La jaune pas programmée pour gagner : comment Ferrari a quand même coché toutes les cases

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Personne n'est parfait ! Ferrari fait face depuis sa troisième victoire mancelle de suite, dimanche, à la question de la concurrence de sa 499P jaune face à ses machines officielles rouges. Un renfort depuis 2024 qui lui a posé un dilemme mais qui valide une stratégie désormais indispensable pour préserver ses chances.

Nouveau triomphe de Ferrari : l'arrivée de la 499P n°83 de Kubica

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Ferrari a gagné de façon un peu inattendue les 24 Heures du Mans, dimanche, par l'intermédiaire de sa troisième 499P (n°83), une machine de sa conception, engagée sous la bannière de son satellite "AF Corse", et non "Ferrari AF Corse" comme ses n°50 et 51 officielles. Mais au-delà de ce dilemme, qui pose la question en Italie "Qui va garder le trophée définitivement ?", c'est la capacité à reproduire les succès qui frappe. "Ils se sont surpris eux même en gagnant la première année, celle du retour, note notre expert, Eric Hélary. Ils étaient là l'année dernière, cette année encore. C'est un sans-faute. Mais ils ne sont pas arrivés les mains vides la première année : ils avaient bien préparé leur coup, il y avait tout ce qu'il fallait en termes de pièces détachées, d'essais, ils avaient les bons pilotes. Ils étaient prêts."
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Haie d'honneur pour Kubica, Ye et Hanson

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Avec ces profils, on ne parle pas des pilotes
Et c'est précisément ce modèle jaune Modène, autre couleur figurant dans le blason au Cheval cabré, que l'enseigne émilienne a pu gagner. Face aux deux machines alignées par Toyota - et dans une moindre mesure Alpine et Peugeot - le nombre a compté pour faire échec à Porsche. "On peut aller au Mans avec deux voitures, trois, quatre et même plus, rappelle Eric Hélary, vainqueur des 24 Heures en 1993. Deux c'est un peu court : si on a un souci en début de course, on se retrouve seul contre tout le monde. Quatre voitures, c'est un peu mieux que trois, mais bon on se disperse un peu. Il y en a une (499P) qui s'est rajoutée (en 2024). Mais on a vu un moment que c'était chaud : la jaune jouait la victoire et on ne voulait pas la laisser faire chez Ferrari. Il y a eu un peu de politique."
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14h55 : Giovinazzi (Ferrari n°51) laisse passer Fuoco (n°50) pour la 3e place

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Un problème de riche, pourrait-on dire. En revanche, on note qu'au-delà du destin particulier de Robert Kubica, vainqueur d'un Grand Prix de F1 en 2007 et fauché en pleine ascension quatre ans plus tard, le grand public a retenu que c'est Ferrari qui a gagné au Mans. La marque plutôt que l'équipage donc, composé du Polonais et ses deux coéquipiers, le Chinois Yifei Ye et le Britannique Phil Hanson. "Avec ces profils, on ne parle pas des pilotes, on parle de la marque, souligne Eric Hélary. En 1993, chez Peugeot, on était les petits jeunes (Christophe Bouchon, Geoff Brabham) et je me rappelle que Jean Todt (directeur de Peugeot Sport) m'avait dit : 'Ça m'arrange, on ne va pas parler des pilotes, on va parler de Peugeot.' A l'inverse, effectivement, quand Fernando Alonso a gagné avec Toyota, on a dit 'Alonso a gagné Le Mans'."

La BoP, un faux problème ?

Pour Robert Kubica néanmoins, c'est désormais la victoire qui ressort. Celle qui laissera une trace indélébile dans l'esprit de tous, après tant de galère après son gravissime accident en 2011. "C'est beau, mérité, appuie Eric Hélary. Il a attendu des années. Il faut se souvenir que tant qu'on a cru en lui en Formule 1, on lui a fait opération sur opération. On s'est acharné. Puis quand on a vu qu'il ne pouvait pas revenir, on l'a un peu oublié. Cette victoire est une délivrance pour lui. Ça va lui faire beaucoup de bien."
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Kubica n'a pas dit son dernier mot et met la pression à la Ferrari n°51

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Reste donc à supporter de l'autre côté des Alpes les remarques à peine voilée de la concurrence, Porsche en particulier, qui juge que le nivellement des performances des huit constructeurs Hypercar (par l'intermédiaire de la fameuse BoP, balance of performance), n'a pas suffisamment pénalisé Ferrari. Un terrain glissant… "C'est un peu épineux, avance prudemment Eric Hélary sur le sujet. Ferrari a dominé le championnat. On s'attendait à ce qu'ils soient pénalisés. L'ACO (organisateur des 24 Heures) a énormément de paramètres pour calculer la BoP. C'est vrai que c'est toujours un peu difficile à comprendre que la Toyota reste la plus lourde du plateau, pourquoi on a pénalisé un peu Peugeot en puissance. Je fais confiance à l'ACO pour faire les choses comme il faut. S'ils avaient voulu avantager Cadillac pour favoriser le marché américain, ils l'auraient fait."
Par nature, la BoP suscite le débat, mais Ferrari a prouvé qu'il est possible de gagner au Mans après avoir gagné toutes les courses (3) de la saison précédemment. Ce que la concurrence considérait comme impossible jusque-là. Rendez-vous en 2026 pour voir si un autre constructeur peut vaincre au-delà de toutes ces considérations.
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