24 Heures du Mans 2013 : Une édition qui restera dans les mémoires

La riche et lourde édition 2013 des 24 Heures
Par Eurosport

Le 23/06/2013 à 19:49Mis à jour Le 23/06/2013 à 22:01

Les 24 Heures du Mans 2013 ont été marquées par le choc de la mort d'Allan Simonsen, onze neutralisations, le triomphe de l'éternel Tom Kristensen et la consécration pour le Français Loïc Duval. L'analyse de Stéphane Vrignaud.

Le drame Allan Simonsen

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Vingt-et-un pilotes ont perdu la vie depuis la création de l'épreuve, en 1923. L'espoir français Sébastien Enjolras (WR), 21 ans, était le dernier de ces malheureux, fauché en pleine passion en 1997.

Une course neutralisée onze fois, pendant cinq heures

Interrompue après une dizaine de minutes de course, l'édition des 90 ans a été stoppée à onze occasions, pour une durée dépassant les cinq heures. En 2012, il n'y avait eu que trois neutralisations. En général, les commissaires, par leur compétence et leurs moyens d'intervention, sont en mesure de dégager ou mettre un véhicule à l'abri assez rapidement. Mais lorsqu'un choc éventre un rail, désolidarise une pile de pneus, une réparation est nécessaire. Celle consécutive à l'accident de Simonsen a duré près d'une heure. C'est un enjeu sécuritaire et juridique : en n'ayant plus un circuit conforme aux normes prescrites par la FIA, les organisateurs deviennent potentiellement responsables d'un nouvel accident ; et les assurances ne couvrent plus les risques. La course a d'ailleurs été neutralisée la deuxième fois suite à un accident de Gommendy (Alpine), au même endroit que Simonsen.

Aussi, la présence d'équipages amateurs, qui avait été largement débattue l'année dernière, constitue toujours un risque accru. Enfin, la météo instable ce week-end a influencé le cours de l'épreuve, spécialement lors de la dernière intervention de la voiture de sécurité. C'est une ondée, à 90 minutes du damier, qui a conduit Nicolas Lapierre (Toyota) à sortir de la piste et taper, avant bien d'autres.

Audi avait de la marge

Audi Motorsport

Tom Kristensen, plus que jamais "Monsieur Le Mans"

A 45 ans, le Danois a remporté la classique pour la neuvième fois en dix-sept participations depuis 1997. Il n'est pas le pilote le plus rapide du monde mais il a une façon de lire le trafic et une aptitude à aller vite sans taper dans sa mécanique qui restent assez extraordinaires. Mais, en tant que Danois, cette victoire fut émouvante. Il l'a célébrée sobrement. "Gagner au Mans n'est pas une victoire personnelle : on a été mis dans des conditions idéales dans la meilleure équipe du monde. Il a fallu maintenir un rythme incroyable tout le week-end pour réaliser notre rêve, qui devient réalité", a-t-il dit. "On a perdu quelqu'un hier qui avait le même rêve, un mec bien. Donc le sentiment est partagé. Je pense aussi à mon père qui est décédé en mars. J'aimerais gagner encore une fois pour pouvoir lui dédier une victoire, car celle-là, elle est pour Allan (Simonsen)."

A llan McNish : plus qu'un équipier

L'Ecossais de 43 ans n'avançait pas en F1 (une saison avec Toyota en 2002) mais il a compris la recette de la gagne en Endurance, au point d'afficher aujourd'hui un troisième succès manceau après ceux de 1998 et 2008. Samedi, il livrait par exemple au quotidien L'Equipe sa vision de la course, et l'usage de la caméra arrière faisant office de rétroviseur : "Je m'en sers pour surveiller une voiture derrière moi au freinage. Si je m'aperçois que son pilote est un peu 'long', je peux essayer de lui donner un peu plus de marge pour éviter qu'il ne le percute." Tout est dit !

Loïck Duval, un Français de plus dans le cercle des vainqueurs

Audi Motorsport

2014 : le retour de Porsche

L'édition 2014 fait déjà rêver : Audi défendra sa couronne, Toyota essaiera encore - on espère avec une troisième machine - et Porsche fera son grand retour dans la catégorie reine LMP1. Porsche, détentrice du record de victoires (14), n'a pas provisionné de période d'adaptation : ses ressources lui permettront sûrement de jouer les premiers rôles.

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