Paris 2024 - Pollution Seine - Des probiotiques, un antiseptique… comment la Team GB se prépare à nager dans la Seine
Par Glenn Ceillier
Publié 28/05/2024 à 23:42 GMT+2
Alors que la qualité de l'eau de la Seine fait toujours débat malgré le discours rassurant de l'organisation de Paris 2024 ou encore du président de la République Emmanuel Macron, certaines délégations ont choisi de s'activer pour se donner toutes les chances de s'illustrer lors des épreuves de triathlon. L'équipe britannique a ainsi notamment fait le choix de miser sur les probiotiques.
Le triathlon pour les Nuls : Coninx nous explique les spécificités de l'épreuve olympique
Video credit: Eurosport
C'est l'une des incertitudes avant ces Jeux Olympiques de 2024. Dans quel état sera la Seine pour la tenue des épreuves olympiques ? Depuis des mois maintenant, la qualité de l'eau parisienne est surveillée de très près. Et si le président de la République Emmanuel Macron a assuré fin avril que le fleuve serait "propre" lors de l'inauguration d'une station de traitement des eaux pluviales à Champigny-sur-Marne, le doute demeure.
Si la "maladie du pipi de rat" - scientifiquement appelée "leptospirose" – intrigue forcément, c'est la bactérie Escherichia coli (E. coli) ou les entérocoques qui posent le plus de problème pour l'épreuve du triathlon. Lorsqu'elles sont présentes en trop grande quantité dans l'eau, elles peuvent provoquer des nausées, des vomissements ou des gastro-entérites. Mais alors que leur taux sera surveillé, les triathlètes restent sereins. Question d'habitude.
Dorian Coninx : "On nage souvent dans les grandes villes…"
"On nage souvent dans les grandes villes où l'eau n'est jamais de très bonne qualité. Aux derniers Jeux par exemple, l'épreuve a eu lieu dans le port de Tokyo donc ce n'était pas mieux (ndlr : que la Seine)…", nous a ainsi confié le champion du monde tricolore Dorian Coninx dans notre émission, Mon Paris Olympique. "A chaque édition des Jeux olympiques et paralympiques à laquelle nous avons participé, il y avait généralement un problème lié à l'eau", a complété début mai Mike Cavendish, directeur de la performance pour l'équipe du Triathlon britannique, à Reuters. "A Tokyo, c'était une question de chaleur. Et à Rio, il y a eu des problèmes de qualité de l'eau. Ce n'est donc pas nouveau pour nous. (…) Nous connaissons les défis à relever."
Conscients des enjeux étant donné leurs expériences passées, certains pays ont cependant choisi de prendre les devants. Alors que plusieurs de ses athlètes ont de sérieuses chances de s'illustrer lors des épreuves de triathlon avec par exemple Alex Yee – vainqueur du Test Event et médaillé d'argent aux Jeux de Tokyo - ou encore la championne du monde Beth Potter, la Grande Bretagne ne veut ainsi rien laisser au hasard pour voir ses champions au top le jour J.
L'utilisation de probiotiques est une chose importante
Le staff de la Team GB s'active donc pour préparer au mieux ses protégés à la pollution éventuelle de la Seine. De plusieurs manières, comme l'a révélé The Guardian en avril. La première ? Une alimentation riche en probiotiques. "L'utilisation de probiotiques est une chose importante. L'idée est de faire en sorte que vos intestins soient capables de traiter efficacement toute pollution qui arrive", a expliqué au Guardian Mike Cavendish, directeur de la performance pour l'équipe du Triathlon britannique. "Il y aura également beaucoup de glucides, en partie parce qu'ils absorbent un tas de saletés, pour être tout à fait franc".
Si d'autres pays envisagent le recours à des médicaments selon le patron de la Team GB, l'équipe britannique a donc fait le choix du "naturel" en donnant comme consignes à ses athlètes de manger des yaourts, du kéfir ou des compléments alimentaires probiotiques. Mais cela ne s'arrête pas à l'alimentation. Les triathlètes britanniques ont aussi des précautions claires à respecter. Notamment sur leur hygiène à la sortie de l'eau. "L'une des principales causes de maladie n'est pas nécessairement ce que vous buvez et avalez lorsque vous êtes dans l'eau, a encore ajouté Cavendish au quotidien généraliste anglais. C'est lorsque vous sortez de l'eau et que vous touchez votre bouche et vos yeux avec vos mains. Nous leur demandons donc de se nettoyer immédiatement avec de l'Hibiscrub". L'Hibiscrub étant un antiseptique local utilisé pour la désinfection chirurgicale pré-opératoire des mains.
Des instructions à respecter lors des entraînements avant l'épreuve mais aussi le jour de la compétition. Car si les hommes vont se mettre à l'eau le mardi 30 juillet et que les femmes sont attendues le lendemain, le relais mixte aura lui lieu quelques jours plus tard (le lundi 5 août). Et l'idée reste de ne pas se retrouver malade, comme en août dernier quand pas moins de 57 triathlètes avaient souffert de diarrhées et vomissements après avoir participé à l’étape des Championnats du monde de triathlon à Sunderland….
Retrouvez tous les épisodes de notre série consacrée aux épreuves et à la baignade dans la Seine :
- Épisode 1 : La baignade dans la Seine, histoire d'une promesse pas encore tenue
- Épisode 2 : La pluie, ennemie de la Seine et menace d'annulation
- Épisode 3 : "La maladie du pipi de rat", de la psychose à la réalité
- Épisode 4 : En 2025, tous à l'eau ?
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