Wimbledon 2026 I Quarts de finale I "Je ne peux pas y croire" : pourquoi la victoire d'Arthur Fery face à Flavio Cobolli est tout sauf un miracle

Eurosport sur Google

Le fabuleux parcours d'Arthur Fery à Wimbledon a pris un nouveau tournant magnifique, mercredi, sur le Centre Court. Voir un 114e joueur mondial l'emporter face à un Top 10 en quart de finale d'un Grand Chelem n'a rien d'anodin. Et pourtant : il y avait la victoire, et la manière. Une vraie raclée, conclue d'une bulle. Fery n'est pas un miraculé. Sa place en demies est plus que méritée. 

Une nouvelle vainqueur à Wimbledon ! "Les meilleures joueuses tirent les outsiders vers le haut"

Video credit: Eurosport

On n'avait connu ça qu'une fois, dans toute l'histoire du tournoi. Avant Arthur Fery, bourreau fabuleux de Flavio Cobolli en quarts de finale mercredi (6-4, 7-6, 6-0), seul Goran Ivanisevic était parvenu en demi-finales après avoir reçu une wild-card à Wimbledon, en 2001. Il était même allé chercher le titre. Mais lui avait déjà figuré cinq fois dans le dernier carré. Cette wild-card d'Ivanisevic ressemble, en 2026, à celle de Grigor Dimitrov. L'ancienne gloire mal classée. À l'épopée contrariée par un autre invité, plus modeste, moins attendu, mais coriace comme jamais. Et désormais demi-finaliste d'un tournoi du Grand Chelem.
En 2026, le dernier carré verra s'affronter d'un côté Novak Djokovic et Jannik Sinner, monstres sacrés d'un temps pour le premier, du suivant pour le second, et de l'autre Alexander Zverev, fraîchement titré à Roland-Garros, et Arthur Fery. Aucun titre sur le grand circuit ATP, bien sûr. Un seul trophée en Challenger, au tournoi de Barranquilla, en Colombie, l'an passé. Miraculeux, dira-t-on. Car retrouver un 114e mondial aussi haut, parmi les pontes de sa discipline, est une surprise. Le mot est faible. Et pourtant. 

Fery 2, Cobolli 0

"Ça a juste l'air d'être de mieux en mieux match après match, savourait simplement Fery après avoir signé la quatrième plus grande victoire de sa carrière de suite. Je ne peux juste pas y croire. C'était incroyable de jouer sur le Centre Court pour la deuxième fois, et d'y remporter une deuxième victoire. Je ne peux pas y croire." 
Pas faute de s'en être donné les moyens. D'y croire. Meilleur au service, au retour, à l'échange, plus lucide dans les moments-clés : Arthur Fery avait tout d'un grand, face à Flavio Cobolli. Même avec sa mince expérience. Les deux hommes, qui se sont côtoyés en juniors, s'étaient affrontés une seule fois sur le circuit ATP, à l'Open d'Australie 2026. Fery avait gagné en trois manches, mais Cobolli était malade, diminué. Pas cette fois. 
En Australie, déjà, j'avais senti que son niveau n'était pas celui d'un gars en dehors du Top 100
"J'ai joué contre Flavio (Cobolli) plus tôt dans l'année et je l'ai battu en Australie, ce qui a renforcé ma confiance, tentait-il d'expliquer après sa victoire. Je savais que je pouvais le faire, même si c'était ma première fois en quarts de finale, et qu'il l'avait déjà fait en Grand Chelem. J'étais très nerveux avant (le match), mais j'ai juste continué jusqu'à la ligne d'arrivée."
Son adversaire, longtemps désabusé, a reconnu être tombé sur plus fort. "En Australie, déjà, j'avais senti que son niveau n'était pas celui d'un gars en dehors du Top 100, détaillait Cobolli en conférence de presse, mercredi soir. Combien est-il maintenant ? (36) Je pense qu'il le mérite. Il a toujours joué un bon tennis depuis qu'il est jeune, on a grandi ensemble. Le tennis peut changer comme ça (claque ses doigts)."

L'arène, et la reine

L'Angleterre connaît maintenant Arthur Fery. Que la Reine était venue saluer avant le match - "c'était un honneur de jouer devant elle", dixit Fery. Que le Premier ministre démissionnaire Keir Starmer a félicité sur X après coup. Comme le Prince et la Princesse de Galles. Là réside le paranormal, pour un jeune homme de 23 ans, encore 480e mondial l'an passé. Le normal, la logique, vient avec sa victoire du jour. Sans contestation possible. Master-class. 
Méthodiquement, match après match, Fery mène sa barque. Sans trop penser au reste ("C'est bien que les matches viennent rapidement les uns après les autres, je ne regarde pas trop les réseaux sociaux. Je reste dans ma bulle et continue."). Et en poursuivant l'effort, droit devant. 
Même prévenu, Flavio Cobolli a été surpris. "Jouer un quart de finale contre un gars qui a déjà joué un match marathon, a passé de longues heures sur le court, classé plus bas que moi, j'avais l'impression d'avoir une chance de passer une bonne journée. Peut-être, comme me l'a dit mon équipe, que je n'étais pas si humble dès le premier point, mais je sentais que ce n'était pas mon jour."
Alexander Zverev ne le sera plus, surpris, au moment de lui ravir une place en finale. "La première fois que je l'ai vu jouer, c'était en Australie, quand il avait battu Cobolli au premier tour. J'avais vu le match. J'étais très impressionné, déjà. Il a une technique très propre, des frappes très propres en fond de court. (...) Bien sûr, c'est peut-être un peu une surprise qu'il se retrouve en demi-finale, mais je pense qu'il le mérite. Les victoires qu'il a remportées, sa manière de revenir lors de plusieurs matches, c'est beau à voir. C'est une belle histoire." Pourvu que ça dure.
picture

Roger-Vasselin sur la réforme du double : "On ne veut pas plus d’argent, on demande juste à exister"

Video credit: Eurosport


Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité