Wimbledon - Réseaux sociaux, solitude, précocité : Novak Djokovic et les causes de "burn-out"
Par Glenn Ceillier
Mis à jour 07/07/2025 à 09:47 GMT+2
La santé mentale des joueurs est régulièrement évoquée ces derniers jours à Wimbledon depuis qu'Alexander Zverev a avoué se sentir "vide". Et ce dimanche, Novak Djokovic a livré une longue analyse du sujet pour un média serbe, Sportklub. L'ancien boss du circuit voit trois raisons principales à ces problèmes de plus en plus présents dans le monde du tennis.
"Ce Wimbledon est la dernière chance pour Djokovic de gagner un titre du Grand Chelem"
Video credit: Eurosport
C'est le sujet de la quinzaine à Wimbledon. Depuis la sortie d'Alexander Zverev qui a confessé ne "jamais s'être senti aussi vide" après son revers dès le 1er tour face à Arthur Rinderknech, de nombreux joueurs et joueuses ont apporté leur soutien à l'Allemand tout en parlant de la santé mentale dans le tennis. Un enjeu qui revient sur la table régulièrement depuis quelques années. Andrey Rublev n'a pas par exemple pas hésité à révéler qu'il avait souffert de dépression pendant plusieurs années. Et d'autres comme Caroline Garcia ou encore Stefanos Tsitsipas ont ouvertement parlé de "burn-out".
Alors que Carlos Alcaraz a révélé cette semaine avoir "souvent été déprimé sur le court et en tournoi" - "Je suis heureux d'avoir retrouvé le chemin et de me sentir à nouveau heureux sur le court", a complété l’Espagnol et numéro 2 mondial -, la planète tennis semble parfois au bord de l'implosion. Avec des joueurs de plus en plus à bout, épuisés ou dépressifs. Les raisons sont évidemment multiples. Chaque joueur possède sa personnalité propre et gère différemment tel ou tel problème. Mais pour essayer de comprendre les causes de ces maux qui touchent de plus en plus de joueurs, qui de mieux que Novak Djokovic avec sa vision unique du haut de ses 38 ans et de ses 21 années sur le circuit ?
Les réseaux sociaux, on peut s'y perdre
Alors qu'il a annoncé "être là" pour Zverev si ce dernier en avait besoin, le Serbe, qui rêve de décrocher un 25e Grand Chelem pour écrire encore un peu l'histoire du tennis, a une idée assez précise de la question. Pour "Nole", les réseaux sociaux sont notamment la principale explication. "La première chose qui me vient à l'esprit, ce sont les réseaux sociaux. Ils sont extrêmement présents et dictent largement l'humeur et le rythme quotidien d'un athlète - surtout chez les jeunes" a estimé "Djoko" dans une interview accordée au média serbe Sportklub et à son journaliste Saša Ozmo.
Cette relation plus ou moins directe avec les suiveurs du tennis a évidemment changé la perception de nombreux joueurs de leurs hauts et surtout de leurs bas. "Tout le monde est sur les réseaux sociaux et on peut s'y perdre, s'attacher aux commentaires, à ce que quelqu'un tape sur son clavier ou son téléphone... et ça fait mal. Ce n'est pas anodin. C'est quelque chose dont nous devons parler sérieusement", a encore complété l'ancien numéro 1 mondial. Mais si les réseaux sociaux pèsent dans le quotidien des joueurs, il n'y a pas que ça évidemment.
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Auf Novak Djokovic wartet im Wimbledon-Achtelfinale eine große Herausforderung
Crédit: Getty Images
La longueur des saisons et… le "professionnalisme strict"
"Djoko" est bien placé pour le savoir : une saison ATP est longue et éreintante. Entre les voyages, les matches réguliers et la courte période de break en fin d'année, les saisons laissent des traces, physiquement mais aussi psychologiquement. Et peut-être encore un peu plus car on parle d'un sport individuel. "Le tennis a la saison la plus longue de tous les sports. Pour la plupart de ceux qui jouent le calendrier complet, c'est du 1er janvier à la fin novembre. D'autres sports ont aussi plus de compétitions maintenant, mais le tennis est un sport individuel - il n'y a pas de remplaçants. (...) Ici, chaque point compte, chaque jour compte. Si vous voulez atteindre le plus haut niveau, vous devez faire en sorte que toute votre vie soit au service du tennis."
Une exigence présente évidemment dans tous les sports professionnels. Mais peut-être un peu plus pesante au tennis, où un joueur est confronté à une forme de solitude. Mais pour Djokovic, un dernier facteur n'aide pas non plus : les carrières précoces. "Les enfants sont poussés trop tôt vers un professionnalisme strict, avant qu'ils n'aient développé leur intelligence émotionnelle, qui fait partie de la préparation psychologique à la vie", regrette Djokovic.
"Nole" a pourtant joué son premier match dans un tableau final sur le circuit ATP à 17 ans et deux mois. Mais à ses yeux, la donne a changé. "Lorsqu'un talent est repéré, on le pousse vers le professionnalisme - il suffit de jouer, jouer, jouer - et ensuite toutes sortes d'agents s'en emparent, ceux qui sont intéressés par le succès, et ils poussent le joueur à jouer le plus possible pour qu'ils gagnent plus. C'est un cercle vicieux, et si un joueur s'y perd un peu, cela peut fortement affecter son psychisme et la façon dont il vit sa vie", conclut dans Sportklub celui qui a cofondé le syndicat de joueurs avec Vasek Pospisil. De quoi se dire qu'il est peut-être temps d'avoir une réflexion globale sur le circuit ATP.
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