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"Malheureusement, ou heureusement, il en reste encore un..."

"Malheureusement, ou heureusement, il en reste encore un..."

Le 13/07/2019 à 11:53Mis à jour Le 13/07/2019 à 14:29

WIMBLEDON – Probant vainqueur de Rafael Nadal vendredi en demi-finale, Roger Federer savoure sa performance. Mais avec mesure. Et pour cause. Dimanche, il lui faudra remettre le couvert en finale contre Novak Djokovic. Une tâche sans doute plus complexe encore pour le Suisse, néanmoins excité par ce nouveau défi.

D'abord pour ce que le Serbe incarne et en raison de ce qu'il a dû laisser sur la table dans cette demi-finale. S'il n'avait eu à utiliser un maximum de cartouches pour écarter Nadal, la tâche serait déjà délicate. Disons que ce sera pour lui un facteur aggravant. Mais la problématique Djokovic est sans doute aujourd'hui la plus difficile à résoudre pour lui. S'il a trouvé la solution contre Nadal, il cherche encore la clé face au Serbe, face auquel il n'a plus gagné en Grand Chelem depuis sept ans et une demi-finale ici-même à Wimbledon. Il a perdu leurs quatre derniers duels joués au meilleur des trois sets gagnants.

Nadal - Djokovic, enchainement historique ?

Voilà sans doute pourquoi il affichait une joie tempérée vendredi soir. "Il n'y a rien à célébrer pour l'instant, a-t-il rappelé après avoir battu Nadal. Si c'était la fin du tournoi, ce serait différent, je parlerais différemment. Je ne peux pas trop me laisser aller à l'émotion, je ne peux pas être trop heureux de ma victoire, même si je suis très heureux. Avec l'expérience, j'arrive à séparer les deux. Apprécier ce que je viens de faire, sans oublier la suite. Malheureusement, ou heureusement, il en reste encore un..."

Roger Federer (R) of Switzerland shakes hands with Rafael Nadal of Spain after their Men's Singles semi-final match during Day eleven of The Championships

Roger Federer (R) of Switzerland shakes hands with Rafael Nadal of Spain after their Men's Singles semi-final match during Day eleven of The ChampionshipsGetty Images

Federer a le sens de la tournure. Malheureusement, oui. S'il ne reste plus qu'un obstacle, la route du titre reste méchamment obstruée par l'encombrant Djoker de Belgrade. Heureusement, parce que, si l'affaire se goupille bien, ce Wimbledon 2019 sera à placer à coup sûr sur le podium des accomplissements majuscules du Bâlois. Ce qui n'est pas peu dire. Mais à trois semaines de son 38e anniversaire, il réussirait pour la première fois de sa carrière à enchainer des victoires contre Nadal et Djokovic sur la route d'un titre en Grand Chelem. Une telle première, à cet âge canonique, aurait quelque chose de surréaliste.

Il connait aussi son petit Novak illustré par cœur. Il n'a donc ni l'envie, ni le courage, ni le temps de se plonger dans une préparation spécifique pour ce dernier rendez-vous. "D'abord, je n'ai pas l'énergie pour aller m'entraîner, là, tout de suite, plaisantait-il vendredi soir. Honnêtement, il s'agit juste de récupérer, de frapper quelques balles samedi. Mais il n'y a pas grand-chose à préparer." Et le Suisse de manier la métaphore scolaire : "C'est comme à l'école. Le jour de l'examen, ça ne sert plus à rien de réviser. Vous n'avez plus le temps."

Novak Djokovic

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" Je peux aborder ce match avec beaucoup de confiance"

Pour un peu, Roger Federer serait donc en mode pilotage automatique, avec l'enchaînement de ces deux matches face aux joueurs qu'il connait le mieux sur le circuit. "C'est un peu comme avec Rafa, confirme l'homme aux vingt Majeurs. Je pense que quand vous avez affronté quelqu'un, disons plus de quinze fois, il n'y a plus grand-chose à préparer ou à travailler. Je me vois mal surprendre Novak dimanche. Au final, ce sera plus 'Qui est le plus frais ?', 'Qui parvient à jouer son meilleur tennis ce jour-là ?', Qui sera le plus dur dans les moments clés ?', des choses comme ça."

Même s'il ne possède pas un ratio favorable contre le Serbe, il se dit "excité et impatient" à l'idée d'en découdre avec lui pour la première fois cette saison. "On avait joué un très bon match à Paris (Bercy, NDLR) il n'y a pas si longtemps. J'espère qu'on pourra faire pareil ici." Il sait à quoi il s'attaque ("Novak n'est pas numéro un pour rien, depuis un an, ce qu'il a accompli est très, très fort"), mais Federer juge, sans doute à juste titre, qu'il a quelques raisons d'être optimiste lui aussi. "Je peux aborder ce match avec beaucoup de confiance, je viens de battre Rafa, après un très bon match. Et mon année est vraiment très solide pour l'instant."

Vendredi, il a signé sa 38e victoire en 42 matches. Mais le 43e, dimanche, pèsera bien plus lourd que n'importe quel autre dans la lecture de son bilan 2019. Et peut-être même au-delà, dans cette folle course historique qui le lie à Nadal et Djokovic. Cette course, il la mène. Le gibier Federer a repoussé un des deux chasseurs vendredi. Il en reste un. Malheureusement, ou heureusement.

Roger Federer

Roger FedererGetty Images

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