Quatre sacres en huit participations et en 26 ans: le triomphe de Team New Zealand, mercredi lors de la Coupe de l'America, confirme la domination actuelle des Kiwis sur cette épreuve mythique, au point qu'on les compare désormais aux légendaires All Blacks.
Entrés au milieu des années 1980, du bout des orteils, dans le grand bain de cette auguste compétition, les marins néo-zélandais sont parvenus, en dépit de moyens inférieurs à leurs concurrents, à participer à sept des huit éditions de la Coupe de l'America organisées depuis 1995. Une prouesse quand on sait que les Américains, qui avaient remporté 28 des 29 premières éditions entre 1851 et 1988, n'ont participé qu'à quatre des huit dernières Coupes.
Ce quatrième sacre néo-zélandaise (7-3 face aux Italiens de Luna Rossa) vient avant tout récompenser la constance et les capacités d'innovation des Kiwis, que l'un des barreurs du défi italien défait Jimmy Spithill présente tout simplement comme les meilleurs "voileux" au monde.
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"Aller se mesurer à Team New Zealand sur leur plan d'eau, c'est la même chose qu'affronter, si on est rugbyman, les All Blacks en finale de Coupe du monde à l'Eden Park", confiait récemment l'Australien. "C'est un privilège incroyable."

Emirates Team New Zealand et Luna Rossa lors de la régate 8 de la Coupe de l'America Fernando Alonso (Alpine) le 15 mars à Auckland

Crédit: Getty Images

"On ne peut pas rivaliser"

Contrairement à la plupart des équipages convoitant l'Aiguière d'argent, le plus ancien trophée sportif au monde, les Néo-Zélandais ne sont pas soutenus par un puissant mécène. On a dans le passé vu le fondateur d'Oracle Larry Ellison ou le magnat suisse Ernesto Bertarelli se lancer à l'assaut de la Coupe de l'America (et la remporter) en enrôlant les meilleurs équipages et les plus brillants architectes au monde. Cette année, l'industriel britannique Jim Ratcliffe et le patron de Prada Patrizio Bertelli ont aussi massivement investi, respectivement dans Ineos Team UK et Luna Rossa.
Les budgets de l'"America" sont un secret jalousement protégé, mais le Financial Times estimait récemment que pour cette édition, Team New Zealand avait moitié moins de moyens que ses concurrents. Le directeur financier du défi kiwi Kevin Shoebridge reconnaissait d'ailleurs qu'ils ne jouaient pas dans la même cour que les autres. "On ne peut pas rivaliser avec certains des grands noms", admettait-il. "Alors nous avons l'exigence d'être malins, innovants, de les battre sur le terrain des idées."
Engagé pour relancer les Kiwis après leur défaite de 2003, le directeur général de Team New Zealand Grant Dalton a joué un rôle crucial pour rallier à lui sponsors et subventions du gouvernement. Il s'est aussi montré sans pitié, en écartant le barreur Dean Barker après l'humiliante défaite de San Francisco en 2013 (menés 8-1 par les Néo-Zélandais, les Américains d'Oracle l'avaient emporté 9-8), pour promouvoir le prodige Peter Burling.

Peter Burling celebra la vittoria della 36a Coppa America a bordo di Team New Zealand, 7-3 su Luna Rossa

Crédit: Getty Images

Innovations

Et c'est bien sur l'innovation que les Néo-Zélandais se sont distingués ces vingt dernières années, avec des résultats contrastés. Ainsi en 2003, leur voilier NZL82 avait surpris avec des nouveautés radicales, notamment un mât très léger en fibre de carbone qui s'était brisé lors de la quatrième manche. Les Kiwis avaient été torpillés 5-0 par les Suisses d'Alinghi.
Ils furent les pionniers dans l'utilisation des foils, ces appendices latéraux qui permettent de soulever le bateau et de réduire la résistance de l'eau, sur la Coupe de l'America, lors de la préparation de la 34ème édition programmée en 2013. Le concept semblait alors tellement saugrenu que certains affirmèrent en 2012 que les photos du catamaran kiwi avaient été retouchées.
Innovation toujours en 2017, quand les Kiwis avaient remplacé les traditionnels "moulins à café", opérés à la force des bras, par des vélos permettant des gains substantiels en termes d'énergie. Et lors de cette 36ème édition, les Néo-Zélandais ont encore bouleversé la course avec des monocoques de 75 pieds (23 mètres) dotés de deux foils basculants en "T", d'un safran également en "T" et, surtout, sans quille. Beaucoup craignaient que ces engins soient trop instables. Mais ce design révolutionnaire a accouché du spectacle inédit de fusées volant au-dessus des vagues.
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