WEC, 8H de Bahreïn - Vainqueur des 24h du Mans, Ferrari victime du syndrome du surdoué en 2023

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Vainqueur aux 24 heures du Mans pour la première fois depuis 59 ans en juin dernier, Ferrari a réussi son retour au sommet de l'endurance. Pourtant, depuis sa victoire dans la Sarthe, la firme au cheval cabré se fait bien plus discrète en WEC et ne parvient plus à offrir la même résistance à Toyota, déjà championne avant le début du dernier rendez-vous de la saison qui débute ce jeudi à Bahreïn.

James Calado | Alessandro Pier Guidi | Antonio Giovinazzi | #51 AF Corse Ferrari 499P | 6 Hours of Fuji | WEC | ESP Player Feature

Crédit: Getty Images

Entre gagner Le Mans et être champion du monde WEC, d'aucuns choisiront volontiers la première option. La Scuderia Ferrari en fait certainement partie, ou du moins, étant dans ce cas de figure cette saison, l'affirmera tout sourire. La mythique firme italienne est revenue cette année par la grande porte en endurance, en soulevant dès son premier essai l'épreuve reine de la saison, pourtant chasse gardée de Toyota depuis 2018. Et surtout, comme Ferrari a le sens du récit, a mis fin à une disette de 59 ans dans la Sarthe.
Sauf que hormis cet exploit, les Maranellesi ont rarement fait jeu égal avec leurs adversaires japonais et n'ont remporté aucune des cinq autres manches de la saison. Un résultat qui pourrait sembler logique après des décennies d'absence, et alors que Toyota domine la discipline sans partage depuis 2018. Mais en se plaçant en pôle dès le premier rendez-vous de l'année, et en frappant au Mans d'entrée, Ferrari a fait monter ses espoirs et les attentes.

En aval après le Mans

Ce jeudi, pour la dernière manche de la saison de WEC à Bahreïn, Ferrari tentera une dernière fois de confirmer le caractère salvateur de son glorieux, mais unique, succès. Etouffée par Toyota depuis, la Scuderia a même dû se contenter d'une 6ème et 7ème position sur la grille de départ lors du dernier rassemblement à Fuji. Un camouflet total pour l'écurie qui n'avait jamais échoué à placer au moins une de ses voitures dans le top 3 en qualification jusqu'ici.
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Antonio Fuoco | Miguel Molina | Nicklas Nielsen | Ferrari 499P #50 | WEC | ESP Player Feature

Crédit: Getty Images

Sur le sinueux tracé japonais, les deux machines italiennes n'ont jamais semblé en mesure de se battre pour le podium et ont laissé Toyota soulever le titre constructeur à domicile. Avec une 4e et une 5e place à l'issue de la course, Ferrari et son directeur du programme d'endurance Antonio Coletta étaient fatalistes : "Malheureusement, après les 24 heures du Mans, les paramètres ont changé et, avec eux, nos chances de se battre pour le titre."
Avant d'attaquer le dernier round à Bahreïn, même l'état-major n'arbore plus inconditionnellement l'hypocrite positivité du chef d'équipe. "Au vu de nos récentes performances à Fuji et Monza, nos aspirations pour ce dernier round ne sont pas les meilleures", avoue Antonello Coletta, avant la course. Car si Ferrari a sauvé les meubles par deux fois en Italie et au Japon, l'impression laissée n'est vraiment plus la même.
Et si Coletta voit toujours un "potentiel inexploité" dans la 499P, le pilote de la numéro 51 vainqueure au Mans, Alessandro Pier Guidi, reste cruellement réaliste : "Après Le Mans, nous avons eu des difficultés à nous exprimer à notre meilleur niveau, a-t-il constaté. Nous espérons un bon résultat mais nous devrons compter sur un peu de chance."
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Alessandro Pier Guidi | James Calado | Antonio Giovinazzi | #51 Ferrari AF Corse, Ferrari 499P | 24h of Le Mans 2023 | WEC

Crédit: Getty Images

Maudite BoP

Pour Ferrari, la chute de la performance a un nom : BoP, pour Balance of Performance. Depuis une vingtaine d'années, la FIA tente de réguler le WEC en imposant des malus aux écuries les plus performantes, et des bonus à celles en fond de peloton. Ainsi, avant de s'élancer pour les 24 heures, la 499P pesait près de 16kg de moins que sa concurrente asiatique. Après sa victoire, 12kg ont été ajoutés aux deux voitures de l'écurie italienne pour la fin de la saison, en plus d'une diminution de la puissance de cinq chevaux.
Après Monza, Ferrari avait déjà mis le doigt sur l'origine du mal. Sans la nommer, l'écurie transalpine se contentait de rester sibylline et de se plaindre d'un "désavantage par rapport à la concurrence". Car s'il est interdit de parler publiquement du BoP pour les membres du WEC, ses effets se constatent même à l'œil nu. Et pour Ferrari, qui avait réalisé une saison de surdoué jusqu'ici, le rééquilibrage des performances a ramené le cheval cabré sur terre.
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