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L'aventure de Caroline Garcia s'est arrêtée, mais pas sa belle histoire

L'aventure de Garcia s'est arrêtée, mais pas sa belle histoire

Le 28/10/2017 à 19:39Mis à jour Le 28/10/2017 à 20:19

WTA FINALS - Caroline Garcia ne jouera pas la finale du Masters féminin dimanche. Alors que la Française ne pensait pas disputer cette compétition il y a encore deux semaines, son accession en demi-finale restera quand même un moment fort de sa saison, même si sa défaite face à Venus Williams lui a donné des regrets. Sa seule présence montre qu'elle a tout de même changé de dimension.

Quelle semaine pour Caroline Garcia... Encore une, devrait-on dire. Depuis son explosion en Asie et sa réussite insolente entre Wuhan et Pékin, la Lyonnaise a changé de braquet. Ses succès sur des joueuses du Top 10 ont forgé son expérience et ses convictions : maintenant, elle sait qu'elle peut rivaliser. Elle peut remporter de grands tournois. Au Masters, elle a démontré qu'elle n'était pas là par hasard. Et même si son tournoi s'est arrêté en demi-finale face à l'expérimentée Venus Williams, Garcia a montré que sa belle histoire ne faisait que commencer.

"Elle entre dans ses meilleures années, a commenté Nathalie Dechy dans les colonnes de L'Equipe, elle a grandi, elle progresse étape par étape. Elle a vécu des choses fortes qui ont été digérées physiquement et mentalement, ce qui fait qu'elle est en train de devenir une belle championne."

Avec son père, qu'elle a conforté à ses côtés, Caroline s'est forgée un parcours à la hauteur de ses ambitions. Sa saison n'a pas été un long fleuve tranquille. On se souvient de son début d'année très compliqué où ses choix n'ont pas payé tout de suite et où son dos lui a joué de mauvais tours. Son retrait de l'équipe de France de Fed Cup a eu beau être mal perçu, c'est finalement en se recentrant sur elle-même que la Lyonnaise a su se trouver.

" C'est une formidable athlète qui me fait penser à Amélie Mauresmo "

Deux titres consécutifs en Chine, dont un au tournoi de Pékin, l'équivalent d'un Masters 1000 chez les messieurs, lui ont permis d'intégrer pour la première fois le top 10 et de briguer la dernière place pour le Masters féminin. Cela représentait une première pour une Française depuis Amélie Mauresmo, lauréate en 2005 et finaliste en 2003 et 2006. Garcia est incontestablement passée dans une autre dimension en l'espace d'un mois. On est loin des railleries du début de saison.

Avant son passage en Asie, son réel décollage s'est opéré à Roland-Garros, où elle a atteint son premier quart de finale en Grand Chelem. Un déclic évident pour Guy Forget, qui s'est réalisé dans l'ombre de Kristina Mladenovic. "C'est probablement l'une des joueuses les plus complètes du circuit, a déclaré le directeur du tournoi de Roland-Garros et Bercy. C'est une formidable athlète qui me fait penser à Amélie Mauresmo par moments quand elle est sur le court. Elle a une technique extrêmement propre et joue beaucoup plus juste tactiquement. Par le passé, elle n'était pas toujours stable émotionnellement. Là, on a l'impression qu'elle a retrouvé une certaine sérénité". Merci papa, son coach, son premier supporter, son meilleur allié pour le moment.

Donc non, même si elle fait mal au vu de la physionomie du match, sa défaite face à Venus Williams ne doit pas tout remettre en cause. Elle doit maintenant "envisager la victoire dans toutes les compétitions la saison prochaine", affirme un Forget toujours plus optimiste, y compris dans les tournois du Grand Chelem dès la saison prochaine, où Serena Williams rentrera de congé maternité et où la concurrence sera forte de toute façon. "Elle apprend, elle doit garder son panache et sa discipline tactique, affirmait encore son paternel Louis-Paul à L'Equipe en marge du Masters de Singapour. Cela fait partie de son caractère et de sa façon de jouer." Il n'y a aucune raison pour que tout cela se perde en si bon chemin. Après tout, même la numéro un mondiale n'est pas en finale...

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