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Vendée Globe - "Le piège, c'est d'y penser" : Charlie Dalin, leader, ne veut pas encore entendre parler de victoire
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Publié 05/01/2025 à 14:11 GMT+1
Leader du Vendée Globe après 55 jours de course, le skippeur Charlie Dalin (Macif Santé Prévoyance) évite encore de penser à la victoire finale qu'il pourrait décrocher aux Sables d'Olonnes d'ici une douzaine de jours. La principale raison ? Son plus proche poursuivant Yoann Richomme (Paprec Arkéa), toujours sur ses talons à moins de 120 nœuds marins alors que les deux hommes longent le Brésil.
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Video credit: Eurosport
"Le piège, c'est d'y penser" : la victoire finale, Charlie Dalin ne veut pas encore en entendre parler. Leader du Vendée Globe, il sait que la "route est longue" jusqu'à l'arrivée aux Sables-d'Olonne, qu'il pourrait atteindre dans une grosse dizaine de jours. D'autant, observe samedi dans un entretien à l'AFP le skipper de MACIF Santé Prévoyance que son premier poursuivant, Yoann Richomme, est "le plus coriace" des concurrents.
Après 55 jours en mer, quel est votre état de forme et celui de votre bateau ?
Charlie Dalin : "Tout va bien. On a eu quelques jours de calme. C'était plutôt agréable, cela a permis de vraiment bien dormir. Le vent était stable et c'est presque comme si on était au port. Une bonne récupération. J'ai pu mettre le bateau bien carré pour le sprint final, monter au mât. Nous accélérons de nouveau là. La nuit dernière, je faisais des pointes à 27 à 28 noeuds (plus de 50 km/h), j'avais presque perdu l'habitude. Ca tabasse !"
Comment envisagez-vous cette dernière ligne droite ?
C.D. : "Il y a plusieurs tronçons à négocier encore, terminer le tronçon d'alizée du sud-est que l'on fait actuellement, trouver le point de passage optimum dans le Pot-au-Noir et bien en sortir. Ce n'est pas simple à envisager. Il faut trouver la bonne ligne pour rentrer dans le Pot, gérer le Pot. Je saurai vraiment à quelle sauce il va me manger 12 à 20 heures avant. Quand tu en sors, tu mets à jour tes routages et tu vois quelles lignes il faut prendre pour arriver à la maison".
Vous étiez annoncé comme l'un des favoris, après la 2e place il y a quatre ans, et vous êtes en tête. Pensez-vous à la victoire ?
C.D. : "Pas du tout. Dès que je pense à l'arrivée, je reviens dans ce qu'il y a à faire. La route est longue, il y a des pièges encore à déjouer : le Pot-au-Noir, vraisemblablement une dorsale anticyclonique du côté des Canaries. Il peut se passer des choses. Le piège c'est d'y penser, dès que mon cerveau y pense, j'essaye de le recadrer".
Les bateaux ont le potentiel
Si tout se passe bien, vous devriez arriver aux Sables-d'Olonne autour du 15 janvier et exploser au passage le record d'Armel Le Cléac'h (74 jours, 3 heures et 35 minutes en 2017). Est-ce une surprise ?
C.D. : "Oui et non. Non, car je sais que les bateaux ont le potentiel. On avait déjà le potentiel il y a quatre ans, mais cela dépend vraiment de la météo. À quelques centaines de kilomètres près, ce n'est pas du tout le même Vendée Globe. Le bateau d'Armel, c'était un bateau avec des petits foils, avec des performances incomparables. Mais même là, on a mis du temps à remonter sur le temps d'Armel, c'est très lié aux conditions, mais j'ai eu des mers du sud exceptionnelles. Si je refais des tours du monde, il y a de très faibles pourcentages de chances que j'en refasse un avec des conditions aussi clémentes. Mon seul gros obstacle a été de me retrouver devant la grosse dépression (dans l'océan Indien, NDLR) et d'avoir réussi à la mettre derrière moi. C'était la grosse tempête du Vendée Globe. Avant le Cap Horn, j'ai eu des belles rafales, j'ai eu deux, trois fois des risées, mais jamais dans le très, très dur. Je suis le seul car même Yoann a pris cher en passant par le nord".
Le dernier obstacle à la victoire, c'est justement Yoann Richomme qui vous talonne... Vous attendiez-vous à le retrouver au coude-à-coude jusqu'au bout ?
C.D. : "Déjà, je ne savais pas si moi j'allais réussir à être en tête. Ça, c'est réussi, donc c'est cool. Concernant Yoann, on va dire que si j'avais dû miser, si j'avais dû mettre une pièce sur un autre bateau, j'aurais mis Yoann. Depuis qu'il a annoncé qu'il ferait ce Vendée Globe, je me doutais que ce serait un des clients, voire le client le plus sérieux. Le plus coriace".
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