Earvin Ngapeth, quel souvenir gardez-vous de Rio (2016) où vous avez été éliminés dès la phase de groupe ?
Earvin Ngapeth. : "Ça a été un échec, clairement, pour tout le monde parce qu'on avait gagné l'Euro (2015). On y croyait vraiment et on a pris une grosse claque. La leçon, c'est le premier match, contre l'Italie (perdu en trois sets), on se fait agresser. Nous, on n'était pas prêt à autant d'agressivité d'entrée et ça nous a plombé tous nos Jeux. Finalement, c'est ça le regret : qu'on n'ait pas attaqué cette compétition avec le couteau entre les dents comme on sait le faire."
Le premier match samedi contre les États-Unis à Tokyo sera donc primordial...
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E.N. : "On le sait, je n'arrête pas de le répéter, c'est presque le plus important parce qu'il donne le ton. Si tu perds, après tu cravaches, tu rames. Nous, ça avait été ça pendant tout les Jeux en 2016, un calvaire. Même quand on gagnait, il suffisait qu'il y ait un mauvais résultat pour nous dans les autres matches et ça nous plongeait la tête dans le seau."
On a l'expérience des Jeux maintenant, on sait comment il faut attaquer ce tournoi
Qu'aurez-vous en plus cette fois à Tokyo ?
E.N. : "On a l'expérience des Jeux maintenant, on sait comment il faut attaquer ce tournoi. À l'époque, il n'y avait aucun joueur qui avait vécu les JO. L'exemple-type, c'était le self (au Village olympique) : quand on a un match le soir, normalement on mange en vingt minutes et on s'en va. Mais là, on profitait du moment, on regardait à droite, à gauche et finalement on se rendait compte qu'on était restés assis deux heures au self alors qu'il y avait un match après. Ce sont des moments comme ça, tellement beaux, qu'on oubliait l'objectif. C'est pas qu'on faisait la fête. Maintenant, on le sait, si on n'est pas concentré, surtout notre groupe, on ne peut pas y arriver."
Et où voulez-vous arriver ?
E.N. : "L'objectif ce sera d'abord de sortir de la poule, après il faut se classer le mieux possible dans notre groupe. L'objectif final sera d'aller chercher le podium."
La bulle sanitaire de la préparation puis des JO cause-t-elle une appréhension particulière ?
E.N. : "Ça va être pareil pour tout le monde. Si tu perds de l'énergie mentale à ne voir que le côté négatif, à te dire que tu es enfermé dans une bulle, tu ne peux pas t'en sortir. C'est important de voir le positif de la chose : oui, on est enfermés mais c'est pour préparer des Jeux olympiques. Après, la compétition une fois qu'on est dedans, on est dedans. On a la chance d'avoir un groupe qui vit super bien ensemble. Donc je pense que ça va aider."

Earvin Ngapeth

Crédit: Getty Images

Les gens se sont identifiés à nous
Cette ambiance est la marque de l'équipe, auprès du public aussi...
E.N. : "Les gens se sont identifiés à nous. Quand tu vois dans des reportages, Laurent (Tillie, le sélectionneur) dans le vestiaire en train de préparer son plan de match avec en fond du rap à en faire trembler les murs... Je sais que mes amis chez moi à Poitiers ont adoré ça. Ils me disaient 'votre coach, c'est la folie'. Vraiment, je pense qu'on a parlé aux gens."
Que manque-t-il au volley français pour s'attirer plus d'exposition ?
E.N. : "Ça passe aussi par les résultats, par chaque médaille. Même la Ligue des nations, ça reste une préparation, mais c'est diffusé, on nous voit et si on monte sur un podium, ça nous donne de l'exposition. On ne peut pas se permettre de cracher dessus. Parce qu'il y a le basket, le handball... On est encore le Petit Poucet. Si on veut continuer d'exister, à chaque compétition, il faut qu'on performe."
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