Roger Federer prend doucement ses marques. Wimbledon, il connaît par cœur, évidemment. Mais l'octuple vainqueur du tournoi doit encore s'accoutumer à cette maudite bulle. Le Covid-19 est toujours là, il aurait même tendance à repartir à la hausse en Grande-Bretagne et, comme tout le monde, le Suisse doit se conformer aux exigences du protocole sanitaire : il logera tout au long du tournoi au Park Plaza, dans le centre de Londres, et son entourage doit se limiter à trois personnes, staff compris. La quinzaine verte en famille, avec son épouse Mirka et les enfants, ce n'est donc pas pour cette année.
"C'est la bulle, c'est comme ça... Le problème, ce n'est pas la taille de la chambre d'hôtel, c'est juste que le fait de devoir vivre dans cette bulle rend tout différent, regrette le finaliste malheureux de la dernière édition, en 2019. Il m'a fallu un ou deux jours pour bien comprendre où j'avais le droit d'aller, ce que j'avais le droit de faire. Pareil pour le protocole une fois sur le site à Wimbledon. Mais c'est bon, j'ai tout compris. C'est sûr que ça change des 20 dernières années, où je venais en famille, on avait notre maison. Mais je fais avec, ça me va. Je ne vais pas me plaindre, ça reste une joie et un privilège d'être ici."
Wimbledon
Deux matches sous investigation pour d'éventuels paris suspects
14/07/2021 À 14:40

Federer et le déclin : "On saura à Wimbledon si le Suisse est 'récuparable' ou pas"

Je serai de plus en plus fort match après match
Federer est heureux d'être là, et le message qu'il a envoyé samedi lors de sa conférence de presse est radicalement différent de son discours en arrivant à Roland-Garros. Il croit en lui. Pourtant, sa préparation a été minimaliste. Deux petits matchs à Halle et une défaite en trois sets contre Félix Auger-Aliassime, au terme d'un match qui l'a mis en colère, contre lui-même. "Les choses ont déraillé mentalement pour moi, a-t-il expliqué samedi. Il y a des façons de perdre et je me suis fixé un certain standard... Le bon côté est que je sais que ça ne se reproduira pas ici."

Federer s'est fait croquer par un Auger-Aliassime offensif et efficace au service

Appelez ça l'effet Wimbledon. La tête de série numéro 6 affiche ses certitudes dans ce domaine. "Je suis gonflé à bloc", dit-il. Ses mots sont ceux d'un affamé, convaincu de pouvoir bien faire et désireux de le prouver. "Je sais que je peux faire bien mieux qu'à Halle. Maintenant, je suis maintenant à Wimbledon et j'ai une chance. Je sais que si je me mets bien en route, que j'atteins la seconde semaine, ce qui est mon objectif immédiat, je serai de plus en plus fort match après match et je pense que tout est possible."
On ne pourra pas reprocher à Roger Federer de se cacher. Il n'a sans doute pas tort sur un point : sous réserve que son genou (et tout le reste de son corps bientôt quadragénaire) tienne le choc, il sera probablement de plus en plus dangereux au fil des tours s'il parvient à avancer. Pour cela, il devra donc déjà survivre à la première semaine. Adrian Mannarino, son premier adversaire, est une vieille connaissance.

Roger Federer en 2019 à Wimbledon.

Crédit: Getty Images

Ne pas rester en mode diesel trop longtemps

Le gaucher français a affronté six fois le Suisse, pour six défaites, dont deux à Wimbledon, en 2011 et 2018. Il ne lui a pris qu'un seul set sur ces six rencontres. Mais "Manna" n'est pas manchot sur gazon et ce sera un bon premier test. Après un éventuel nouveau duel contre un Français (Richard Gasquet) au deuxième tour, il pourrait ensuite affronter Cameron Norrie, le Britannique qui monte. Bref, pour valider ce premier objectif, cette fameuse seconde semaine, Federer ne devra pas laisser le mode diesel activé trop longtemps.
Mais il serait effectivement surprenant de le retrouver aussi emprunté qu'à Halle. D'abord parce qu'il a accumulé des heures d'entraînement sur gazon depuis, notamment avec Andy Murray. Ensuite parce que Wimbledon, c'est... Wimbledon. "Il y a quelque chose de naturel quand je repose le pied sur ce gazon", dit-il. Et sur ce qu'il a montré à Roland-Garros, où il a trouvé le moyen d'atteindre les huitièmes de finale, il serait paradoxal qu'il ne fasse pas aussi bien ici, à Londres.
"Il peut gagner, juge l'ancien demi-finaliste, l'Australien Todd Woodbridge dans The Independent. Mais il aura besoin que les étoiles s'alignent pour cela, clairement. Que son tableau s'ouvre, que lui soit aussi fort qu'en 2019. Mais s'il peut le faire quelque part, c'est bien ici." Federer n'a pas l'air de penser autrement.

Roger Federer, Wimbledon, Andy Murray

Crédit: Getty Images

Wimbledon
Di Pasquale : "Barty a tellement d'armes qu'elle a un tennis génial à voir jouer"
13/07/2021 À 15:07
Wimbledon
Djokovic : "Je me considère comme le meilleur, je suis plus complet que jamais"
11/07/2021 À 20:57