The Ocean Race Europe 2025 - A l'attaque de la Méditerranée : "Pour le côté drama, c'est parfait"
Par Glenn Ceillier
Publié 26/08/2025 à 15:34 GMT+2
Les équipages de The Ocean Race Europe vont s'attaquer à la Méditerranée. Et si l'Atlantique présente de nombreux défis à relever, la "grande bleue" change la donne. Car naviguer en Méditerranée n'a rien à voir avec son "côté très aléatoire" qui peut permettre de faire "des coups incroyables".
Voile déchirée, coque éventrée : déjà de la casse au départ de l'Ocean Race Europe
Video credit: Eurosport
"Il y a vraiment deux courses". Paul Meilhat, le skipper de Biotherm, met les points sur les i. L'entrée dans la Méditerranée va changer la donne. Après les premières étapes pour passer de Kiel à Portsmouth puis jusqu'à Porto, les sept équipages de The Ocean Race Europe vont changer de monde. Ils restent pourtant au large de l'Europe. Mais ils changent de terrain de jeu. Car entre l'Atlantique et la Méditerranée, ce n'est clairement pas la même histoire pour les marins. "C'est vraiment deux manières d'appréhender les choses complétement différentes", complète Paul Meilhat.
Passer de l'un à l'autre demande de faire évoluer sa manière de naviguer quand on est à la barre de voiliers. "C'est une histoire de météo déjà. En Atlantique, on est souvent animé par ce qu'on appelle des météos générales : des dépressions qui passent et génèrent des vents…. Alors qu'en Méditerranée, on est sur des effets locaux. Il y a beaucoup de relief autour de la Méditerranée. Et du coup, la météo est moins prédictible. Donc, on va avoir quelque chose de plus aléatoire en Méditerranée", raconte encore le skipper de Biotherm.
Dans la "grande bleue" - plus grande mer semi-fermée au monde -, il faut ainsi être prêt à s'adapter à chaque instant. "En Méditerranée, il se passe un peu les mêmes phénomènes que sur tout un océan mais regroupés dans une petite mer. Et du coup, les phénomènes changent super vite", confirme Amélie Grassi, co-skipper de Paul Meilhat.
On peut faire vraiment des coups incroyables
Entre l'Atlantique et la Méditerranée, ce n'est cependant pas forcément plus facile avec l'un et plus compliqué pour l'autre. C'est juste différent. "En Atlantique ou dans la mer Baltique, on est plutôt sur quelque chose de très stakhanoviste. Il y a des courants à gérer et ça peut être très compliqué. Et puis, il y a beaucoup de zones interdites, des éoliennes, des cargos… Donc, ça demande une analyse et une qualité de navigation, de préparation des étapes qui est quand même très difficile. En Méditerranée, c'est plus instinctif, enchaîne Paul Meilhat. Il y a un côté très aléatoire qui est difficile pour les nerfs. Mais il y a des gens qui sont bons en Méditerranée."
Les particularités de la Méditerranée peuvent d'ailleurs rendre les choses palpitantes. "La Méditerranée, c'est assez marrant", glisse Amélie Grassi (Biotherm). "On peut faire vraiment des coups incroyables, ajoute le skipper originaire des Hauts-de-Seine. Pour le show et le suspense, c'est très bien. Par exemple, l'image qu'on peut avoir au Monténégro, c'est qu'on peut arriver avec six bateaux alignés à 200 mètres de l'arrivée. Tous arrêtés au même moment. Et la petite risée qui va faire la différence. C'est horrible parce que quelqu'un qui avait vraiment maîtrisé tout le début de la course peut se retrouver à perdre sur les deux dernières minutes. Pour le côté drama, c'est parfait." Et ce n'est pas les spectateurs qui s'en plaindront.
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