Wimbledon 2022 - "Je pensais que le train était passé" : En demie, Nick Kyrgios surprend tout le monde, même lui

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WIMBLEDON – Qualifié pour sa première demi-finale de Grand Chelem en carrière, où il défiera Rafael Nadal, après une victoire en 3 sets face au poil à gratter chilien Cristian Garin, Nick Kyrgios a encore fait preuve de beaucoup de sérieux. Une qualité qui ne lui était jusque-là pas connue. Après la rencontre, l’Australien lui-même a reconnu son étonnement d’arriver si loin.

"Kyrgios, un talent pur mais une attitude détestable"

Video credit: Eurosport

"J’ai grandi. Les gens oublient souvent que ça fait presque dix ans que je suis sur le circuit. Ils ne réalisent pas vraiment que j’ai 27 ans". En effet, même après des années à le voir évoluer sur les courts aux quatre coins de la planète, aux yeux du grand public, Nick Kyrgios est toujours un grand enfant. En même temps, il faut dire que le 40e mondial, qui retrouvera Rafael Nadal pour la 10e fois de sa carrière en demi-finale, fait plus souvent parler pour ses exubérances que pour son sérieux sur le court.
D’ailleurs, son fait d’armes de cette quinzaine londonienne, c’est surtout ce match dingue, et houleux, remporté en 4 sets face à Stefanos Tsitsipas au troisième tour : "C’était probablement un tyran à l’école", dira le Grec sur le natif de Canberra en conférence de presse. L’enfance, toujours.
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"Si Nadal et Djokovic s'affrontent en finale, le rapport de force sera à l'avantage de l'Espagnol"

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Sauf que depuis cette éruptive rencontre, Kyrgios a montré un tout autre visage, appliqué, besogneux face à Brandon Nakashima, dominé en 5 sets, en huitième de finale, puis solide et constant face à Cristian Garin, dominé en 3 sets en quart de finale ce mercredi. Même après la rencontre, l’Australien s’est livré à un rare moment d’humilité : "Jamais je n’aurais pensé me retrouver en demi-finale d’un Grand Chelem", a déclaré l’ex numéro 13 mondial.
"Je pensais que le train était passé, que j’avais gâché cette fenêtre qui s’était ouverte", notamment quand, en 2014, celui qui s’était vu attribuer une wild-card, parvenait à terrasser Rafael Nadal dans ce même tournoi en huitième de finale. Depuis, pourtant, l’Australien s’est perdu, manquant de rigueur sur et en dehors des courts pour confirmer les belles promesses qu’il avait laissées entrevoir : "Il fut un temps où il fallait me faire sortir de force d’un pub à 4 heures du matin pour jouer un deuxième tour de Wimbledon contre Nadal (en 2019, défaite 6-3, 3-6, 7-6, 7-6)", a également raconté le joueur il y a quelques jours.
Après plusieurs années à évoluer loin des radars, hormis pour ses facéties, Kyrgios semble donc avoir enfin trouvé la voie. Mais seul : "Je n’ai pas de coach, je ne mettrai jamais ce fardeau sur les épaules de quelqu’un", a-t-il concédé après sa qualification pour sa première demi-finale de Grand Chelem en carrière. Ce qui ne l’empêche pas, depuis le début du tournoi, de crier avec vigueur sur son clan lorsqu'un point ne tourne pas en sa faveur.
"Chacun des membres de mon équipe a un rôle important, même si aucun d’eux ne connaît le tennis mieux que moi. Je joue à ce sport depuis que j’ai 7 ans. Je suis en demi-finale et je suis plutôt content", a-t-il décrit. Avant, d’un mot gentil pour son adversaire du jour, Cristian Garin, de glisser : "Il a fait un magnifique tournoi. Ça aurait pu tout aussi bien être lui qui se tient devant vous". Une parole digne des sages Rafael Nadal ou Novak Djokovic. Quand il vous dit qu’il a grandi.
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Nick Kyrgios

Crédit: Imago

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