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Wimbledon 2023 | Et si Carlos Alcaraz surgissait où il était le moins attendu ?
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Publié 15/07/2023 à 23:43 GMT+2
Un mois après avoir essuyé une défaite douloureuse en demi-finale de Roland-Garros où il était légèrement favori contre Novak Djokovic, Carlos Alcaraz a déjà l'occasion de prendre une éclatante revanche en finale du tournoi le plus prestigieux du monde : Wimbledon. Cette fois, le jeune Murcien sera clairement dans la peau de l'outsider et ce n'est peut-être pas plus mal pour lui.
Carlos Alcaraz à Wimbledon en 2023
Crédit: Getty Images
Ce gamin est décidément hors normes. Il y a à peine un mois, il était très difficile d'évaluer précisément ce que l'on pouvait attendre précisément de Carlos Alcaraz sur gazon. Bien que surdoué, le Murcien n'avait que peu de références sur la surface, n'ayant pas dépassé les huitièmes de finale à Wimbledon lors de ses deux premières participations. En gagnant le Queen's voici trois semaines, il avait déjà envoyé un sacré message, mais atteindre la finale au All England Club, c'était encore autre chose. Surtout dans une partie de tableau où les obstacles étaient nombreux.
Bousculé par Nicolas Jarry dès le 3e tour, "Carlitos" n'avait pas le choix : il devait prendre une nouvelle dimension pour survivre à l'enchaînement qui l'attendait. D'abord face à un Matteo Berrettini renaissant (finaliste en 2021) en huitième, puis Holger Rune, Top 10 confirmé et rival de jeunesse, en quart et enfin contre un vainqueur de Grand Chelem, Daniil Medvedev, en demie. Résultat : l'Espagnol est allé crescendo, concédant la première manche contre l'Italien avant d'en aligner 8 consécutives.
Des progrès fulgurants sur gazon avant le défi ultime
Cette montée en puissance impressionnante ne pouvait pas mieux tomber au moment de s'attaquer à l'Everest Novak Djokovic, quadruple tenant du titre. Les craintes affichées quant à sa capacité à bien se déplacer sur herbe ou à garder sa concentration sont oubliées. "Ça pourrait même devenir ma meilleure surface, a-t-il osé, sourire en coin en conférence de presse après sa demi-finale. J'ai toujours aimé jouer sur gazon. Probablement encore plus après cette année."
Un peu à la manière de son glorieux aîné Rafael Nadal en 2006 qui défiait pour la première fois le maître des lieux Roger Federer, Carlos Alcaraz s'apprête à s'attaquer au défi le plus difficile du moment sur la planète tennis. Novak Djokovic n'a plus perdu sur le Centre Court de Wimbledon depuis tout juste dix ans et une finale contre Andy Murray. Les Britanniques ont beau s'en souvenir comme si c'était hier, cela fait une éternité à l'échelle du sport de haut niveau.
Voir Alcaraz s'imposer serait donc forcément une surprise, quoi qu'on en dise. Et l'intéressé en est lui-même conscient. "Être l'outsider, ça ne change rien pour moi. Tout le monde sait que Djokovic est le favori, moi compris, a-t-il encore confié à Eurosport au micro de Mats Wilander. Il a gagné les quatre derniers Wimbledon, il est en lice pour le cinquième d'affilée, il est invaincu depuis 34 matches ici, c'est quelque chose de fou. Je vais essayer de ne pas y penser, d'oublier toutes ses statistiques. Je vais essayer de penser que c'est un match comme un autre et de montrer mon meilleur tennis pour essayer de le battre."
L'Espagnol a beau dire, être un petit peu moins attendu pourrait lui faire le plus grand bien. Il y a un peu plus d'un mois, en demi-finale de Roland-Garros face au même adversaire, il était considéré comme légèrement favori. Mais dévoré par le stress et la pression mise d'entrée par le Serbe, il avait été victime de crampes, ruinant ainsi ses espoirs de succès. Ce jour-là, déconcertant de sincérité devant les journalistes, il avait avoué s'être déçu, subjugué par l'aura de son adversaire.
A Wimbledon, Djokovic a en quelque sorte la responsabilité de gagner. Ce n'est pas un problème pour lui qui sait gérer cette pression, mais ce sera déjà un poids en moins pour son jeune rival. "Mentalement, je ferai quelque chose de différent pour rester calme. Des exercices sur le plan mental. Je vais essayer d'oublier que je vais jouer une finale contre Novak. J'ai une psychologue avec laquelle je travaille depuis le début de l'année 2020, elle m'aide beaucoup. Je vais lui parler pour préparer ce match, ce moment important pour moi qui ne va pas être facile", a encore confié Alcaraz.
Une manière d'avouer que Djokovic l'impressionne encore déploreront certains. Mais reconnaître un problème n'est-il pas le premier pas essentiel pour tenter de le résoudre ? Le Murcien va donc se concentrer sur tous les aspects positifs du défi qui l'attend. "Jouer une finale ici à Wimbledon, c'est quelque chose dont j'ai rêvé quand j'ai commencé à jouer au tennis. C'est encore mieux de la jouer contre Novak. C'est une légende de notre sport et je dis toujours que si vous voulez être le meilleur, il faut battre les meilleurs. Pour lui, c'est un jour de plus, un moment spécial de plus. Pour moi, ça va être le meilleur moment de ma vie."
Medvedev : "Carlos est un peu comme le Big 3"
Un tel écart d'expérience – Djokovic jouera sa 35e finale (record) en Grand Chelem, la 9e à Wimbledon – est souvent un gage de sérénité supplémentaire et de meilleure gestion émotionnelle de l'événement pour le plus habitué des deux. Mais c'est aussi parfois l'occasion pour le jeune prétendant de se sublimer. La dernière victime d'Alcaraz dans cette quinzaine en sait quelque chose.
"Les membres du Big 3 sont fantastiques, ils gagnent et ont gagné tant de Grands Chelems et de matches. Carlos est un peu comme eux, a ainsi jugé Daniil Medvedev. Il n'a que 20 ans et déjà un Grand Chelem en poche, il est numéro 1 mondial depuis de nombreuses semaines. Je pense qu'il a ce qu'il faut pour battre Novak. Ils n'ont jamais joué sur gazon. Novak a gagné plus d'une trentaine de matches d'affilée à Wimbledon. Donc ça va être dur juste pour cette raison. Mais ce sera une finale intéressante, opposant les numéros 1 et 2 mondiaux. On ne peut pas dire qui va gagner de façon certaine." Déjà habitué des coups d'éclat, Alcaraz sait donc ce qui lui reste à faire…
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