“La douche froide”. Tombés de leur nuage olympique, les coéquipiers d'un Jean Patry désillusionné ont été battus sèchement par la République Tchèque, avant même les quarts de finale d’un championnat d’Europe qu’ils auraient tant voulu gagner. “On s’attendait à un match compliqué, mais prendre une gifle comme ça, non”, a balayé le pointu de l’équipe de France, encore sonné en zone mixte.
Ça me fait chier
Championnat d'Europe
Les Bleus tombent de haut
13/09/2021 À 18:43
Il faut dire que les Bleus ont abordé ce premier match couperet de l’Euro avec le plein de confiance. Un mois après avoir surpris le monde entier en devenant champions olympiques, la formation de Bernardo Rocha de Rezende, qui vient tout juste de remplacer Laurent Tillie sur le banc tricolore, avait complètement dominé une poule constituée de l’Allemagne, la Croatie, la Lettonie, la Slovaquie et de l’Estonie, n’encaissant qu’un seul petit set au total. Un peu trop confiants ? “On a roulé sur les équipes, on ne s'était peut-être pas assez bien préparé mentalement mais en même temps c'est compliqué après l'été qu'on a passé. Physiquement et mentalement on n'avait plus la force, ça s'est vu”, regrettait Jean Patry, inconsolable. “Ça me fait chier“, a simplement surenchérit le libéro Jenia Grebennikov.
Pourtant, la France savait à quoi s’attendre face à une équipe qui avait déjà été son bourreau en 2017, au même stade de la compétition. Nicolas Le Goff l’avait même prédit : “le grand danger, c'était de laisser les Tchèques prendre feu avec le soutien du public”. Et c'est ce qu’il s'est passé, et ce dès les quatre premiers points du match avec deux services gagnants de Jan Galabov pour permettre aux hôtes de mener 4-0. Partis de trop loin dans le premier set, les Bleus ont cédé sur la fin (25-22), malgré un vent de révolte qui ne restera finalement qu'une légère brise. Après une deuxième manche ratée (25-19), la France a pris le contrôle de la troisième, mais a à nouveau vu les coéquipiers de Jakub Janouch recoller pour s’offrir le scalp des rois de Tokyo. “On sait que quand on est censés être favoris, on n'est pas bons. On se frustre vite. Ça fait des années que c'est comme ça", a tenté de se rassurer Antoine Brizard, le passeur des Bleus.
Retour à la réalité
Plus qu’un match raté ou qu’une élimination prématurée, c’est toute la préparation mentale de l'équipe qui est à remettre en question sur cette rencontre. Incapable de freiner l’agressivité des Tchèques, les Bleus ont sombré défensivement, leur gros atout qui les a mené sur le toit de l’Olympe. Amer, le constat de Benjamin Toniutti est sans appel : “Il n'y a pas d'excuse à chercher”. Avant de poursuivre son analyse : “C'est très difficile de gagner un match quand on ne fait pas de blocs-défense de tout le match, on ne peut pas jouer que sur side-outs. La République Tchèque a fait un gros, gros match, et a clairement mieux joué que nous”.

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La première expérience sous l'ère de Bernardinho s'est donc terminée prématurément, alors que les Français visaient au moins le dernier carré de la compétition. Le nouveau tacticien des Bleus a simplement voulu souligner le trop plein de “fautes techniques” sans pour autant “tout remettre en question après un très bon été”. Comme le dit si bien Jenia Grebennikov, une fois que “ce dur retour à la réalité” sera digéré, l’équipe de France pourra se concentrer vers ses nouveaux objectifs : la Ligue des nations qui servira de préparation au Mondial 2022 en Russie, le seul titre international qui manque à cette génération dorée du volley français.
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