Caroline Garcia a chassé les doutes : "Tout est plus clair dans ma tête"
Par Glenn Ceillier
Publié 22/08/2022 à 09:26 GMT+2
WTA CINCINNATI - Caroline Garcia a renoué avec le succès dans un WTA 1000 en triomphant dans l'Ohio. Après son succès face à Petra Kvitova, qu'elle a expédiée en deux sets (6-2, 6-4), la Française est revenue sur sa période difficile et son renouveau de ces derniers mois. "Si j'avais encore des doutes, cela me prouve plus que tout que c'est la bonne voie à suivre", se réjouit-elle.
Caroline Garcia avec Bertrand Perret – son coach - et Laura Legoupil – sa préparatrice physique qui la suit au quotidien -.
Crédit: Getty Images
Elle n'est plus la même. Ou plutôt, elle est à nouveau elle-même. Et c'est un plaisir communicatif. Irrésistible depuis quelques semaines, Caroline Garcia a su chasser ses doutes de ces dernières années pour retrouver le sourire sur les courts. "Une joie pure. Juste du bonheur", a lancé dimanche la Lyonnaise de 28 ans après avoir encore trouvé le moyen de bluffer son monde en devenant la première joueuse à remporter un WTA 1000 en étant issue des qualifications. Mais sa victoire 6-2, 6-4 en 1h36, aux dépens de Petra Kvitova a surtout confirmé sa renaissance bienvenue pour le tennis tricolore.
Si elle a signé à Cincinnati un troisième sacre dans un WTA 1000 après ses triomphes à Wuhan et Pékin en 2017, ce succès n'a pas vraiment la même saveur. Ce troisième titre en deux mois, après ceux glanés sur le gazon de Bad Homburg et la terre battue de Varsovie, valide le travail effectué depuis des mois. Et les virages pris par l'ancienne numéro 4 mondiale (2018) pour reprendre le fil de sa carrière. "Tout est plus clair dans ma tête", a confié dimanche la native de Saint-Germain-en-Laye, qui a trouvé la structure adéquate aux côtés de Bertrand Perret – son coach - et de Laura Legoupil – sa préparatrice physique qui la suit au quotidien -.
La transformation est évidente. Plus affûtée ("Je me sens aussi beaucoup mieux physiquement, en meilleure santé. C'est déjà un grand pas", explique-t-elle), celle à qui Andy Murray avait prédit un avenir doré en 2011 ("La fille que Sharapova affronte sera n°1 mondiale un jour" avait tweeté l'Ecossais) sait aujourd'hui où elle va. Et comment y parvenir. "Nous avons clairement défini la façon dont je dois jouer, la direction que je dois prendre. Quand j'entre sur le court, je sais quel style de jeu je dois pratiquer et j'essaie toujours de le faire du mieux que je peux", a confié Garcia, qui a fait le choix de se séparer de son père en tant que coach en mai 2021 même s'il reste présent dans son équipe mais "voyage moins".
Enfin épargnée par des pépins physiques, la protégée de Bertrand Perret, qui était méconnaissable à un moment donné sur le circuit, peut ainsi développer son jeu agressif pour faire mal à ses adversaires. Comme au bon vieux temps… "Vous savez parfois vous ne réalisez pas à quel point, c'est agressif. A quel point cela met la pression sur l'autre. Mais c'est vraiment la manière qui a fonctionné pour moi dans le passé et ça marche définitivement cette année depuis que je suis en bonne santé et capable de m'entraîner", a-t-elle expliqué sur le site de la WTA. "J'essaie de lâcher prise et de me faire confiance et c'est vraiment très amusant de jouer de cette façon. J'aime vraiment beaucoup ça, faire des coups gagnants, avancer, aller au filet, faire des volées. C'est comme ça que j'aime jouer au tennis".
Et ça se voit. C'est même frappant quand on compare aux dernières années. Elle ne s'en cache d'ailleurs pas : ça n'a pas été une partie du plaisir ces dernières saisons, qui ont été marquées par des hauts et de nombreux bas après avoir explosé en 2017. "Ça a été dur, lance-t-elle. En tant que sportive, vous voulez être en bonne santé, pouvoir lutter mais aussi gagner. Et quand cela n'arrive pas, c'est difficile de retourner s'entraîner. C'est dur d'accepter ces problèmes. C'est encore plus dur alors d'accepter le fait que vous n'avez pas une vie normale. Que vous n'avez pas d'amis à voir tous les weekends. C'est vraiment difficile à gérer. Il faut essayer de vous souvenir pourquoi vous avez commencé le tennis".
Dans l'adversité, Caroline Garcia a cependant su trouver les ficelles pour rebondir. Et a surtout pu compter sur les bonnes personnes pour l'épauler. "Certains mois étaient vraiment difficiles. Mais j'ai eu la chance d'avoir des personnes positives derrière moi. Ça m'a permis de réaliser que j'avais de la chance de jouer au tennis. Et que c'était un super style de vie. Et que j'aimais encore ça. Ça m'a redonné de l'énergie, l'envie de trouver des solutions et d'avoir une bonne équipe derrière moi".
A nouveau apte à développer son style de tennis avec efficacité et mieux entourée, la numéro 1 tricolore possède aussi maintenant des armes tactiques pour se rassurer quand il y a des moments plus délicats à gérer. Surtout, elle parvient également à rester focus sur et hors des courts, où elle se montre impériale au service en accumulant les aces. "Parfois, j'ai eu des doutes, parce que ça ne marchait pas toujours, reconnaît-elle. Il faut aussi essayer d'oublier ce que les gens disent, mais ça arrive toujours à vos oreilles d'une manière ou d'une autre, et parfois de la part de personnes connues... Donc ça vous affecte. La route n'a pas été droite. Mais en jouant ce style de jeu, en gagnant des matches, le titre ici... Si j'avais encore des doutes, cela me prouve plus que tout que c'est la bonne voie à suivre".
Personne ne pourra aujourd'hui dire le contraire. En pleine confiance depuis son sacre avec Kristina Mladenovic en double à Roland-Garros, elle va débarquer à l'US Open avec ambition. Alors qu'elle a successivement écarté de sa route trois joueuses du Top 10 dans l'Ohio - Maria Sakkari (3e), Jessica Pegula (8e) et Aryna Sabalenka (7e) -, Caroline Garcia sera même attendue à Flushing Meadows qu'elle abordera dans la peau d'une tête de série, puisqu'elle sera 17e dès lundi au classement WTA. Mais elle devra encore faire mentir les pronostics puisqu'elle n’a jamais réussi à passer le cap des 16es de finale lors du Grand Chelem américain. Le genre de défi qui ne fait pas peur à une Garcia retrouvée et épanouie.
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