Avant sa demi-finale contre Hubert Hurkacz : Matteo Berrettini, une surprise ? Plutôt une suite logique

WIMBLEDON 2021 – Arrivé sur le Majeur londonien parmi les outsiders mais sans grandes attentes, Matteo Berrettini est désormais aux portes de sa première finale de Grand Chelem. Une trajectoire presque logique tant sa progression et ses capacités sur gazon, encore mésestimées, en font un client des plus solides dans ces circonstances.

Matteo Berrettini a Wimbledon 2021

Crédit: Getty Images

On a tellement imaginé retrouver une affiche Djokovic – Federer en finale dimanche que la lumière a fini par complètement s'éloigner de Matteo Berrettini. Le Romain n'a pas semblé y prêter particulièrement attention pour se frayer un chemin jusque dans le dernier carré. En demi-finale d'un Majeur pour la deuxième fois de sa carrière, le joueur de 25 ans n'était sans doute pas attendu aussi loin dans le tableau de ce Wimbledon 2021. La tête de série N.7 n'a pourtant jamais autant semblé être à sa place, avant d'affronter Hubert Hurkacz vendredi pour une place en finale.
Annoncé parmi les outsiders pour le titre, Berrettini n'en était pas pour autant cité comme l'un des prétendants les plus crédibles. Derrière l'ogre Djokovic, les Federer, Medvedev, Zverev voire Rublev, le droitier transalpin figurait dans la catégorie "joueur à garder à l'œil" plutôt qu'à surveiller très attentivement. Mais à force de dominer sans trembler l'adversité qui lui a été proposée, Berrettini s'est imposé de force comme un sérieux candidat.

La continuité avant les démonstrations de force

Le 9e joueur mondial n'est pourtant plus un espoir en attente de confirmation. Depuis son explosion en 2019 et sa demi-finale à l'US Open, il n'a eu de cesse de passer les paliers petit à petit, de peaufiner son jeu au fil des tournois. Depuis toujours et bien avant ce Wimbledon 2021, Berrettini n'a rien d'une fulgurance, ou même d'une évidence. Il est un produit qu'il a fallu façonner, travailler avec le temps pour le voir se développer en un joueur affirmé du Top 10 mondial.
"J’ai posé la question à Matteo il y a quelques années, il m’a dit qu’il avait compris l’intérêt d’adhérer à un projet à long terme, expliquait son entraîneur Vincenzo Santopadre au Parisien durant le dernier Roland-Garros. Que le but n’était pas de gagner le tournoi de la semaine prochaine. On lui a apporté cette culture." Avec l'expérience est venue la maîtrise des différentes surfaces, pour mieux confirmer un secret jusque-là bien gardé. Si tout le monde se souvient de Berrettini pour son épopée à Flushing Meadows en 2019, sa première qualification pour la deuxième semaine d'un tournoi du Grand Chelem datait bien de Wimbledon quelques semaines plus tôt. Il n'est pas encore sur le Centre Court comme dans une résidence secondaire avec jardin sur cour (tout le monde ne s'appelle pas Novak Djokovic). Mais comme le Serbe, Berrettini aussi voit Wimbledon comme "le temple" du tennis.

Berrettini "s'attendait" à être aussi performant

L'annulation du Majeur londonien en 2020 a empêché de voir cette appétence pour le gazon se confirmer. Tout n'était qu'une question de patience. Son sacre au Queen's juste avant l'édition 2021 dans la posture de la tête de série N.1 a été une piqûre de rappel tombée à point nommé, en plus d'un premier sacre sur un ATP 500.
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Norrie a bien résisté devant son public mais Berrettini était trop fort : le résumé de la finale

Video credit: Eurosport

Sa première partie de tournoi et sa dernière prestation très aboutie contre Félix Auger-Aliassime en quart de finale sont des signes supplémentaires de sa confiance totale en lui-même, lui qui a remporté 22 de ses 25 derniers matches sur le circuit. Loin du jeune homme à qui tout semblait presque trop beau pour être vrai deux ans plus tôt.
"Avant l'US Open 2019, je ne savais pas que je pouvais accomplir ça, c'était plus inattendu, expliquait-il après son succès face au jeune Canadien mercredi. Là, je savais que je pouvais le faire. Je sais que le chemin n'est pas fini. Je sentais que j'étais un meilleur joueur, j'ai joué plus de matches, ce que j'ai fait jusque-là est bien, mais ce n'est pas quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas. Je joue sans aucun doute le meilleur tennis de ma carrière."
Avec son service puissant (77 aces, meilleure peformance du tournoi) et sa belle qualité en coup droit, Berrettini a le jeu qu'il faut pour briller sur le gazon du All England Club, sur lequel il prend volontiers ses aises. Certes, le destin a jusque-là été clément et lui a donné un peu de champ libre : dans sa partie de tableau, Alexander Zverev est tombé dès les huitièmes de finale, avant que Roger Federer ne cède en quarts de finale contre Hubert Hurkacz. Un adversaire dont se méfie l'Italien, même si le Polonais découvrira pour sa part un aussi haut niveau en Grand Chelem. "Il a battu à la suite Medvedev et Federer, donc il est en forme" avance-t-il. Pour une fois, c'est pourtant lui qui partira avec la pancarte du vainqueur escompté.
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