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Face aux deux géants, missions impossibles pour Pouille et Tsonga ?

Face aux deux géants, missions impossibles pour Pouille et Tsonga ?

Le 06/07/2019 à 00:16Mis à jour Le 06/07/2019 à 00:54

WIMBLEDON – Lucas Pouille et Jo-Wilfried Tsonga ont devant eux deux défis majuscules nommés Roger Federer et Rafael Nadal, samedi au 3e tour du Majeur anglais. Si leurs chances de rallier la deuxième semaine en sont logiquement réduites, ils n’auront rien à perdre, un état d’esprit peut-être propice à montrer leur meilleur visage.

Ils feront tout pour que leur jour de gloire arrive, mais leur tâche s’annonce pour le moins ardue. Après un début de tournoi sans nuage et aucun set égaré, Lucas Pouille et Jo-Wilfried Tsonga se retrouvent samedi au pied de deux montagnes. Les légendes vivantes Roger Federer et Rafael Nadal se dressent ainsi devant eux, leur barrant la route de la deuxième semaine à Londres. Ces obstacles quasi-infranchissables arrivent tôt dans le tournoi des deux Français et ont de quoi les frustrer. Mais ils sont aussi les meilleurs tests pour jauger leur niveau actuel.

Après avoir écarté successivement deux de ses compatriotes et amis, Richard Gasquet et Grégoire Barrère, Lucas Pouille retrouve petit à petit son niveau du tout début de saison qui lui avait permis d’atteindre le dernier carré à Melbourne. Si sa préparation sur gazon n’a pas été brillante, il peut quand même se targuer d’avoir pris le meilleur sur Feliciano Lopez et Daniil Medvedev à Stuttgart. De quoi le remettre d’aplomb et confirmer que son jeu de puncheur peut être très efficace sur la surface.

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Federer se méfie de Pouille

Lors de son 2e tour, le Nordiste n’a pas eu une seule balle de break à sauver, remportant 89 % des points derrière sa première. "Contre Grégoire, j’ai joué du super tennis. Je pense que j’ai été vraiment agressif du premier au dernier point. J’ai réussi à me mettre à l’abri sur mes jeux de service et lui mettre la pression au retour. Et j’en aurai besoin encore pour le prochain tour. Je suis en confiance, mais ce sera évidemment un autre niveau", a-t-il estimé après sa victoire jeudi. Face à Roger Federer, ce sera en effet une autre paire de manches. Mais Pouille peut se dire que son passif contre l’octuple vainqueur au All England Club n’est pas trop lourd. Les deux hommes ne se sont affrontés qu’une seule fois précédemment en huitième de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy il y a cinq ans. Une autre époque.

Le Suisse s’était imposé à l’époque (6-4, 6-4) mais il n’en tire aucun enseignement et ne prend pas à la légère le Français. "Je pense que ça va être assez dur, honnêtement. Je sais que beaucoup me voient déjà loin dans le tableau, mais ils oublient qui je joue au 3e tour. Je m’entends très bien avec lui, je l’aime beaucoup. Je me réjouis de l’affronter, mais je sais que ce ne sera pas simple." Car contrairement à ses adversaires des deux premiers tours, Federer connaît la menace potentielle que représente Pouille pour avoir joué "une vingtaine de sets d’entraînement" avec lui à Dubaï lors de l’hiver 2016, avant son retour en fanfare à la compétition lors de l’Open d’Australie.

Le Bâlois ne part pas dans l’inconnu et, comme souvent, l’issue du match dépendra avant tout de son propre niveau. Il aura aussi un avantage de poids, celui de connaître le terrain comme sa poche. Mais le Nordiste pourra s’appuyer sur les précieux conseils de sa coach, championne sur le gazon anglais en 2006, pour l’apprivoiser. "Amélie (Mauresmo, ndlr) sera de bon conseil si nous jouons sur le Centre Court où je n’ai jamais été. Elle a de très bons souvenirs ici, donc nous en parlerons et je serai prêt. C’est un bon défi. Je n’ai rien à perdre et il faudra que je saisisse ma chance. En entrant sur le court, je jouerai pour gagner, donner le meilleur de moi-même et on verra bien. Jouer Roger dans son jardin de Wimbledon, c’est évidemment formidable", a confié Pouille.

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Peu à peu, Tsonga monte en puissance...

Les grands courts de Wimbledon, Jo-Wilfried Tsonga, deux fois demi-finaliste (2011, 2012), les connaît, lui. Et s’il joue encore malgré l’accumulation des blessures ces dernières années, c’est vraisemblablement pour revivre des matches de l’envergure de son 3e tour. Pour la première fois depuis près de quatre ans et une demi-finale à Shanghaï remportée par le Manceau, Rafael Nadal lui fera face. "C’est un gros challenge. Je l’ai déjà affronté sur gazon sur le central du Queen’s (en 2011, ndlr), j’avais très bien joué et j’avais gagné. Mais le court, ici à Wimbledon, est complètement différent, beaucoup plus grand. Je me suis donné la possibilité d’être là et je vais essayer de faire un beau match", a-t-il considéré après sa victoire face à Ricardas Berankis.

Tsonga le sait, les conditions sur le court numéro 1 ou sur le Centre Court sont beaucoup plus lentes et favorables à son prochain adversaire. Exilé sur le 17 lors de son 2e tour, il en a donc profité pour faire une suggestion originale sur le ton de l’humour. "Jouer sur ces courts, c’est vraiment Wimbledon. C’est le folklore du tennis. C’est super sympa parce que tu touches à quelque chose que tu n’avais pas touché depuis longtemps. D’un autre côté, on se dit : ‘Je ne sers plus à grand-chose.’ Contre Nadal, ce que je proposerais d’ailleurs, c’est qu’ils nous mettent sur le 15. Pourquoi pas ? Parce que ce ne sont pas tout à fait les mêmes courts, c’est bien plus rapide."

Avec son service canon, sa puissance en coup droit et son jeu au filet, Tsonga a des atouts pour bousculer Nadal sur herbe. Et s’il n’est pas encore revenu à son meilleur niveau, les progrès du Tricolore sont réels, sa performance à Halle contre Federer voici deux semaines l’a notamment montré. "A Stuttgart, j’avais déjà très bien joué. J’ai perdu contre Raonic en gagnant plus de points que lui. J’étais dégoûté du résultat, mais très content du contenu. Je m’entraîne régulièrement, et progressivement, je me refais une caisse physique. Mais ça ne se fait pas du jour au lendemain. Quand tu as perdu 3 kilos et demi de muscle sur une jambe parce qu’en huit mois, tu n’as pas pu faire ce qu’il fallait pour l’entretenir, c’est compliqué", a détaillé l’intéressé.

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... mais Nadal est lancé

La marche risque donc d’être trop haute pour le Manceau, d’autant que Nadal a eu la préparation parfaite pour aborder ce duel, face à un autre grand serveur au tour précédent. "Kyrgios était l’adversaire à éviter à ce stade, surtout ici à Wimbledon, donc c’est une victoire importante pour moi. Et elle m’aide parce j’ai passé des heures sur le court et j’ai joué sous pression. Gagner deux tie-breaks contre lui, ce n’est pas facile. Mais contre Jo, ce sera dur, ce n’est pas le moment de se relâcher", a confié le numéro 2 mondial, dans un discours mêlant confiance et prudence traditionnelle.

Tsonga est d’ailleurs conscient de la difficulté du problème qui lui sera proposé. "Rafa en pleine possession de ses moyens sur gazon n’est peut-être pas aussi fort que sur terre parce qu’il n’a pas gagné 12 Wimbledon, mais c’est un super joueur. Il a une lecture du jeu et une main hors normes. Il a tout ce qu’il faut pour briller sur herbe, dans un autre style que le mien, ou que Roger (Federer), mais à sa manière, il est exceptionnel." Pour avoir une chance de gêner l’Espagnol comme le Suisse, les deux Tricolores n’auront pas d’autre choix que de se sublimer. Sans pression, ils ont de quoi aborder l’échéance avec un état d’esprit conquérant, à condition bien sûr que leurs adversaires ne placent pas la barre trop haut d’emblée. Le danger serait alors de vouloir surjouer et de voir les jeux défiler.

Rafael Nadal, Wimbledon 2019

Rafael Nadal, Wimbledon 2019Getty Images

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