positifs étaient apparus dès 2015. A Stuttgart, il s'était hissé en demi-finale, battant notamment Kohlschreiber, beaucoup plus adepte que lui du gazon.

" Ça m'a pris des années et des années, ça a été long, c'est vrai"

Il lui aura fallu un peu plus de temps pour concrétiser à Wimbledon, mais cette édition 2018 valide enfin ses progrès. "Cela fait quand même trois ans que ça va beaucoup mieux pour moi sur gazon, confirme-t-il. Je n'avais pas réussi à saisir complètement ma chance à Wimbledon jusqu'ici, mais cette année, je l'ai fait et c'est une vraie satisfaction."

Son tableau n'était pourtant pas simple. Non tête de série, il lui a fallu sortir son pote Richard Gasquet au premier tour, en trois sets, puis Sam Querrey au troisième. Deux anciens demi-finalistes de Wimbledon, et cela ne remonte pas à la préhistoire puisque c'était l'an dernier pour l'Américain et en 2015 pour la dernière apparition du Biterrois dans le dernier carré.

Ces deux victoires sont de celles qu'il n'aurait jamais pu obtenir il y a quelques années. "Ça m'a pris des années et des années, ça a été long, c'est vrai", avoue aujourd'hui la Monf'. Mais c'est désormais le jour et la nuit avec ce qu'il a longtemps expérimenté si longtemps sur herbe. "J'ai trouvé le bon équilibre avec mon corps et à partir de là, j'ai gagné en confiance", explique-t-il. Il a probablement gagné plus de matches en trois ans sur herbe que lors des dix premières années de sa carrière. Il bénéficie d'un cercle vertueux à présent. "Quand j'arrive ici, relance-t-il, j'ai beaucoup plus de repères et de confiance qu'auparavant et ça change tout dans l'approche du tournoi."

Gaël Monfils à Wimbledon.

Gaël Monfils à Wimbledon.Getty Images

" J'ai l'impression de jouer de mieux en mieux au fil des matches"

Arrivé à Roland-Garros presque déprimé et totalement à court de forme, il n'était passé qu'à un point des huitièmes. Un mois plus tard, il apparait mieux dans son corps et dans sa tête. "Physiquement, ça va, dit-il. Et mentalement, je suis dans de meilleures dispositions aussi." Alors, jusqu'où peut-il avancer dans ce tournoi où il se retrouver maintenant en terre inconnue ? "J'ai l'impression de jouer de mieux en mieux au fil des matches", se réjouit le Français, qui pourrait se retrouver aux alentours de la 20e place à la Race en cas d'accession aux quarts de finale.

Pour y parvenir, Gaël Monfils va devoir enchainer avec un autre gros serveur, Kevin Anderson. Un adversaire contre lequel il n'a encore jamais perdu en cinq rencontres, et qui ne lui a pris qu'un seul set. Mais ils ne se sont encore jamais joués sur gazon et le Français s'attend à un match compliqué, plus que face à Querrey. "C'est un adversaire coriace, encore plus sur herbe, juge-t-il. Aujourd'hui, il est plus constant qu'avant, plus solide, il ne connaît plus les hauts et les bas."

Pourtant, Gaël la main verte a des arguments. Et un plan : "Même s'il les accepte plus que Sam, Kevin n'aime pas les longs échanges et je peux l'entrainer là-dedans. Ce ne sera pas facile, mais je pense que je peux le battre, même sur gazon." Il y a quelques années, une telle phrase aurait fait rire.

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