24 heures du Mans - Valentino Rossi, une légende et deux ambitions avec BMW

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La légende de la moto, sept fois champion du monde en catégorie reine, Valentino Rossi participe pour la deuxième fois aux 24 Heures du Mans dès samedi, sur quatre-roues cette fois. Et il a des raisons d'être ambitieux : sa BMW n°46 du team belge WRT a progressé et vise cette année un podium, voire mieux, sur le double tour d'horloge. De quoi nourrir des espoirs, et pas que à court-termes.

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"Les légendes naissent du besoin de déchiffrer l'indéchiffrable" écrivait Chris Marker. L'espèce d'anachronisme que déchaîne Valentino Rossi dans les allées du championnat du monde d'Endurance depuis deux saisons, inondées de t-shirts Yamaha d'un autre temps et de casquettes flanquées d'un numéro 46 jaune fluo décolorées par le soleil, en fait partie sans aucun doute. Sans parler de ces gamins hauts comme trois pommes dont on se demande parfois ce qu'ils ont bien pu voir du "Docteur" sur deux roues pour en être aussi fans, en dehors du récit nostalgique de leurs parents. Son dernier titre en MotoGP remonte à 2009 et, sans manquer de respect au GT World Challenge, sa carrière sur quatre-roues n'aurait, pour n'importe qui d'autres, vraiment pas vocation à déchaîner les passions.
Mais l'Italien fait partie de ceux qui ont une aura à part, de celle qui remplit les tribunes et les salles de presse. Et il fallait être à l'heure, et même un peu en avance, pour assister à la séance de questions-réponses mise en place pour son équipe belge WRT ce jeudi après-midi. Quinze minutes, pas plus, une petite table criblée de téléphones et deux questions maximum par personne. De l'autre côté, Valentino Rossi donne du "c'est génial" et du "je suis prêt" en anglais avec son grand sourire et son accent reconnaissable entre mille. Du Rossi typique dans le texte, sauf sur un point : "Je ressens beaucoup moins de pression qu'en MotoGP, a-t-il admis au détour d'une question. Pour moi, le MotoGP était ma raison de vivre, et la pression était parfois difficile à gérer. Ici je prends du plaisir."
Du plaisir, certes, mais qui ne lui interdit pas l'ambition : "L'an dernier, nous n'avons pas eu de chances mais nous étions très forts. Il n'y a pas de raison que ce soit différent cette année, donc nous espérons nous battre pour le podium." Il y a des choses qui ne changent pas. Et, à vrai dire, ces espoirs ne tiennent pas uniquement de son esprit de compétition. Il y a de bonnes raisons de croire en la BMW n°46 en LMGT3. Fin avril, Valentino Rossi avait décroché la pole à Imola avant d'aller chercher une deuxième place dans sa catégorie avec ses deux coéquipiers, Ahmad Al-Harthy et Kelvin Van der Linde, au bout des six heures de course.

L'Hypercar en tête

Surtout, et il le reconnaît lui-même, sa voiture a "progressé depuis l'année dernière" et son premier engagement sur le double tour d'horloge qui s'était achevé par un abandon dans la nuit. Il le sait, il a appris, Le Mans est terriblement long et la victoire revient souvent, ici aussi, au plus opiniâtre. "Notre priorité est de voir la fin de la course, qui sera difficile et exigeante, a-t-il admis au moment d'expliquer la stratégie de son équipe. Je devrais piloter plus ou moins neuf heures." Soit plus de trois fois ce qu'il avait eu à faire l'année passée, avant que sa course ne s'achève prématurément.
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Une inattention et la BMW n°46 de Valentino Rossi dit adieu à la course

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Il ne le dit pas, par humilité ou par décence, mais il espère au fond certainement que la récompense d'un bon résultat au Mans, et durant le reste de la saison, soit double pour lui. Il ne s'en est jamais caché : malgré son âge (46 ans), Valentino Rossi lorgne toujours la catégorie reine de l'Endurance, l'Hypercar. Son équipe WRT y exploite justement les prototypes de BMW, avec l'ancien pilote de Formule 1 Kevin Magnussen en tête d'affiche. Et celui qui promettait en février 2024 vouloir piloter "pour encore 10 ans de plus" a été testé cet hiver à Bahreïn lors des Rookie Tests.
Il avait achevé la journée d'essais avec le deuxième chrono (sur 21) derrière Arthur Leclerc, le petit frère de Charles, pilote de F1. "Sincèrement, le fait d’être si proche des meilleurs chronos a dépassé toutes mes espérances" s'était-il emballé. Avant d'enchaîner sur ses espoirs de titularisation en Hypercar : "Je ne sais pas si ce sera possible, peut-être pas l'année prochaine, mais après ce test, je vais beaucoup pousser." Des ambitions qu'il se permet en dépit des doutes de BMW en début d’année de l'engager en championnat du monde ou en IMSA, le moins relevé championnat nord-américain, malgré son intérêt marketing indubitable. Lui ne semble pas le prendre comme une marque de défiance. Après tout, il reste une légende. Et il parait qu'elles ne meurent jamais.
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